Officiel : Rafael Nadal prendra sa retraite après la finale de la Coupe Davis

Il avait annoncé, en mai, que la saison 2024 serait probablement la dernière, Rafael Nadal a tenu parole. Dans une vidéo postée sur ses réseaux, la légende espagnole confirme qu'il prendra sa retraite après la phase finale de la Coupe Davis qu'il disputera avec son pays (du 19 au 24 novembre). C'est un pan de l'histoire du tennis qui s'en va avec ses 22 Grands Chelems dont 14 Roland-Garros.

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Video credit: Eurosport

"Bonjour à tous. Je suis là pour vous faire savoir que je me retire du tennis professionnel." Une vidéo d'un peu moins de cinq minutes, entre images d'archives et confessions face caméra, publiée sur ses réseaux sociaux pour annoncer la nouvelle. C'est l'heure. Rafael Nadal va prendre sa retraite. Le champion espagnol quittera définitivement la scène le mois prochain à l'issue de la phase finale de la Coupe Davis, à laquelle il participera avec l'équipe d'Espagne, à Malaga. Scène et terrain de jeu parfaits, en équipe, avec l'hériter Carlos Alcaraz à ses côtés et devant son public. Ce sera triste et ce sera beau.
Ce n'est évidemment pas une surprise. En mettant précocement un terme à son année 2023, Nadal avait annoncé que 2024 serait "probablement" sa dernière saison. Ci et là, il avait pourtant laissé la porte ouverte, comme à Roland-Garros, où il avait refusé de se montrer définitif. Prudent il restait, tel un vieux sage, mais au fond, continuer pour continuer ne l'a jamais intéressé. Nadal aime puissamment le tennis, mais sans doute adore-t-il encore davantage la compétition, pour ce qu'elle génère, ce qu'elle irrigue en lui et ce qu'elle en extrait. Physiquement, la machine a dit stop. Alors le reste a suivi.

Un palmarès long comme un membre du Big 3

"La réalité, c'est qu'il y a eu des années difficiles, ces deux dernières en particulier. Je crois que je n'ai pas pu jouer sans limitations, a-t-il rappelé. C'est une décision qui, évidemment, est difficile, qui m'a pris du temps. Mais dans cette vie, tout a un début et une fin. Je crois que c'est le moment adéquat pour mettre fin à ce qui a été une course longue et beaucoup plus réussie de ce que je n'aurais jamais pu imaginer."
Chacun a donc eu le temps de se préparer à l'inéluctable. Nadal le premier. Mais la matérialisation de son départ n'en reste pas moins un événement, à la fois redouté et inévitable. Un choc, presque, car il est dur de l'imaginer partir après plus de deux décennies de présence sur le circuit et presque autant de triomphes continus, ce phénomène, ce champion absolument unique en son genre, mélange d'une incomparable grinta, d'une main de guerrier dans un gant de gentleman, d'un ambitieux bien élevé, et, parce qu'il est impossible de ne pas l'évoquer, un palmarès long comme un membre du Big 3. 
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Au bord des larmes, Rafael Nadal quitte Roland Garros peut-être pour la dernière fois

Video credit: Eurosport

22 titres du Grand Chelem, dont ces 14 Roland-Garros qui le placent dans une dimension sans équivalent dans le temps comme dans l'espace tennistique. Jamais on n'avait vu une telle domination sur un tournoi, sur une surface avant lui et on ne le verra sans doute plus après. Ni ici, ni ailleurs.
Roi de la terre dès la sortie de l'adolescence en 2005, l'année de son premier Roland-Garros, Rafael Nadal deviendra le maître du monde, triomphant d'abord à Wimbledon en 2008, puis à Melbourne l'année suivante et enfin à l'US Open en 2010 pour prouver à ceux qui en avaient besoin, qu'il n'était pas qu'un monstre absolu du jeu sur terre battue, mais un géant absolument complet.
Sa plus grande victoire aura été l'évolution prodigieuse de son jeu. Ses qualités des débuts avaient suffi à le propulser dix niveaux au-dessus des autres sur ocre et il aurait pu s'en contenter. Mais il a voulu plus et mieux. En cela, Roger Federer fut d'une aide précieuse, le poussant à se transformer sans se renier, à se sublimer sans s'altérer. Puis l'émergence de Novak Djokovic eut le même effet, aiguisant constamment son appétit. Résultat, quelques dizaines de batailles. Il ne les a pas toutes gagnées, mais il a largement pris sa part.

Après Federer…

Deux ans après Roger Federer, premier de la bande à s'éclipser, Nadal prend la tangente à son tour. Ils n'étaient donc pas éternels, même si la combinaison effarante de leur talent et de leur longévité avait fini par nous mettre le doute. Un peu comme le Bâlois, le Majorquin aurait sans doute aimé continuer un peu plus. Comme son alter ego helvétique, c'est d'abord son corps, qu'il n'a pas ménagé depuis vingt ans, qui l'a supplié de ne pas en rajouter. C'était plus sage. Il ne nous devait rien et il ne le pouvait plus.
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Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djoković lors de la Laver Cup en 2022.

Crédit: Getty Images

Federer. Nadal. Murray, aussi, même si c'est à un degré bien moindre. Novak Djokovic doit quand même se sentir un peu seul et un peu bizarre ce jeudi. Son tour viendra et c'est donc à lui, désormais, que reviendra la charge de poser le dernier clou sur cette époque d'une richesse inouïe, par les palmarès de ses protagonistes bien sûr, mais pas seulement. Peut-être faudra-t-il le recul du temps pour en prendre pleinement conscience. Là, dans le tourbillon de ce moment long et fort de toutes ces années, de tous ces matches, de tous ces titres, nous sommes trop estourbis.
Il reste à profiter de ces derniers instants nadaliens. "Je suis très heureux que mon dernier tournoi soit la finale de la Coupe Davis et que je puisse représenter mon pays, glisse-t-il. Je crois que c'est une manière de boucler la boucle, puisque l'une de mes premières grandes joies comme tennisman professionnel a été la finale de Seville en 2004. Je me sens super, super heureux pour toutes les choses que j'ai pu vivre."
La Coupe Davis n'est plus ce qu'elle était. Rafael Nadal non plus. Mais l'union de ces deux monuments fait quelque chose pour un adieu où, n'en doutons pas, Rafael de Manacor sera égal à lui-même dans l'engagement et le don de soi. Après, ce sera la vie d'après. Nous sans lui et lui sans nous. Wish him the best, comme il disait.
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Archive 2017 - Nadal et Federer en duo : caution prestige, ascendant bromance

Video credit: Eurosport


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