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Nadal, l'ogre de l'ocre

Nadal, l'ogre de l'ocre
Par Eurosport

Le 20/04/2009 à 04:30Mis à jour

Rafael Nadal a remporté son 5e trophée d'affilée sur la terre battue de Monte-Carlo en battant Novak Djokovic, N.3 mondial, 6-3, 2-6, 6-1 en 2h43 de jeu. A 22 ans, l'Espagnol décroche son 14e Masters en carrière, soit autant que Federer, et son 3e titre de la saison après Indian Wells et Melbourne.

MASTERS 1000 MONTE-CARLO - Finale

Rafael NADAL (ESP/N.1) bat Novak DJOKOVIC (SER/N.3) 6-3, 2-6, 6-1
. Face-à-face : 12-4 pour Nadal, dont 7-0 sur terre battue
2009, Coupe Davis, 1er tour : Nadal 6-4, 6-4, 6-1
2008, Roland-Garros, demi-finale : Nadal 6-4, 6-2, 7-6
2008, MS Hambourg, demi-finale : Nadal 7-5, 2-6, 6-2
2007, Roland-Garros, demi-finale : Nadal 7-5, 6-4, 6-2
2007, MS Rome, quart de finale : Nadal 6-2, 6-3
2006, Roland-Garros, quart de finale : Nadal 6-4, 6-4, abandon

La chasse au record est officiellement ouverte. Rafael Nadal a lancé sa saison sur terre battue comme les quatre précédentes : par une victoire à Monte-Carlo. En route pour un 5e sacre inédit à Roland-Garros, l'Espagnol a tout d'abord décroché son 5e titre de suite sur le Rocher face à Novak Djokovic, qui a tout donné pendant près de trois heures pour faire mieux que Roger Federer, triple finaliste malheureux entre 2006 et 2008. Mais rien n'y a fait : le N.3 mondial n'a pas empêché le N.1 de remporter son 124e match sur terre battue, synonyme de 14e titre en Masters (dont 9e sur surface ocre). Il égale ainsi Roger Federer en terme de victoires sur les Super 9 et se place à trois longueurs du recordman, Andre Agassi. Là où le phénomène Nadal est impressionnant, c'est en le comparant à ces deux références : à 22 ans, il a presque quatre ans d'avance sur le Suisse, qui a remporté son dernier titre à 26 ans révolus à Cincinnati, et presque dix ans sur le Kid de Las Vegas, vainqueur à 32 ans de son 14e Masters à Rome. Lui aussi a conquis son dernier titre à Cincinnati deux ans plus tard.

Dix ans d'avance sur Agassi

Et pourtant Djokovic y a cru. Ce n'est pas faute de l'avoir répété avant la finale : il ne venait pas battu d'avance, malgré six précédentes défaites sur terre face à lui. Et d'autant plus que le court central monégasque a vécu une première depuis trois ans : Novak a réussi à prendre un set à Nadal. Ce qui n'était plus arrivé depuis la finale 2006. Après un premier set accroché que Djokovic a perdu 6-3, le Serbe a empoché le deuxième avec autorité. Sa première balle l'y a bien aidé (74% de réussite), ses montées au filet aussi (9 points inscrits sur 9), laissant Nadal dans un rôle qu'il n'apprécie guère : un défenseur de fond de court dépassé par les événements.

Son physique lui a-t-il fait défaut à ce moment-là du match? Lui-même le dira. Toujours est-il que l'Espagnol tirait la langue en début de troisième et dernière manche. Les quatre premiers jeux sont une terrible bataille qui dura 45 minutes au cours de laquelle Djokovic lâchait toutes ses mises en jeu. Si un break venait le soulager, Nadal sortait des coups incroyables qui scellaient la fin de rencontre sur un 6-1, un score loin de refléter l'intensité du set. Après sa fin de match difficile face à Murray et la perte de la deuxième manche face à Djokovic, Nadal a montré des signes que, effectivement, il n'est pas "imbattable", comme il a pu l'affirmer de sa modestie habituelle.

Reste à trouver le joueur qui aura le physique pour tenir la cadence au moins trois heures sans faire de fautes et en gardant une première balle de service constante... Sous les applaudissements du public, l'Espagnol a reçu son cinquième trophée monégasque des mains du Prince Albert II, son 34e titre ATP en carrière et son 3e de la saison, après le Masters d'Indian Wells et l'Open d'Australie. Hormis Miami où il a été battu par Del Potro en quart de finale, l'Espagnol a tout simplement fait main basse sur trois des quatre plus importants tournois du début de saison. Et il parait même que, assis sur son trône de granite, Nadal apercevrait la Tour Eiffel.

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