A la Laver Cup, la "super expérience" d'Arthur Fils
Par Laurent Vergne
Publié 26/09/2023 à 14:14 GMT+2
En l'espace de deux semaines, Arthur Fils a découvert la Coupe Davis puis, dans un autre registre, la Laver Cup. Invité surprise à Vancouver, le jeune Français a profité à fond du moment en engrangeant des informations auprès de joueurs plus installés que lui mais aussi de légendes de son sport. Son entraîneur, Laurent Raymond, également présent au Canada, nous raconte cette expérience.
"Borg a voulu un tête-à-tête avec Arthur pour lui transmettre des choses"
Video credit: Eurosport
Tout est allé très vite cette année pour Arthur Fils. Le jeune joueur Français, qui a explosé au cours des derniers mois pour s'installer à 19 ans parmi les 50 premiers mondiaux, a tapé dans l'œil bien au-delà des frontières du tennis tricolore. Dernière marque de reconnaissance en date, sa sélection pour la Laver Cup au sein de l'équipe européenne. A Vancouver, il a joué un simple et un double et découvert des gens et un univers qui lui étaient inconnus jusqu'alors.
Le vainqueur du tournoi de Lyon a évidemment été flatté par cette invitation, même si son entraîneur Laurent Raymond, invité d'Eurosport mardi dans Dip Impact, avoue avoir hésité avant de dire oui. C'eut été dommage, il en convient lui-même. "On a beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision, mais maintenant que c'est fait, je ne regrette pas du tout, parce que c'est vraiment une belle expérience", a-t-il admis dans notre podcast alors qu'il descendait tout juste de l'avion puisqu'il a accompagné son poulain au Canada.
Borg, le crush
"D'abord, ce n'est pas une exhibition, estime le technicien français. Je m'étais mis un petit peu ça en tête mais en fait, ça joue vraiment la gagne entre l'Europe et les Etats-Unis (sic). C'était surtout une manière pour lui de côtoyer les meilleurs. Il n'a joué que 16 tournois sur le grand circuit aujourd'hui donc il y a des joueurs qu'il n'a même pas encore croisés. S'entraîner tous les jours avec, échanger avec eux, les côtoyer au quotidien, c'était une super expérience pour lui."
La Laver Cup, c'est aussi l'occasion de côtoyer des légendes du jeu. Du passé. Très récent ou un plus lointain. A commencer par Roger Federer, désormais retraité mais grand manitou de cette épreuve. Mais le Suisse a un agenda de ministre lors du week-end de la Laver Cup. Selon Laurent Raymond, Arthur Fils l'a simplement "croisé et il a un peu discuté." Une rencontre plus longe était prévue mais n'a pu avoir lieu. "Comme vous pouvez l'imaginer, il a un programme extrêmement chargé. C'était prévu qu'Arthur échange avec lui. Mais ce n'est que partie remise. "
En revanche, avec Björn Borg, capitaine de l'équipe européenne, le contact a été plus fructueux. Selon le coach de Fils, c'est bien le mythe suédois qui a insisté pour que le grand espoir tricolore soit sélectionné pour cette Laver Cup. "On a organisé un petit déjeuner en tête entre Arthur et Björn Borg, nous raconte Raymond. On s'est retrouvé par hasard à quatre, Arthur, moi, Björn et un ami à lui le dernier jour. A la fin de la discussion, Björn s'est proposé d'aider Arthur, de lui donner son numéro de téléphone, de lui transmettre des choses alors j'ai sauté sur l'occasion. Ce sont des occasions qui sont incroyables. C'est quelque chose d'extraordinaire."
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Björn Borg et toute l'équipe européenne autour d'Arthur Fils lors de la Laver Cup 2023.
Crédit: Imago
Toutes ces choses glissent un peu sur Arthur Fils, pas du genre à ouvrir des grands yeux de petit garçon dans tout ce barnum. "Un peu comme toujours, il prend les choses comme elles viennent, résume son coach. Il respecte, bien évidemment. C'est quelqu'un qui respecte beaucoup. Mais il ne se laisse pas non plus impressionner. Il prend les informations." Ce week-end en Colombie-Britannique l'a aidé selon lui à désacraliser un peu le top niveau mondial.
Björn Borg, lui, a pu observer, en quelques jours, la mue du cadet de son équipe. "Björn me disait'Le premier jour, il ne parlait pas trop. On ne l'a pas trop entendu. Il écoutait, poursuit Laurent Raymond. Puis à partir du 2e jour, il y a eu une progression dans sa manière de prendre confiance au sein du groupe, de parler, de s'exprimer. Il montre que ça va très vite.' Effectivement, ça correspond un peu à ce qui s'est passé cette saison, où les choses vont très vite pour lui."
Plus qu'une super récréation, ce passage en Laver Cup, qui n'était évidemment pas une fin en soi pour le tandem français, a donc permis à Arthur Fils d'engranger une forme d'expérience et des informations. Mais pas de risque que cela lui tourne la tête, promet son entraîneur. "On sait que le plus dur reste à faire, nous dit-il. Là-dessus, il faut rester extrêmement vigilant, que les choses restent fluides, garder la tête sur les épaules et de la sérénité."
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Andrey Rublev Arthur Fils
Crédit: Getty Images
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