Pendant que l'histoire de son pays s'écrivait avec des balles, lui rêvait de devenir champion de tennis, et de tenir sa raquette loin des fusils. L'incroyable force de Novak Djokovic, 50e vainqueur en Grand Chelem, c'est de croire en son destin. Sa victoire en finale de l'Open d'Australie est à l'image de sa vie : il a su attendre pour se forger des certitudes et ne jamais se détourner de son objectif : la victoire.
Numéro 3 mondial depuis l'été dernier (depuis le 9 juillet 2007 avec une semaine en 4e position au mois d'août), le meilleur joueur Serbe de tous les temps a creusé l'écart avec la meute du top 10 pour toucher du bout des doigts les territoires sacrés de Roger Federer et Rafael Nadal. Il n'est plus qu'à 815 points de Rafael Nadal et 1465 points de Roger Federer. Le monde du tennis tremble-t-il ? Federer et Nadal sont-ils sous pression ? Pas encore et à juste titre. L'intéressé lui-même sait se situer : " Ce n'est pas possible qu'un tournoi change l'histoire. Un tournoi ne change pas tout, mais cela fait certainement une différence. "
"J'y ai toujours cru"
Open d'Australie
Tsonga, à suivre...
28/01/2008 À 12:00
Mathématiquement, Novak Djokovic ne devrait pas inquiéter les deux super héros du circuit de si tôt. Il doit d'abord défendre ses points à Indian Wells et Miami. Ensuite, tout est permis. Le Serbe possède un jeu complet, qui lui permet non seulement de s'adapter à n'importe quelle surface mais de prendre la mesure du jeu de n'importe quel adversaire.
Il ne peut pas dominer le circuit à la façon d'un Roger Federer, mais plutôt comme un Mats Wilander à son époque. Le "show" en plus. Il sait d'où il vient, il sait où il va et comment y aller. Son premier titre en Grand Chelem n'est pas un hasard : "J'en ai rêvé. Je regardais les légendes du tennis soulever les trophées et je voulais me retrouver aussi dans cette situation. J'y ai toujours cru et je n'ai jamais voulu avoir de pensée négative. Ma façon de jouer en juniors m'a donné confiance dans le fait que je pouvais y arriver. Pour certains c'était réaliste, pour d'autres non, surtout compte tenu du fait que nous n'avions pas d'infrastructures en Serbie ".
Ce qui est le plus incroyable aujourd'hui, ce qui fait frémir le circuit, c'est qu'au moment même où Roger Federer ne peut plus réussir le Grand Chelem, Novak Djokovic en devient capable. Il a su mettre à profit sa courte expérience (il n'a que 20 ans) pour aller chercher le titre des mains de l'insouciant Jo-Wilfried Tsonga : "J'étais nerveux. C'était une situation bizarre d'être favori d'une finale de Grand Chelem. Mais j'ai réussi à faire face. C'est dangereux de jouer quelqu'un qui n'a rien à perdre. Il a été agressif au début. J'ai dû me calmer et me reconcentrer. Avoir joué la finale de l'US Open m'a aidé". Roger Federer était attendu avant sa victoire à Wimbledon en 2003, Novak Djokovic s'est révélé lui-même à la face du monde. Si nul n'est prophète en son pays, la preuve en est que l'on peut en tout cas inventer son propre destin sportif. Celui de "Nole" sera-t-il aussi celui du tennis mondial ?
>Novak Djokovic peut-il réussir le Grand Chelem ?
Open d'Australie
Djokovic: "Indescriptible"
27/01/2008 À 15:51
Open d'Australie
Un record pour les Bleus
20/01/2009 À 11:38