Les 30 victoires qui ont fait la carrière de Nadal (5)

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Nous avons retracé les 30 victoires qui, par l'importance de leur enjeu, leur portée historique, leur qualité pure ou leur scénario, restent inoubliables dans la carrière de Rafael Nadal. Avant-dernier volet et nous voici dans le Top 10. Il n'y a là que des matches monumentaux et/ou à la portée historique. Un sacre austral, une demie marathon à la maison ou encore un thriller new-yorkais...

Visuel Top 30 Nadal (5e partie)

Crédit: Quentin Guichard

10. 4h02, la demie surréaliste

Année : 2009Tournoi : Masters 1000 MadridDemi-finaleAdversaire : Novak DjokovicScore : 3-6, 7-6, 7-6
Ce sera l'unique match en deux sets gagnants dans ce Top 10. Mais il mérite amplement sa place, tant il est exceptionnel. Historique, même, puisqu'il s'agit alors du plus long match de l'histoire du tennis en trois sets. Le Federer-Del Potro des Jeux de Londres fera mieux en 2012, mais en s'achevant à 19-17 au troisième, pour une durée de 4h26. A Madrid, trois ans plus tôt, Rafael Nadal et Novak Djokovic s'arrêtent à "seulement" quatre heures et deux minutes, en raison du tie-break décisif au troisième.
Un match à l'intensité extraordinaire, le premier duel de martiens entre les deux hommes, même si c'est déjà leur 18e confrontation ! Beaucoup d'autres vont suivre. La Caja Magica de Madrid, qui devient cette année-là le théâtre du nouveau Masters 1000 terrien, est gâtée pour son baptême. Même si le public est entièrement acquis à la cause de Nadal, Djokovic montre des qualités qu'on ne soupçonnait pas encore chez lui, quand bien même il avait remporté l'Open d'Australie un an et demi plus tôt.
Il rend coup pour coup et c'est même lui qui, globalement, domine les débats. Le Serbe obtient trois balles de match avant de s'incliner 11 points à 9 dans le tie-break du troisième set. Nadal, souvent archi-dominateur sur terre, s'impose cette fois en combattant, en luttant. Le lendemain, il n'aura plus une goutte dans le moteur en finale contre Federer (défaite 6-4, 6-4). Ce sera sa toute dernière défaite contre le Suisse sur sa surface fétiche.

9. Le début du règne

Année : 2005Tournoi : Roland-GarrosFinaleAdversaire : Mariano PuertaScore : 6-7, 6-1, 6-3, 7-5
Une première, c'est incomparable. Un moment unique et éternel. Peu importe qu'il ne soit jamais suivi d'effets ou qu'il engendre une foule de descendants, ce qui sera le cas de Nadal. N'empêche. Pour lui aussi, ce premier titre à Roland-Garros (et en Grand Chelem) en 2005 garde une place spéciale dans son cœur, même si 13 autres coupes des Mousquetaires ont suivi. C'est aussi son unique titre à moins de 20 ans. Une première depuis Pete Sampras à Flushing en 1990. Il faudra ensuite attendre Carlos Alcaraz, toujours à l'US Open, pour lui trouver un successeur dans ce domaine.
D'une certaine manière, c'est deux jours plus tôt, le jour de son 19e anniversaire justement, que "Rafa" a fait le plus dur, en s'imposant en quatre sets contre Roger Federer, dans une véritable finale avant la lettre. Pour autant, la dernière marche ne sera pas une partie de plaisir à gravir. Cette finale entre gauchers latinos, face à l'éphémère matador argentin Mariano Puerta, va même être une des plus acharnées jouées par Nadal à Roland-Garros. Une des plus excitantes, aussi.
Mais après la perte d'un incroyable premier set au jeu décisif, le neveu de coach Toni va prendre le dessus tennistiquement, physiquement et mentalement. A 19 ans et deux jours, il fallait le faire. Le règne le plus long de l'histoire du tennis venait de débuter, de très belle manière.

8. L'emprise totale

Année : 2009Tournoi : Open d'AustralieFinaleAdversaire : Roger FedererScore : 7-5, 3-6, 7-6, 3-6, 6-2
Depuis quelques mois, Rafael Nadal a pris le pouvoir. Jusque-là cantonné à la terre battue, son royaume s'est élargi au gazon de Wimbledon, jardin longtemps privatisé par Roger Federer. A Melbourne, comme attendu, il retrouve son meilleur ennemi en finale. Mais si le Suisse s'est baladé en demie contre l'une de ses victimes préférées, Andy Roddick, l'Espagnol a, lui, survécu à un combat d'anthologie de plus de 5h10 contre son compatriote Fernando Verdasco. Et pour couronner le tout, il a eu un jour de moins pour récupérer.
Ce dimanche de finale, "Rafa" a mal partout, il dit même à son oncle qu'il ne peut pas courir. Mais l'adrénaline, l'identité de son adversaire et l'enjeu lui font oublier la douleur. Dans un duel au niveau parfois hallucinant, à l'image de cet échange ahurissant au cœur du 4e set où les deux joueurs enchaînent les miracles – défense dingue en coup de squash de Federer pour faire tourner le point et ultime contre surnaturel long de ligne de Nadal –, le "Taureau de Manacor" montre une fois de plus à quel point il s'épanouit dans la souffrance.
Plutôt dominé en général – il finira avec un point de moins malgré un 5e acte survolé –, le Majorquin fait paradoxalement presque toujours la course en tête et se surpasse dans les moments-clés (13 balles de break sauvées) pour frustrer un rival lâché par sa 1re balle. Miné mentalement, Federer craquera lors de la remise des trophées, consolé par l'accolade chaleureuse de son bourreau. Le paradoxe Nadal n'a jamais été mieux résumé que ce jour-là : impitoyable guerrier sur le court, profondément humain en dehors.
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Video credit: Eurosport

