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Et si Medvedev prenait le pouvoir en 2020 ?

Et si Medvedev prenait le pouvoir en 2020 ?

Le 13/10/2019 à 14:28Mis à jour Le 14/10/2019 à 11:57

MASTERS 1000 SHANGHAI – Vainqueur de son quatrième titre en 2019 dimanche en Chine, le deuxième consécutif en Masters 1000, Daniil Medvedev n’en finit plus d’impressionner. Déjà en lutte pour la troisième place mondiale avec Roger Federer en cette fin de saison, le Russe ne compte vraisemblablement pas s’arrêter et pourrait atteindre les sommets à ce rythme la saison prochaine.

Attention à la dictature de l’immédiateté, la vérité du jour n’est pas forcément celle du lendemain. Mais une fois ces précautions d’usage posées, difficile de ne pas être subjugué par ce que fait Daniil Medvedev. Dans une ère jusqu’ici verrouillée par les trois monstres du circuit Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, le Russe est en train de réaliser ce que certains appelaient depuis longtemps de leurs vœux : bousculer la hiérarchie. En finale lors de ses six derniers tournois et titré à trois reprises dans l’intervalle, il est en train de mettre un sacré coup de pied dans la fourmilière.

Et l’intéressé en est plus que conscient. "Tout le monde du tennis réclamait quelque chose de nouveau alors je leur donne quelque chose de nouveau (sic)", n’a-t-il pas hésité à déclarer après son nouveau triomphe à Shanghaï ce dimanche. Car tout en retenue dans sa célébration comme à son habitude, Medvedev voit plus loin et surtout (sans doute) plus haut. S’il restera 4e joueur mondial lundi, il bouscule déjà l’ordre établi en s’immisçant sur le podium à la Race (classement mondial depuis le 1er janvier) derrière Rafael Nadal et Novak Djokovic, mais juste devant Roger Federer pour 185 unités.

Vidéo - À l'inverse de Zverev, Medvedev était infaillible : les temps forts de la finale

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Un gros coup à jouer début 2020

Et si le Russe a encore des points à aller chercher en cette fin de saison à Paris-Bercy et au Masters de Londres, sa trajectoire ascendante pourrait bien prendre une tournure bien plus exceptionnelle encore dès le début d’année 2020. A ce rythme, c’est bien la place de numéro 1 mondial qu’il pourrait viser. Car comme l’a très sportivement répété sa victime en finale en Chine Alexander Zverev, lors de la cérémonie de remise des trophées, Medvedev est actuellement "le meilleur joueur du monde" du moins dans les chiffres. Depuis le début de l’été américain, il a engrangé plus de points que n’importe qui sur le circuit : 4350 contre 3000 à Rafael Nadal qui a certes joué quatre tournois de moins.

Le jeune Russe a désormais de bonnes chances de figurer parmi les quatre premières têtes de série à Melbourne en janvier prochain pour le premier tournoi du Grand Chelem de la saison 2020, ce qui devrait lui permettre d’être relativement protégé en début de compétition. Huitième-de-finaliste en Australie en 2019, il sera incontestablement dans la position du chasseur alors que Djokovic et Nadal devront respectivement défendre leurs points de champion et finaliste sortants. Battu dès le 3e tour à Indian Wells et en huitième de finale à Miami, Medvedev aura également de gros points à aller chercher dans la tournée américaine de mars, puis à Roland-Garros où il avait été sorti dès le 1er tour, si on se projette encore plus loin.

Une intersaison déterminante

En résumé, l’actuel numéro 4 mondial aura un beau coup à jouer dans la première partie de saison prochaine et semble, à seulement 23 ans, le joueur désormais le plus à même de subtiliser les rênes du circuit aux trois monstres. S’il parvient à rester sur sa dynamique actuelle ou du moins à s’en approcher, il pourrait donc créer un sacré événement et incarner la relève, défi que la génération précédente des Milos Raonic, Grigor Dimitrov ou encore Kei Nishikori n’a pas su relever.

Zverev, Medvedev

Zverev, MedvedevGetty Images

Mais il ne s’agit ici que de projections et il serait encore bien hardi de s’enflammer, ce qui n’est d’ailleurs pas le genre de la maison Medvedev. Déjà, parce que comme le dit l’adage, plus une série dure, plus elle se rapproche de sa fin. Combien de temps le Russe pourra-t-il maintenir ce train d’enfer ? Lui-même ne le sait sans doute pas. Ensuite, parce que l’intersaison sera délicate à gérer pour lui. De fait, si Paris-Bercy ou le Masters n’interrompent pas sa spirale positive, ce cercle vertueux sera remis en question par la trêve et la préparation hivernales.

Avant Medvedev, ils sont nombreux à n’avoir pas su confirmer. Les derniers en date se nomment Karen Khachanov et Alexander Zverev qui, après une fin de saison 2018 remarquable, s’étaient plantés dans les grandes largeurs à Melbourne en janvier dernier. Avant eux, Grigor Dimitrov et David Goffin n’avaient pas pu enchaîner en 2018 sur le même rythme qu’en 2017. Mais tous ces exemples ont un point commun : ils n’ont jamais atteint une finale de Grand Chelem dans leurs carrières. Medvedev, lui, l’a fait. Et il semble déjà tourné vers la prochaine étape.

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