Tsonga se cherche encore

Tsonga se cherche encore
Par Eurosport

Le 30/04/2010 à 13:23Mis à jour

Jo-Wilfried Tsonga, battu par David Ferrer 6-4, 6-1, en quart de finale du Masters 1000 de Rome, a mesuré l'effort qu'il doit fournir pour améliorer son jeu sur terre battue. En demi-finale, l'Espagnol jouera son compatriote Verdasco qui a éliminé Djokovic. Nadal a sorti Wawrinka (6-4, 6-1).

M1000 ROME - Quarts de finale

David Ferrer (ESP, 13) bat Jo-Wilfried Tsonga (FRA, 7) 6-4, 6-1.
Prochain adversaire : Verdasco.

Tous les chemins mènent à Roland-Garros. Pour Jo-Wilfried Tsonga, décidé à réussir une belle performance à Paris, ces chemins sont encore très longs. Après sa défaite devant David Ferrer en quart de finale du Masters 1000 de Rome, le Français a pu mesurer l'écart qui le sépare à la fois des joueurs réguliers sur terre, et aussi de son niveau de jeu optimal tout court sur la surface. Face à la tonicité et la profondeur de l'Espagnol, Tsonga a trop souvent hésité entre un timing à long terme et l'envie de cogner le plus fort possible. S'il est logique de trouver Ferrer en demi-finale (comme à Monte-Carlo et Barcelone), il y avait la place pour Tsonga de s'offrir un dernier carré de prestige sur terre battue.

Ferrer, ce n'est pas qu'un terrien affamé dès que le printemps souffle sur le circuit ATP. C'est un joueur capable de faire vivre la balle en permanence. Sur terre, cela donne lieu à de belles éclosions. Pas aussi violentes que celles des balles de Nadal ou de Verdasco, pas aussi surprenantes que celles de Federer, pas aussi efficaces que le meilleur Ferrero, mais c'est un parterre coloré où il faut trouver sa route, avec patience et fermeté. Sans aucune baisse d'intensité de la partie (sauf au deuxième set avec un double break d'avance), Ferrer a proposé un schéma de jeu autant répétitif que redoutable face au N.1 Français.

Ferrer a fait le boulot, Tsonga a "surestimé Ferrer

Avec près de 80% de premières balles, 70% de points réussis derrière sur des enchaînements inusables -services extérieurs et coups droits décroisés- l'Espagnol a bondi sur quelques retours pour faire basculer la rencontre en fin de première manche (à 4-5 après avoir sauvé une balle de break à 4-4), et en début de seconde manche. "Je ne suis jamais entré dans le match. J'ai fait des fautes d'entrée, et quand j'ai commencé à entreprendre des choses, j'ai aussi fait des fautes", a expliqué de son côté Tsonga, tout en soulignant qu'il avait peut-être "surestimé" Ferrer: "Je m'attendais à ce qu'il frappe encore plus fort, qu'il soit moins débordable, et je me suis tenu trop loin de ma ligne. Je me suis planté".

Tsonga trouve progressivement ses marques sur terre. Il sait qu'il peut y être aussi à l'aise que sur dur, cependant il doit encore le prouver à lui-même et aux autres joueurs sur les feuilles de match. En progrès par rapport à l'année dernière, c'est indéniable, il lui reste encore un aspect fondamental du jeu sur terre à mieux négocier : l'espace-temps. "Après (la perte du 1er set), j'étais tellement énervé, que j'ai laissé filer 2-3 points par-ci par-là et le score a défilé...", a ajouté le Français, tout en assurant: "C'est bien de déjouer aussi. On sait à quoi s'attendre les fois prochaines".

Tsonga : "Je n'avais jamais gagné autant de matches sur terre battue"

Jouer sur terre, c'est apprendre la relativité. Pas besoin d'être Einstein pour cela, juste jouer quelques matches en cinq sets sur la surface peut suffire. Tsonga, qui a joué ses premiers matches en cinq sets de sa carrière à Melbourne en janvier, hésite encore dans le dosage de son engagement. Au premier set, il a attendu assez longtemps avant de rentrer dans le court. Latéralement, il n'a pas toujours été à son aise. Quand ses appuis sont bons, il peut déborder n'importe qui.

D'où vient alors cette frustration souvent exprimée, un peu comme lors de ses matches à Roland-Garros l'an passé ? Le désir de bien faire ou des ajustements qui lui échappe encore ? Il a souvent été pris de vitesse par Ferrer. En position de prendre le premier set, il a perdu de vue les "fondamentaux" du combat sur terre en début de second set. Breaké deux fois (trois fois au total), il a laissé le tennis de Ferrer fleurir au balcon. Le jeu percutant de Tsonga ne pourra s'imposer que s'il se montre plus sûr de lui-même dans le duel pour la possession du court. L'espace-temps de la terre, c'est "rentre-dedans" mais pas n'importe quand. Quand Tsonga maîtrisera cela, il aura l'occasion de défier les meilleurs. "Je n'avais jamais gagné autant de matches sur terre battue (5 en incluant les tournois de Monte Carlo et Barcelone, ndlr)", a conclu le N.10 mondial, qui entend demeurer positif malgré cette défaite sans appel: "Je vais partir me reposer un peu avant de m'entraîner fort pour Roland-Garros".

Fernando Verdasco (ESP, 6) bat Novak Djokovic (SER, 2) 7-6 (7/4), 3-6, 6-4

Novak Djokovic ne s'est pas montré trop déçu par sa défaite, lui qui avait emporté le tournoi en 2008 avant de s'incliner face à Nadal l'an passé. Le N.2 mondial ne pense pas que cela lui sera préjudiciable en vue de Roland-Garros qui débute le 18 mai. "Je n'ai pas atteint la finale à Monte Carlo puis à Rome comme l'an passé, a-t-il déclaré. Mais cela me laisse plus de temps (de préparation). J'ai eu de sérieux problèmes d'allergie au cours des deux derniers mois. Cela m'a beaucoup perturbé, mais désormais, tout est en ordre et je suis satisfait de la manière dont je joue". "Je veux donc vraiment faire un résultat à Roland-Garros", a-t-il ajouté.

Rafael Nadal (ESP, 3) bat Stanislas Wawrinka (SUI) 6-4, 6-1
Prochain adversaire : Gulbis.
Ernests Gulbis (LET) bat Feliciano Lopez (ESP) 7-6 (8/6), 6-1

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