7. La bataille de Rome face à Coria

Année : 2005Tournoi : Masters 1000 RomeFinaleAdversaire : Guillermo CoriaScore : 6-4, 3-6, 6-3, 4-6, 7-6
Le printemps de la consécration pour le jeune Nadal. Après son premier Masters 1000, à Monte-Carlo, et avant son premier Grand Chelem, à Roland-Garros, il y eut une première confirmation, à Rome. Un titre arraché contre Guillermo Coria, considéré à l'époque comme l'autre grand joueur de terre battue de sa génération. Une finale épique, un marathon de plus de cinq heures (5h14 exactement), un duel à couper le souffle.
Nadal fait la course en tête, menant un set zéro puis deux manches à une mais à 18 ans, il connait encore quelques trous d'air, comme dans le deuxième acte ici, où son coup droit l'abandonne pendant de longues minutes. Mais physiquement et mentalement, tout Nadal est déjà là. C'est en grande partie sa grinta qui lui permet de forcer la décision au finish, au tie-break du cinquième et dernier set (10 points à 8). Toute la rencontre a été parsemée de points incroyables.
"Aujourd'hui, j'ai joué un des matches les plus durs de toute ma vie", souffle l'Espagnol. Il en vivra beaucoup d'autres dans les deux décennies qui suivront mais il a tout de même raison, y compris a posteriori. Même au bout du chemin, cette finale de Rome face à Coria demeure un monument de dureté et d'intensité. De ceux qui vous laissent épuisé rien qu'à le regarder, tellement l'énergie déployée des deux côtés du filet est palpable. Mais nous sommes sur terre, et comme chacun est en train de le découvrir, sur terre, à la fin, c'est Rafa qui gagne.

6. Thriller à New York

Année : 2019Tournoi : US OpenFinaleAdversaire : Daniil MedvedevScore : 7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4
Rafael Nadal a joué (et gagné) deux finales de Grand Chelem face à Daniil Medvedev. Toutes deux comptent parmi les plus marquantes jamais disputées par l'Espagnol. Dignes de bien des batailles avec ses compères Djokovic et Federer. L'été 2019 est celui de l'émergence de Medvedev au top niveau mondial. Mais le Russe semble encore bien frêle pour contrarier la volonté de Nadal de conquérir un quatrième US Open après 2010, 2013 et 2017. Pendant deux sets, il apparaît effectivement trop loin du compte, même s'il ne démérite pas.
Cette finale aurait donc pu connaitre le même destin que tant d'autres disputées face au Big 3 par le "commun" des mortels, avec beaucoup de guillemets. Mais Medvedev n'est déjà pas si banal et c'est ce qu'il va montrer par la suite. Tant mieux car Flushing Meadows était surtout frustré d'avoir une fois de plus manqué le duel qui, ici, n'aura jamais lieu, entre Roger Federer et Rafael Nadal. Après l'abandon de Djokovic en huitièmes, ils semblaient destinés à se retrouver en finale. Raté.
Mais Medvedev est mieux qu'un prix de consolation, en tout cas à partir du troisième set. Au bord de la rupture, il parvient à chaparder cette manche et tout va changer. Leur rapport de force, l'âme de ce combat et l'attitude du Moscovite qui, soudain, se sent fort et croit en lui. Quand il recolle à deux sets partout, il n'entraîne pas seulement un Nadal épuisé et à son tour dans les cordes dans un acte final décisif, mais ce match tout entier sur une autre planète.
Finalement, plus guerrier que jamais, Nadal garde le dernier mot. Son 19e titre du Grand Chelem. Il revient alors à un pas de Federer, toujours recordman, mais plus pour très longtemps. Nadal a été digne de sa légende, jusqu'au bout, mais Medvedev a été digne de Nadal et c'est bien lui qu'il convient de remercier car en changeant de dimension, il a autorisé cette finale à prendre elle-même une ampleur que l'on n'osait soupçonner ni même espérer. Une très grande finale, donc, sans aucun doute la plus belle des quatre glanées par le champion de Manacor.
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New York s'en souvient encore : Nadal-Medvedev 2019, finale épique

Video credit: Eurosport

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