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Nadal et le Rocher originel

Nadal et le Rocher originel
Par Eurosport

Le 17/04/2011 à 22:01Mis à jour Le 18/04/2011 à 15:39

Rafael Nadal a conclu son pélerinage à Monte-Carlo par un 7e titre consécutif. "C'est là où tout a commencé", apprécie celui qui s'est mis à genoux après sa victoire sur David Ferrer (6-4, 7-5). Le N.1 mondial "ne voulait pas perdre une troisième finale de Masters 1000 consécutive..."

C'est à genoux que Rafael Nadal a touché son septième ciel à Monte-Carlo. Rien d'illogique pour un joueur dont la carrière exceptionnelle s'enracine sur terre battue. Il y a gagné son premier titre (Sopot 2004), gagné ses premières lettres de noblesse (Monte-Carlo et Roland-Garros 2005), et ses qualités s'y épanouissent pleinement depuis.

Malgré les modifications de son jeu, malgré la concurrence constante de Roger Federer et la concurrence croissante de la nouvelle génération, Nadal reste intouchable sur terre et particulièrement sur le Rocher. Cette année, il est arrivé moins fringant que les années précédentes et il n'a pas joué le meilleur joueur du moment, Novak Djokovic. Il a souffert mais il a une nouvelle fois gravé son nom dans l'histoire de son sport. C'est sa façon à lui d'imposer sa signature. Aux autres de constater les records :

"Tout a commencé ici en 2003"

7 titres consécutifs, c'est du jamais vu dans l'histoire du tennis. Quand les statisticiens doivent aller fouiller les résultats des championnats américains du 19e siècle (Richard Sears a remporté 7 championnats américains de 1881 à 1887), c'est que les exploits sont incomparables. A Monaco, Nadal sort clairement du cadre. Ses défaites à Roland-Garros (2009), Rome (2008), Madrid (2009), son absence à Barcelone (2010), avaient humanisé ses séries de victoires sur terre.

A Monaco, il n'a failli qu'une fois, face au meilleur joueur sur terre avant lui : Guillermo Coria (3e tour en 2003). Comme à Rome et Roland-Garros, direz-vous. Oui mais, c'est une référence. "C'est le Masters 1000 où je ressens le plus d'émotions, explique Nadal, car tout a commencé ici en 2003. J'y ai gagné mes premiers matches sur le grand circuit, j'y suis arrivé pour la première fois de ma carrière dans le Top 100 et depuis 2005 j'en suis à sept titres de suite. Jamais je n'aurais pu imaginer ça. Ca paraît impossible. Je suis un homme très chanceux."

Nadal, c'est leur destin

"Chanceux" peut-être, mais surtout sans relâchement. A Monaco, il a gagné 39 matches - 37 de suite - en ne perdant que 8 sets sur 40 matches. Après sa défaite devant Coria, il n'a plus perdu un set avant les demi-finales, avec une moyenne de 13 jeux jusqu'au dernier carré. Là, rien n'est facile. Mais c'est là aussi où il a verrouillé le destin de certains joueurs.

Richard Gasquet le premier en 2005, qui arrivait lancé avant de s'écraser sur un mur en demi-finale, malgré un set d'avance. Ce match joua un rôle important, Nadal l'a rappelé. Et dans la foulée, Guillermo Coria. En finale, l'Argentin encore plombé par sa défaite à Roland-Garros en 2004, prit un nouveau coup sur la tête. En 2006, Gaston Gaudio , qui avait battu Coria à Paris, fut lui aussi renvoyé à ses interrogations existentielles. Puis le lendemain, Roger Federer bien entendu. La finale était la première d'une longue série de défaites du Suisse sur terre les saisons suivantes (sauf à Hambourg 2007 et à Madrid 2009). Mais en 2006, Nadal gravait dans la mémoire de Federer des victoires épatantes, à Monaco puis à Rome. En 2009, c'est Novak Djokovic qui fut remis à sa place, du côté des outsiders, à Monte-Carlo, puis à Madrid. Le Serbe mit deux ans pour s'en remettre...

"Je n'avais pas envie de perdre une troisième finale de Masters 1000 de suite"

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L'an dernier, il avait établi un record avec 14 jeux abandonnés à ses cinq adversaires. Cette fois, il a eu plus de mal, concédant 34 jeux. Nadal sous pression ? Comme à chaque fois qu'il a attendu plusieurs mois avant de gagner un titre (son dernier succès remontait à Tokyo 2010) : "J'ai peut-être été plus prudent et défensif que d'habitude, plus nerveux aussi. Je n'avais pas envie de perdre une troisième finale de Masters 1000 de suite après celles d'Indian Wells et de Miami."

Monte-Carlo, avant d'être le lieu de résidence de Novak Djokovic, c'est le petit paradis de Nadal, là où il prend son élan : "J'espère que cette victoire va m'aider, qu'elle va me donner confiance, lance-t-il éclairant encore l'importance du tournoi dans son calendrier. "Il faut voir aussi que la période qui va de maintenant jusqu'à Wimbledon est la plus importante de l'année pour moi. C'est sur terre battue que j'ai le plus de chances de gagner et d'empocher les points qui vont me permettre de figurer dans les meilleurs au classement." Le N.1 mondial sème habituellement ses trophées dans les jardins privés monégasques. Un seul joueur peut encore rêver rivaliser, car il n'y a pas joué : Novak Djokovic.


29 TITRES SUR TERRE
2010 : 7 titres dont 4 sur terre : Roland Garros , Madrid, Rome, Monte-Carlo
2009 : 5 titres dont 3 sur terre : Rome, Barcelone, Monte-Carlo
2008 : 8 titres dont 4 sur terre : Roland Garros, Hambourg, Barcelone, Monte-Carlo
2007 : 6 titres dont 5 sur terre : Stuttgart, Roland Garros, Rome, Barcelone, Monte-Carlo
2006 : 5 : titres dont 4 sur terre : Roland Garros, Rome, Barcelone, Monte-Carlo
2005 : 11 titres dont 8 sur terre : Stuttgart, Bastad , Roland-Garros, Rome, Barcelone, Monte-Carlo, Acapulco, Costa Do Sauipe
2004 : 1 titre sur terre : Sopot.

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