Kyrgios et Sinner, ambiance toxique malvenue : "Je n'aime pas ces déclarations-là"
Eurosport sur GoogleDimanche, dans le podcast "Nothing Major", Nick Kyrgios s'en est pris à Jannik Sinner, affirmant vouloir affronter l'Italien à Melbourne dans un "chaos" où "toute forme de respect passerait par la fenêtre". De retour sur le circuit, l'Australien revêt à nouveau son costume de "trashtalker". Une attitude qui ne passe pas auprès de nos consultants.
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C'est le retour de "Bully" Kyrgios. L'Australien est une chance pour le tennis, pour ce qu'il apporte sur un court, pour sa personnalité rayonnante quand il le décide et clairement atypique. Il est aussi un fardeau quand il se perd dans des combats médiatiques qui mériteraient un autre traitement que son art du trashtalking habituel. Le dernier épisode en date ne fait que confirmer ce double visage de l'Australien.
Invité au micro du podcast "Nothing Major", Kyrgios a été tour à tour passionnant, amusant, touchant. Aux questions de Sam Querrey et Jack Sock, il a répondu sans fard, évoquant son grand retour pour 2025, son image de "bad boy" du circuit, sa relation ambiguë et longtemps difficile avec Nadal, son amour pour l'Australie ou la crise d'intérêt supposée que traverserait le tennis ces dernières années. Mais ce sont d'autres déclarations, concernant Jannik Sinner, qui ont retenu l'attention.
En réitérant sa position à l'encontre de l'Italien sur son cas de dopage supposé, Kyrgios a espéré régler tout cela sur le court à Melbourne, dans une ambiance digne d'un pugilat national. "Si je l'affronte à l'Open d'Australie, j'essaierai de déclencher un chaos contre lui, je ferai en sorte que chaque personne dans le public soit contre lui, a ainsi lâché le finaliste de Wimbledon 2022. Je perdrai tout respect, tout respect passera par la fenêtre et je ferai n’importe quoi pour gagner."
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Ce n'est pas nécessaire
Offensifs, ces mots n'ont pas trouvé un écho favorable chez Nicolas Mahut. "Je n'aime pas ces déclarations-là, lâche notre consultant. Il a le droit d'avoir son avis sur le contrôle positif de Sinner, chacun est libre de penser ce qu'il veut. Mais envenimer la situation comme ça… Sinner n'a jamais manqué de respect à quiconque, il est numéro 1 mondial. Donc ce n'est pas nécessaire". "Personne ne veut se retrouver dans une situation comme ça, confirme Laura Robson, consultante Eurosport. Si on pouvait éviter ça, ça serait mieux. […] Nick a bien sûr le droit de penser ce qu'il veut mais…"
Mais la situation exige de la nuance. Si l'AMA a confirmé qu'elle ne déciderait rien "d'ici la fin de l'année 2024", les éléments rendus publics jusqu'ici attestent de la bonne foi de l'Italien, qui soutient qu'il a été contaminé par un membre de son staff médical. Fin août, un tribunal indépendant sollicité par l'Agence internationale pour l'intégrité du tennis (Itia) avait ainsi largement innocenté le numéro 1 mondial qui, selon elle, n'avait commis "aucune faute ou négligence".
Pas suffisant pour calmer Kyrgios qui, dès la révélation de l'affaire en août, avait annoncé la couleur sur Twitter : "C'est ridicule, écrivait-il. Que cela soit accidentel ou volontaire… Tu es testé deux fois avec une substance interdite, tu devrais être suspendu pendant 2 ans. Ta performance a été améliorée".
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Nick Kyrgios
Crédit: Getty Images
Un match, vraiment ?
Sans surprise, en Italie, les déclas tapageuses de Kyrgios ont eu une résonnance maximale, avec une volonté totale de protéger le joyau national. "Les règles vont changer et il n'est pas juste de laisser un garçon innocent sur le gril pendant si longtemps. J'ai dit à Jannik (Sinner) que cela aidait aussi d'avoir des imbéciles qui vous attaquent dans la vie comme il le fait. Je m'inquiéterais si quelqu'un comme Kyrgios disait que Sinner se débrouillait bien", lâchait ainsi Angelo Binaghi lundi, président de la fédé, à Tuttosport.
Reste qu'un tel duel ne manquerait pas de piquant. Parce que c'est Kyrgios et parce que c'est Melbourne. "De toute manière, quand Kyrgios joue en Australie, ça fait des années que le public est toujours un peu à la limite, estime Mahut. On l'avait vu notamment en double avec Kokkinakis où le public était passé de l'autre côté de la barrière." "Un tel duel serait intéressant, c'est sûr, surtout dans les premiers tours, continue Robson. Kyrgios est si imprévisible… Mais vous pouvez être sûrs qu'il fera tout pour casser votre rythme et enchaîner les aces".
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Sur le papier, ça colle. Dans la réalité… N'ayant disputé qu'un match depuis 2023, l'Australien ne semble pas en mesure de concurrencer immédiatement un homme qui sort d'une saison historique. "S'il venait à jouer Kyrgios, je pense que c'est plus le climat d'avant-match qui serait difficile à gérer que le match en lui-même pour Sinner, conclut Mahut. Kyrgios n'a pas joué depuis trop longtemps. On peut rêver d'un titre pour Kyrgios à l'Open d'Australie mais il faut être réaliste en termes de niveau. Même si le public est excité, s'il y a 6-3, 6-3, 6-3, bon…". Tout ceci en vaut-il bien la peine ?
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