Les bonnes nouvelles

Le tennis masculin ne voit plus double mais quadruple. A Melbourne, Yannick Cochennec fait le bilan d'un Open d'Australie riche en enseignements. Rafael Nadal et Roger Federer ne sont plus seuls au sommet, Novak Djokovic et Andy Murray les ont rejoint. Et des petits nouveaux se sont révélés.

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Crédit: Eurosport

Le rideau est tombé sur le premier tournoi du Grand Chelem de l’année et sans doute a-t-il marqué un virage dans l’histoire récente du circuit masculin. Le tennis n’est plus désormais dominé par deux hommes, mais par quatre, même si Rafael Nadal (de loin en ce qui le concerne) et Roger Federer gardent encore la main au classement.
En se qualifiant tous les deux pour la finale de l’Open d’Australie, Novak Djokovic et Andy Murray ont enfoncé un coin dans cette double hégémonie dont on peut dire qu’elle a vécu sous la forme que nous avons connue au cours des dernières années.
C’est une bonne nouvelle. Pour l’intérêt du jeu, il était temps, en effet, de voir s’affirmer et triompher d’autres joueurs que le tandem infernal qui s’est présenté, à Melbourne, en ayant gagné 21 des 23 derniers tournois du Grand Chelem. Sachant qu’il est possible que la série reprenne lors du prochain Roland-Garros (comment y battre un Nadal qui serait physiquement à 100% de ses moyens ?). Mais sans gros risque de se tromper, il ne s’agit plus d’une bataille à deux qui pouvait être assez déprimante pour ceux qui suivaient au classement, certains paraissant carrément résignés face à ce diktat suisse et espagnol.
Djokovic et Murray récompensés
Et il y a eu comme une justice à voir Novak Djokovic et Andy Murray face-à-face en finale dans la mesure où ils ne se sont jamais découragés au cours des trois dernières années malgré leur malchance de tomber sur deux champions de cette trempe. Leur abnégation a été, en quelque sorte, récompensée par ce premier affrontement pour eux dans le Grand Chelem.
Pour Nadal, il n’y a pas trop de soucis à se faire à l’exception des interrogations que suscite cette blessure qui l’a peut-être privé d’un Grand Chelem à cheval sur deux années. Il est possible -c’est lui qui l’a affirmé- que le virus attrapé à Doha l’ait fragilisé lors de cet Open d’Australie, mais il ne doit pas non plus échapper à une autocritique personnelle. Pourquoi, après une saison aussi lourde que la précédente, est-il allé s’embêter à disputer deux exhibitions en décembre avec Federer suivie d’une autre dans le golfe persique le jour de l’an, toujours avec le Suisse, avant le tournoi de Doha ? Certes, ce sont des matches sans enjeu et donc sans réel engagement physique, mais les voyages engendrent leur propre fatigue et fragilisent les organismes. A un moment donné, il faut savoir dire non.
La même petite accusation vaut pour Federer, vainqueur à Doha et qui, désormais, n’a plus joué la moindre finale majeure depuis un an. Constatons d’ailleurs que Djokovic et Murray se sont contentés de la seule Hopman Cup, à Perth, avant d’arriver à Melbourne.
Federer vieillit
A bientôt 30 ans, le Bâlois est entré dans la phase finale de sa formidable aventure sportive dont on n’imagine pas qu’elle reste figée à 16 titres du Grand Chelem. S’il paraît difficile de le voir à nouveau dans la peau d’un vainqueur de Roland-Garros, il garde ses meilleures chances à Wimbledon et l’US Open, les deux tournois majeurs les plus rapides de l’année –bien plus que l’Open d’Australie. Ses fans doivent néanmoins accepter qu’il vieillit comme tout le monde et qu’il ne pourra plus régner sur le circuit comme avant.
L’autre bonne nouvelle de cet Open d’Australie vient de l’émergence (enfin !) de nouveaux jeunes visages synonymes de cette relève qui se faisait attendre puisque aucun joueur de 20 ans et moins ne figurait dans le Top 100 mondial à l’aube de cet Open d’Australie. Alexandr Dolgopolov, Milos Raonic, Grigor Dimitrov, Richard Berankis, Bernard Tomic, autant de jeunes pousses qui ont éclos à Melbourne en montrant un gros potentiel et le culot de leur âge. Le tennis a aussi besoin de ces nouveaux visages pour se régénérer et susciter la curiosité d’un public qui pouvait croire qu’à part Nadal et Federer, ce sport n’avait pas grand-chose à dire. A eux désormais de confirmer et d’apporter ce sang frais vers la tête de la hiérarchie.
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