L'endométriose n'aura pas ses rêves : titrée à Miami, Danielle Collins à son apogée avant la retraite

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Samedi à Miami, Danielle Collins a remporté devant les siens le plus grand titre de sa carrière face à Elena Rybakina (7-5, 6-3). A 30 ans, l'Américaine n'a peut-être jamais aussi bien joué, mais elle s'arrêtera en fin de saison. Car depuis le début de sa carrière, elle a dû composer avec de lourds problèmes de santé qui rendent sa trajectoire d'autant plus remarquable.

Danielle Collins à Miami en 2024

Crédit: Getty Images

Ce n'est pas une joueuse anonyme du circuit, mais elle cultive son côté anti-star. Danielle Collins s'est révélée au monde du tennis lors d'une quinzaine exceptionnelle à l'Open d'Australie voici deux ans. A l'époque, seule Ashleigh Barty, alors numéro 1 mondiale, avait pu l'arrêter en finale, Iga Swiatek tombant sèchement en demi-finale sous les coups de l'Américaine. Mais depuis, elle n'avait plus vraiment fait parler d'elle jusqu'à ces deux dernières semaines à Miami où elle est allée cherchée le titre le plus important de sa carrière, son premier WTA 1000, alors qu'elle a franchi la trentaine.
"C'est un rêve devenu réalité. Je suis tellement heureuse d'avoir eu le même niveau durant ces deux semaines. J'ai fait un sacré chemin : 30 ans et c'était ma première finale à ce niveau. Je crois que c'est une histoire différente de celles qu'on entend d'habitude. C'était incroyable de ressentir toute cette énergie qui venait des fans. J'avais l'impression de jouer devant des milliers de mes meilleurs amis, c'était surréaliste et ça rendra ce jour inoubliable", a confié, extatique, la native de l'Etat de Floride en conférence de presse.

Un combat contre deux maladies chroniques

En tant que 53e mondiale, Collins est devenue la joueuse la plus mal classée à triompher à Miami et la sixième Américaine à conquérir le trophée après Martina Navratilova, Chris Evert, Venus Williams, Serena Williams et Sloane Stephens. Une sacrée compagnie puisque toutes ont remporté au moins un Grand Chelem également, les quatre premières étant des légendes du jeu. Mais Collins n'aura pas le temps d'en être une elle aussi. Pas en raison de son âge – après tout, elle n'est passée professionnelle qu'à 23 ans – mais parce qu'elle a déjà décidé de passer à autre chose.
Atteinte d'une maladie chronique inflammatoire articulaire, la polyarthrite rhumatoïde depuis 2019 – comme Caroline Wozniacki –, Collins souffre également d'une endométriose qui lui a été diagnostiquée en 2021. Elle s'en était d'ailleurs ouvert dans une tribune Players' Voice sur Eurosport.
"J'ai toujours eu des règles douloureuses. Je me souviens d'avoir été, il y a quelques années, réveillée dans mon sommeil et d'avoir immédiatement dû me rendre à la pharmacie pour acheter des anti-inflammatoires, juste pour pouvoir passer la nuit. Depuis cet incident, j’ai commencé à tomber vraiment malade quand mes règles arrivaient, avec des symptômes presque grippaux : de la fièvre, des frissons, des vomissements, des évanouissements parfois et même une hospitalisation. J’avais aussi beaucoup de liquide dans mon estomac, ce qui me faisait vraiment 'gonfler'. C'est arrivé à un point où c'était devenu vraiment angoissant", avait-elle notamment raconté.

Tourner la page mais tout donner jusqu'au bout

Opérée cette année-là à son grand soulagement, elle avait conquis quelques mois plus tard ses deux premiers titres à Palerme puis San José, avant sa fameuse aventure à Melbourne. Mais condamnée à prendre des médicaments toute sa vie, elle n'en a pas fini pour autant avec ses douleurs chroniques, d'où sa joie d'avoir pu tenir ce niveau de jeu à Miami. L'endométriose complique sa vie de sportive de haut niveau et Collins a formulé le désir compréhensible de tourner la page de sa carrière. Elle espère ainsi pouvoir fonder une famille malgré ses soucis de santé.
Pas connue pour être la joueuse la plus agréable du circuit, Collins a davantage souri samedi après son titre que jamais auparavant devant une caméra. Sa retraite annoncée l'a d'ailleurs sans doute libérée d'un poids. "J'ai toujours voulu gagner chaque tournoi auquel je participais, mais je pense que parce que c'est ma dernière année, je voulais vraiment essayer de gagner un WTA 1000 cette année. C'était très important pour moi, quelque chose dont je parlais beaucoup avec mes proches. C'était un objectif, donc je peux le rayer de ma liste", a-t-elle encore lâché.
De retour dans le Top 25 mondial (22e) cette semaine, Collins a le statut virtuel de tête de série en Grand Chelem et elle peut légitimement espérer se qualifier pour les Jeux Olympiques si elle entretient sa dynamique (actuellement 5e Américaine au classement WTA, les 4 premières après Roland-Garros seront sélectionnées, NDLR). Avec la hargne qui la caractérise et qu'elle tire des épreuves qui l'ont façonnée, elle a de quoi rendre ses derniers mois au haut niveau inoubliables.
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