Les 30 victoires qui ont fait la carrière de Nadal (3)
Par Laurent Vergne
Publié 25/11/2024 à 23:40 GMT+1
Nous avons retracé les 30 victoires qui, par l'importance de leur enjeu, leur portée historique, leur qualité pure ou leur scénario, restent inoubliables dans la carrière de Rafael Nadal. Dans cette troisième partie, vous retrouverez notamment l'unique match de ce Top 30 contre un Français, une baston formidable...
Visuel Top 30 Nadal (3e partie)
Crédit: Quentin Guichard
16. La punition de Roland
Année : 2008Tournoi : Roland-GarrosFinaleAdversaire : Roger FedererScore : 6-1, 6-3, 6-0
Il n'est pas étonnant de retrouver ici de multiples victoires de Rafael Nadal contre Roger Federer. D'abord parce qu'il présente un bilan favorable contre son rival suisse (24-16). Ensuite parce que certaines de ces victoires restent les plus significatives de toute sa carrière, notamment dans la première partie de celle-ci. La finale de Roland-Garros en 2008 est à l'évidence une des plus marquantes. Une boucherie. Quatre jeux perdus, le symbole de la suprématie totale du Majorquin sur terre battue.
C'est la quatrième année consécutive que Nadal bat Federer porte d'Auteuil. Mais autant en 2005 (demi-finale), 2006 et 2007 (finales), il y avait eu match, autant là, l'écart est abyssal entre les deux joueurs. Federer subit une des pires corrections de sa vie. Elle va laisser une telle trace au plan psychologique que, quand les deux hommes se retrouveront quatre semaines plus tard en finale de Wimbledon, les stigmates pèseront sur le début de leur duel londonien. Mais ça, c'est une autre histoire.
17. Le Grand Chelem en carrière
Année : 2010Tournoi : US OpenFinaleAdversaire : Novak DjokovicScore : 6-4, 5-7, 6-4, 6-2
Rafael Nadal, c'est tout de même quatre titres à l'US Open dans les années 2010, en ouverture de la décennie (2010), à la fin (2019) et entre les deux (2013 et 2017). La première de ses quatre couronnes new-yorkaises n'est pas la moins importante puisqu'elle lui permet alors non seulement de boucler le premier Petit Chelem de sa carrière mais aussi et surtout de compléter sa collection en Grand Chelem.
Après avoir conquis Wimbledon (2008, 2010) et l'Open d'Australie (2009) pour accompagner ses cinq titres à Paris, il lui manque encore une victoire à l'US Open. Il affronte à Flushing l'autre étoile montante, Novak Djokovic. Leur toute première finale commune en Grand Chelem. Quelques autres vont suivre... Mais le Serbe n'est pas encore tout à fait prêt. Le gaucher de Manacor plie l'affaire en quatre sets et devient, à 24 ans et 3 mois, le plus jeune joueur dans l'ère Open à compléter le Grand Chelem en carrière.
18. Bijou latino
Année : 2018Tournoi : WimbledonQuart de finaleAdversaire : Juan Martin Del PotroScore : 7-5, 6-7, 4-6, 6-4, 6-4
Pauvre Juan Martin Del Potro, héros malheureux de tant de combats héroïques… Celui-ci fut même un pur joyau tennistique. Aussitôt terminé, Simona Halep le qualifia de "plus beau match (qu'elle ait) jamais vu". Distraits par la demi-finale de Coupe du monde de football entre l'Angleterre et la Croatie qui se tenait en même temps, les journalistes et spectateurs locaux finirent eux aussi par se recentrer sur cette fascinante partie dont la beauté sauvage et la brutalité féroce confina par moments au sublime.
Troublante coïncidence, Nadal finit par l'emporter en 4h48, la même durée que sa légendaire finale face à Federer, dix ans plus tôt, sur le même Centre Court. Il aurait toutefois pu faire plus vite, s'il n'avait manqué quatre balles consécutives de 2 sets à rien. Derrière, il est mis au supplice par l'Argentin qui a sorti pour l'occasion sa plus belle gâchette en coup droit. L'Espagnol s'en sort peut-être aussi parce que "Del Po" est un peu émoussé par un marathon précédent face à Gilles Simon. Mais également grâce à un plan de jeu extrêmement offensif : 47 montées au filet, dont un service-volée gagnant sur la balle de match, à l'issue de laquelle il traverse le terrain pour aller relever son adversaire, à terre. Géant(s) !
19. La Coupe Davis comme révélateur
Année : 2004Tournoi : Coupe DavisFinaleAdversaire : Andy RoddickScore : 6-7, 6-2, 7-6, 6-2
Le premier grand titre de la carrière de "Rafa", ce n'est pas Roland-Garros 2005 mais bien la Coupe Davis, six mois plus tôt. Il tient un vrai rôle dans la conquête du Saladier d'argent, notamment en finale, où il affronte le numéro 2 mondial, Andy Roddick, le premier jour. Bien sûr, l'Américain n'est pas un terrien, mais Nadal a 18 ans et c'est la première fois qu'il est soumis à une telle pression. Qui plus est en Coupe Davis, là où le poids de l'enjeu peut en ensevelir certains. Le test est de taille. Il le passe haut la main.
"Ce n'est pas une question d'âge. Tu l'as ou tu ne l'as pas." Le charisme. Le talent. Le caractère. Les mots étaient d'Andy Roddick à la veille de leur confrontation. Rafa, il l'a. Il s'impose en quatre sets et contribue à la victoire finale de son équipe. Nerveux, il l'était sans aucun doute mais l'excitation et l'émotion, loin de l'inhiber, l'ont transcendé. On commence à se dire que, très vite, il faudra sans doute compter avec lui…
20. L'incroyable baston
Année : 2006Tournoi : Roland-Garros3e tourAdversaire : Paul-Henri MathieuScore : 5-7, 6-4, 6-4, 6-4
Peut-être le 16e de finale le plus intense et le plus inoubliable de la carrière de Rafael Nadal. A Roland-Garros, aucun doute en tout cas. Il s'apprête à fêter ses 20 ans et il est déjà tenant du titre à Paris. Sur terre, il semble même déjà intouchable. Pour Paul-Henri Mathieu, le défi est donc immense sous le soleil du Chatrier. Il va rendre coup pour coup au roi d'Espagne pendant… 4h53. Le plus long match de l'histoire hors cinq sets. Le tout sans tie-break… Imaginez si ce match s'était achevé à 12-10 au 5e set...
Il y a le score, la durée, mais au-delà de ça, il y a surtout le souvenir d'une baston invraisemblable. Le congrès international des parpaings, balancés de façon constante des deux côtés. A ce jeu-là, PHM va décoller le premier, arrachant le premier set (en une heure et demie !). Il ne va jamais sombrer ni même coincer physiquement. Mais il suffit de décrocher ne serait-ce qu'un tout petit peu pour que Nadal reprenne le dessus. Et à la fin, sur terre, c'est Nadal qui gagne... Dans son genre, brutal, ce match est vraiment un chef-d'œuvre. Un monument.
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