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Le circuit UTS, un "équilibre" entre "spectacle et sport"
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Publié 08/12/2024 à 17:14 GMT+1
Divertir sans verser dans les "jeux du cirque" : pour Baptiste Kern, le directeur des opérations de l'Ultimate Tennis Showdown, c'est l'"équilibre" que doit trouver ce circuit qui tente depuis deux ans d'attirer un public plus jeune au tennis. L'an prochain, l'UTS ira au Mexique et également en Asie. Tout en espérant pouvoir attirer encore de très gros poissons.
Gaël Monfils lors de l'UTS London 2024
Crédit: Getty Images
Comment sélectionnez-vous les participants à un tournoi UTS? Verra-t-on bientôt le N.1 mondial Jannik Sinner ou Carlos Alcaraz dans ce type d'évènements?
Baptiste Kern : "Notre premier critère, c'est un très gros niveau (de jeu). Le deuxième, c'est d'avoir des joueurs avec des personnalités, quelles qu'elles soient. Quelqu'un comme Gaël (Monfils), qu'il soit 30e, 40e ou 50e, il retourne le stade dès qu'il vient. Il a cette magie en lui... Un gars comme Kyrgios, dès qu'il est en forme, on le prend directement. Il a une espèce d'aura, peu importe son classement du jour. (...) Quand on dit des personnalités, on n'a pas uniquement des joueurs fantasques. Il y a des joueurs qui sont peut-être un peu plus taiseux, c'est intéressant d'avoir le feu et la glace (...) Et si Sinner ou Alcaraz veulent jouer l'UTS, on sera ravis de les prendre."
Vous invitez délibérément plusieurs joueurs connus pour faire le show. Est-ce que ça ne risque pas de nuire à la qualité du jeu et donc à l'intérêt de la compétition ?
B.K : "Il y a deux piliers, le spectacle et le sport. Et il faut que les deux vivent ensemble. S'ils (les huit participants d'un tournoi UTS, NDLR) jouent comme sur le circuit ATP, en étant super sérieux, on ne va pas répliquer l'ATP, ça n'a pas beaucoup d'intérêt. S'ils font les jeux du cirque, ça n'a aucun intérêt parce qu'il n'y a pas de sport. Donc c'est un équilibre qu'on doit trouver. On cherche en permanence quelle est la bonne limite. On veut vraiment bannir le mot 'exhibition', même si techniquement, aujourd'hui, c'en est une. C'est un autre sport avec les mêmes stars qui, elles-mêmes, vont jouer différemment."
Sur le plan économique, la pérennité de l'évènement est-elle assurée pour les prochaines années ?
B.K : "C'est une matière en construction. On va faire le Mexique en février (un tournoi UTS à Guadalajara mi-février, NDLR), on a de très bonnes chances de faire l'Asie l'année prochaine aussi. On est sur une phase d'investissement. Le modèle économique, ça intègre des villes, la billetterie, les sponsors. On essaie de créer une plateforme qui soit attractive pour les sponsors. Il y a plein d'interactions du public (avec les joueurs), plein de moments où les sponsors peuvent venir raconter une histoire de marque mais aussi toucher des gens qu'ils ne toucheraient pas sur des tournois traditionnels. Mais ce qui est clé dans l'événementiel, c'est d'avoir une récurrence."
Est-ce que vous envisagez de lancer des tournois UTS féminins ?
B/K : "Ce (l'UTS) n'est pas un format genré. Ça répond au même problème pour le tennis féminin que pour le tennis masculin : des matches qui sont longs avec des temps morts. Après, c'est de l'investissement, il y a des prize money conséquents, des financements à trouver. Donc, on se concentre d'abord sur la ligue masculine, avec la volonté, à moyen terme, d'aller rajouter une ligue féminine."
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