Eurosport
Open d'Australie | Djokovic-Sinner | "Bien plus qu'un staff" : Jannik Sinner et ses anges gardiens
Par
Publié 25/01/2024 à 11:31 GMT+1
Nous y revoilà. Après avoir battu Novak Djokovic à deux reprises en fin d'année dernière, Jannik Sinner va tenter d'y parvenir une troisième fois dans la nuit de jeudi à vendredi (4h30), lors de la demi-finale de l'Open d'Australie. Pour ce faire, l'Italien compte bien suivre les conseils de son staff. Présentation de la "deuxième famille" du numéro 4 mondial.
Sinner n'a toujours pas perdu un set : son succès face à Rublev
Video credit: Eurosport
C'est une scène vue et revue. Presque un classique, maintenant. A chaque interview post-victoire, joueurs et joueuses de tennis n'oublient jamais de remercier leur staff, regard levé et doigt pointé vers leur box. Puis, généralement, s'ensuivent les applaudissements des spectateurs, plus par politesse que par émotion. Certes redondants, ces remerciements résonnent différemment lorsqu'ils sortent de la bouche de Jannik Sinner, numéro 4 mondial, qui s'apprête à affronter Novak Djokovic ans la nuit de jeudi à vendredi (4h30, en direct sur Eurosport) en demi-finale de l'Open d'Australie.
Parti à l'âge de 14 ans de son village du Val Pusteria où il a grandi, l'Italien a souvent souffert de solitude et de nostalgie, éloigné de sa famille. Un manque qu'il a su combler en s'en fondant une deuxième, membre après membre. Et c'est ainsi que depuis deux ans, son staff fait office de noyau dur. De Simone Vagnozzi à Darren Cahill, de Giacomo Naldi à Umberto Ferrara : Sinner a trouvé son équilibre. "Sans eux, rien n'aurait été possible. C'est bien plus qu'un staff", aime-t-il répéter lorsqu'il passe devant les micros. Dans la presse transalpine, on les surnomme "les anges gardiens". De quoi faire comprendre l'importance de chacun dans la progression de celui qui n'a pas encore perdu le moindre set à Melbourne, une première depuis 1977 pour un joueur italien. Ils méritaient bien une présentation.
Simone Vagnozzi (coach)
Sur le circuit, tout le monde le surnomme "Vagno". Né en 1983, cet ancien joueur de tennis, capable d'atteindre la 161e place du classement ATP en 2011 (son meilleur classement) s'est rapidement fait une réputation en tant que coach. Dans son CV, on retrouve notamment les noms de Marco Cecchinato, demi-finaliste de Roland-Garros en 2018 et ex-numéro 16 mondial, ou encore Stefano Travaglia, arrivé aux portes du top 50 (N.60) sous son aile. Vagnozzi est un technicien exigeant et pointilleux, persuadé que le progrès passe par le travail et la rigueur. Avec lui, l'objectif est toujours d'aller plus haut, mais pas forcément plus vite. Aucun détail n'est laissé de côté, jamais.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/11/28/3833673.jpg)
Simone Vagnozzi
Crédit: Getty Images
"Moi, j'ai toujours été une personne habituée au travail, confiait-il le 14 janvier dernier à La Repubblica. Nous voulons que Jannik soit sans aucun point faible, mais tout en le faisant rester un joueur qui frappe fort pour mettre son adversaire en difficulté. Il y a aussi la partie tactique : avant, Jannik jouait d'une seule façon. Maintenant il s'adapte, il sait quand pousser ou attendre, viser le long de ligne ou lifter. Et aussi la volée. Maintenant, il a une meilleure lecture de tout (...) Quand j'ai commencé à entraîner Jannik, j'étais persuadé qu'il avait encore besoin de temps pour améliorer certains aspects. Il était déjà un très grand joueur, neuvième mondial. Mais, pour moi, il n'était pas encore prêt à faire sa part : il était difficile d'avoir de la continuité, car il devait encore beaucoup progresser, tactiquement et techniquement. Alors, la question était : comment le faire progresser en tant que coach ? Tu dois risquer, conscient de devoir garantir un minimum de résultats au neuvième joueur mondial, quitte à lui faire risquer la défaite. Voilà, ça, c'était la grande difficulté."
Darren Cahill (coach)
Qui dit Simone Vagnozzi dit forcément Darren Cahill. Les deux ont d'ailleurs reçu, à la mi-décembre, la récompense de "coachs de l'année" décernée par leurs pairs. Cahill, c'est la figure forte du clan Sinner. Son expérience, ses conseils, son vécu, son aura... "Avec lui, Sinner a gagné en mentalité et en connaissances techniques et tactiques", estimait le Corriere dello Sport en novembre dernier. L'Australien, ancien coach notamment de Simona Halep, a eu un rôle primordial dans l'ascension de l'Italien, capable de se qualifier pour sa première demi-finale en Grand Chelem à Wimbledon, la finale du Masters et de gagner son premier Masters 1000 (Toronto) ainsi que la Coupe Davis en fin de saison dernière.
