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Mouratoglou : "Il faut penser aux joueurs hors top 100 sur le long terme"

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Patrick Mouratoglou

Crédit: Getty Images

ParMaxime Battistella
08/04/2020 à 11:02 | Mis à jour 08/04/2020 à 11:54

Alors que la pandémie de coronavirus a contraint le tennis professionnel à un arrêt forcé, les appels se multiplient pour aider financièrement les joueurs les plus fragiles face à la crise. Mardi, c'est Patrick Mouratoglou, le coach de Serena Williams, qui a publié une lettre sur les réseaux sociaux appelant les instances à s'unir pour s'attaquer au problème en profondeur.

C'est parfois dans les grandes crises que se cachent les grandes opportunités. Et dans le cas du tennis, l'heure de la solidarité et des réformes a peut-être sonné. Mis sur pause par la pandémie de Covid-19, les circuits ATP, WTA, Challenger et ITF ainsi que l'économie de la petite balle jaune ne tournent plus. Mais face cette grave situation, tous ne sont pas égaux. Si les stars du circuit et, un peu plus largement, les membres du top 100 peuvent encaisser le choc dans une certaine mesure, ce n'est pas le cas de leurs collègues moins bien classés. Dans le sillage de plusieurs pétitions, Patrick Mouratoglou a plaidé en leur faveur dans une lettre publiée mardi sur son compte Twitter.

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"Notre sport est génial, mais la période difficile que nous traversons montre à quel point il est dysfonctionnel", écrit-il en préambule s'adressant à la "communauté du tennis". Le coach de Serena Williams dresse ainsi le constat de l'inégalité entre l'élite de la petite balle jaune (le top 100) et le reste des joueuses et joueurs professionnels qui sont contraints, faute de rentrées financières, de "renoncer à leurs rêves et de mettre un terme prématuré à leur carrière".

Un appel à l'unité pour changer de système ?

Comme d'autres avant lui, Mouratoglou appelle donc les instances du tennis - l'ATP, la WTA, la Fédération internationale (ITF), ou encore les fédérations française, américaine (USTA), ausstrailienne et le All England Club en charge des quatre tournois du Grand Chelem - à se réunir pour trouver une solution contre cette injustice qu'il estime spécifique au tennis. Dans son plaidoyer, il fait ainsi remarquer que les professionnels du football et du basket-ball peuvent compter sur des salaires fixes de leurs employeurs (les clubs) même lorsqu'ils ne jouent pas, comme en ce moment.

"Le tennis ne peut pas seulement vivre de ses stars. (...) Il est temps de penser à ces joueurs (hors top 100, ndlr), dès maintenant mais aussi à plus long terme", estime-t-il en conclusion. En creux, selon lui, l'idée d'un fonds d'aide d'urgence, bien que louable, ne suffirait pas. Il s'agirait ainsi de réformer quelque peu le système ultra-méritocratique et libéral du tennis, sans le renier, mais en instaurant des garde-fous. Changer quelque peu de modèle économique, en somme.

Quelles formes pourraient alors prendre ces garde-fous ? Celle, par exemple, d'un salaire minimum assuré pour toute joueuse ou tout joueur ayant le niveau pour tenter sa chance sur les circuits ? Mais comment définirait-on alors ce niveau-plancher ? Par le classement ? Et qui prendrait en charge le coût social de l'opération ? Les questions sont multiples et Mouratoglou ne donne pas davantage de pistes, mais il a le mérite de mettre clairement le sujet sur la table. Si d'autres noms du tennis, peut-être plus puissants encore, pourquoi pas parmi les joueurs, lui emboîtent le pas, le sport pourrait peut-être en être transformé dans les prochains mois.

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