M1000 Bercy 2014 : En dehors de Monfils, Guy Forget a surtout vu des "lacunes" chez les Français

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Le patron du tournoi de Bercy livre son sentiment sur le bilan peu reluisant des joueurs français au POPB, à trois semaines de la finale de Coupe Davis.

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Aucun Français en quart de finale à Bercy pour la première fois depuis 2006, comment analysez-vous cette performance à trois semaines de la finale de la Coupe Davis ?
G.F. : Je ne m’y attendais pas. On ne va pas raconter n‘importe quoi et faire une crise d’optimisme aiguë. Pour un joueur, rien ne remplace le victoire, qu’on le veille ou non. J’ai aussi senti une inquiétude à la lecture de certains articles. Moi, je ne vais pas jusque là, ce n’est pas dramatique non plus. Mais je suis sceptique quand j’entends dire que c’est presque normal, que nos joueurs sont déjà concentrés sur la finale. On l’entend depuis un mois. Maintenant, le jour où c’est toi qui joues, où ton capitaine te dit que c’est toi qui vas y aller, tu te rattaches à l’entraînement et à tes victoires passées. Nous aurions préféré avoir Jo, Richard ou Gaël en finale. Gaël est celui pour lequel le tournoi a été plutôt positif. Il ne souhaitait pas participer mais il est quasiment celui qui a le mieux résisté face à Novak (Djokovic). Les autres Français ont eu de bons passages dans leur match, mais avec de grosse baisses de régime. Ils ont quinze jours pour combler ces lacunes. Cela dit, Wawrinka est dans le même état d’esprit : il a eu ici des passages très bons et d’autres assez médiocres, et cela fait plusieurs semaines que cela dure.Gaël Monfils a expliqué qu’il ne souhaitait pas jouer le tournoi, mais qu’il l’a fait pour rassurer l’extérieur, notamment vous. Pouvez-vous nous expliquer quel message vous lui avez délivré et à quel titre vous l’avez fait ?G.F. : Ce n’était pas avec la casquette de directeur du BNP-Paribas Masters. Je lui ai dit que s’il renonçait, j’avais un lucky loser, et que ça ne pénalisait pas le tournoi car il y avait encore Federer, Djokovic, Murray, Jo, Gasquet, Simon, Berdych, Nishikori… Je lui ai dit, plus comme un grand frère : "Apparemment, si je t’écoute, tu peux jouer. Ce serait dommage de ne pas le faire." Gaël n’a pas de coach, il peut être influençable et changer d’avis assez vite, je sentais qu’il ruminait cela depuis assez longtemps. J’étais avec le doc Bernard Montalvan. Il était venu nous voir pour nous annoncer son forfait. Et au bout d’un quart d’heure, il nous regarde et nous dit : "C’est bon, je joue". La suite lui a donné raison car il a gagné deux matches contre de très bons joueurs (Sousa, Isner). Et quand je suis allé le voir pour le féliciter après son match contre Djokovic, il râlait ! "Tu te rends compte ce que je rate ? Je ne me suis pas entraîné, je le savais !" J’ai dû le ramener sur terre. Il avait fait un très bon score contre le numéro un mondial, et il avait déployé une superbe qualité de jeu. "Tu ne pensais quand même pas jouer les lignes aux moments importants après un mois sans match ?" Il peut s’appuyer sur ce parcours positif pour bosser, car s’il veut battre Wawrinka ou Federer, il faut qu’il s’améliore.A-t-il hésité à cause de l’appréhension face au manque de préparation ou parce que son genou le fait encore souffrir ?G.F. : Il y  un peu de tout cela. Ce qu’il m’a dit pour décider de ne pas jouer, c’est : "Je ne suis pas prêt, je me sens fatigué, je sens un peu mon genou. Il y avait notamment une appréhension de ne pas être à la hauteur, qu’on a tous connue. Imaginez un pianiste qui va joueur morceau compliqué devant 10.000 personnes. Ce rendez-vous ne supporte pas la médiocrité. C’est pareil vous un joueur de tennis qui doit jouer devant 10.000 compatriotes, avec le risque d’être sifflé si ça ne se passe pas bien. On s’interroge sur sa capacité à être correct. "Que se passe-t-il si je suis mauvais ?" Il aurait pu être mauvais, rater, être catastrophique, et cela aurait été un double traumatisme. Il pouvait perdre contre Sousa, mais je lui ai dit : "Et après ? Nadal a perdu contre Coric. Wawrinka contre Kukushkin. En revanche, si tu joues bien tu te prives de bonnes victoires et de confiance alors qu’il y a la finale derrière. Si tu ne joues pas, tu ne sauras jamais. A ta place, j’irais, vu que le médecin donne son feu vert". C’est ce qui va peut-être ce qui va lui permettre de faire un bon week-end à Lille.Il est discret sur ce qu’il ressent au genou. Avez-vous des informations ?G.F. : Je pense que son problème est résolu à 90 ou 95%. Maintenant, j’espère qu’il ne va pas aller jouer au basket pendant deux heures demain, on sait que c’est possible. C’est une course contre la montre qui est maintenant déclenchée pour chacun d’entre eux, où chaque minute compte. Chaque minute de sommeil, de massage, d’entraînement doit être fait dans l’optique d’être exceptionnel à Lille. Si Escudé est exceptionnel contre Hewitt lors de sa victoire à Melbourne en 2002, c’est parce qu’il a été d’une rigueur exceptionnelle pendant deux semaines à l’entrainement.Arnaud Clément doit-il informer les joueurs de simple assez tôt, dès la fin du stage à Bordeaux, ce qui semble être la tendance ?G.F. : Le plus tôt sera le mieux, pour peu que le médecin ait donné son feu vert à temps (pour Monfils), ce qui n’empêche pas le troisième ou le quatrième de se tenir prêt. A Melbourne j’ai dit assez tôt à Escudé qu’il allait jouer et à Clément qu’il ne serait pas dans l’équipe. Yannick (Noah) avait dit à Henri (Leconte) qu’il jouerait assez tôt en 1991. Cela t’aide à te coucher le soir en ayant à l’esprit ton adversaire et tes optons tactiques. A l’entraînement, tu tapes à la balle à tel endroit pas pour battre ton copain mais parce que tu sais que vendredi, c’est là qu’il faudra la mettre.A la place d’Arnaud Clément, qui garderiez-vous dans les quatre et qui serait le cinquième entre Tsonga, Gasquet, Monfils, Simon et Benneteau ?G.F. : Vous connaissez l’importance du double. Arnaud a deux options. Soit il envoie son équipe-type Tsonga et Gasquet comme cela semble être le cas, auquel cas il risque de prendre Benneteau en quatrième pour couvrir si par exemple l’un des deux joue un 7-5 au cinquième la veille. Soit il se dit que les Suisses ne vont pas jouer le point du double à fond et il peut faire le pari de prendre quatre joueurs pour le simple. Maintenant, si Gilles (Simon) est dans l’équipe, c’est pour le faire jouer. L’un des quatre doit être acteur du match.
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