"Il a ce caractère australien qui apporte de la tranquillité, se félicitait Vagnozzi dans les colonnes de La Repubblica. C'est un coach qui a déjà une certaine expérience : Hewitt, Agassi, Halep. Il aide à lire certaines situations de manière différente. Il confirme si nous sommes sur la bonne voie (...) Nous sommes deux personnes qui cherchons des solutions, et nous n'hésitons pas à mettre nos pensées sur la table. Entraîner ensemble, c'est aussi ça, non ? Selon vous, est-il possible d'être toujours d'accord sur un an ? Voilà pourquoi on parle, on se confronte avec tout le staff. Et au final, la solution la plus juste est prise. Sur la stratégie et la tactique, je dois dire la vérité : nous sommes en accord, vraiment, vraiment."
"Nous avons parlé un peu au téléphone au début, juste pour nous comprendre, se remémorait Sinner après le succès face à Rublev. Puis la première fois que je l'ai vu, nous étions à Eastbourne, sur l'herbe. J'ai passé une semaine avec lui avant le tournoi. Ensuite, j'ai joué le tournoi là-bas, puis évidemment à Wimbledon. Je pense que nous nous sommes très bien compris. Il me ressemble beaucoup en tant que personne : il aime l'équipe, c'est peut-être la chose la plus importante, notre équipe (...) Il a une vision un peu différente, il regarde aussi le côté humain. Il est capable d'être humble, de ne pas entrer dans certaines conversations parce qu'il sait qu'il existe d'autres 'experts'. En fin de compte, nous construisons notre propre famille et elle devient plus forte."
Umberto Ferrara (préparateur physique)
Voilà l'homme qui continue de construire à Sinner un physique de champion, plus résistant et élastique. Lui aussi présent dans le box du staff, Ferrara n'hésite pas à donner de la voix sur chaque point pour encourager son poulain. En coulisses, son travail est considéré comme précieux. Vagnozzi, qui a déjà collaboré avec lui durant ses passages aux côtés de Cecchinato et Travaglia, le tient en haute estime. "Le travail effectué par Ferrara porte ses fruits : Jannik est plus fort, plus résistant et même plus rapide", s'enjouait Cahill en fin d'année dernière dans le Corriere dello Sport. "Avec lui, Sinner a énormément progressé sur le plan physique, pouvait-on lire dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport le 3 novembre dernier. Les sessions intensives fonctionnent. Et le travail n'est pas fini."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/10/07/3799138.jpg)
Jannik Sinner avec Simone Vagnozzi et Umberto Ferrara après la victoire à Pékin
Crédit: Getty Images
Giacomo Naldi (kinésithérapeute)
Tout comme Umberto Ferrara, Giacomo Naldi a un rôle central dans la préparation et la récupération de Sinner. Et tout comme lui, aussi, il vient de Bologne, où il a travaillé pendant six saisons à la Virtus, club historique du basket transalpin. C'est d'ailleurs grâce à ça qu'il a rencontré Sinner. Un jour de déplacement de son équipe à Monaco, où réside le joueur, Naldi n'hésite pas à l'inviter aux côtés de Ferrara, un grand tifoso de la Virtus. Il accepte rapidement la proposition, notamment pour voir évoluer Nico Mannion, international italien avec qui il est en contact via les réseaux sociaux.
"J'ai été contacté en octobre (2022) par Umberto Ferrara, que j'avais connu un an auparavant, pour me dire que Sinner avait mal à la cheville et que son kiné n'était pas disponible, racontait l'intéressé au Corriere di Bologna en avril 2023. On a travaillé ensemble et tout s'est bien passé (...) Puis Ferrara m'a recontacté pour me dire qu'il cherchait un kiné. Une occasion unique et excitante de travailler avec Jannik, qui m'avait fait une excellente impression humaine. Une personne sérieuse, éduquée et avec une grande envie de travailler. Travailler avec l'étoile montante du tennis italien, c'est stimulant, surtout après six belles années à la Virtus. Le club s'est montré disponible et a accepté."
Depuis, Naldi travaille sur chaque aspect de la vie de Sinner. "Il est très sérieux et méticuleux dans l'alimentation et le sommeil, assurait-il. On parle de tout avec Jannik, on passe du temps libre ensemble. Parfois, on part ensemble pour un mois en fonction des compétitions. Si tu n'as pas un rapport sain, ça devient difficile (...) J'ai toujours eu une relation de confiance avec mes joueurs. Quand tu passes autant de temps ensemble, c'est inévitable."
Alex Vittur (manager)
Voilà la personne qui, selon Sinner, est celle qui le connaît le mieux. "Mon histoire de joueur de tennis est liée à lui, se souvenait-il dans les colonnes du Corriere della Sera. A l'âge de 12 ans, je suis allé à Bordighera da Piatti grâce à lui. Il sait tout de moi. C'est un ami, un frère, quelqu'un de la famille."
Ancien espoir du tennis italien, né en 1984, Alex Vittur a préféré tout arrêter à 21 ans pour se dédier aux études. Depuis, il a décroché des diplômes prestigieux et mène une vie de manager aux côtés du numéro 4 mondial, qui aurait pu ne jamais le devenir s'il ne l'avait pas signalé à Massimo Sartori, premier entraîneur et mentor de Sinner. Désormais, Vittur s'occupe de l'image de son ami. Quant au management pur et dur, il est confié à Lawrence Frankopan et son entreprise "Starwing Sports" qui gère, entre autres, les intérêts de Maria Sakkari, Karen Khachanov et Stan Wawrinka.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité