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Open d'Australie 2024 - L'antisèche de la finale : Jannik Sinner, un nouvel exploit et un avènement
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Publié 28/01/2024 à 14:34 GMT+1
En renversant Daniil Medvedev (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3) en finale de l'Open d'Australie, Jannik Sinner s'est adjugé son premier titre du Grand Chelem dimanche. Plus frais physiquement avant le match, l'Italien a laissé passer l'orage après avoir été largement dominé en début de match. La marque d'un sacré champion, surtout deux jours après avoir vaincu le maître des lieux, Novak Djokovic.
Un succès renversant en 5 sets : Comment Sinner est entré dans la cour des grands
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Le pourquoi du comment
Il a fait "tapis" et a failli rafler la mise. On le savait joueur d'échecs hors pair sur un court de tennis, maître tacticien et féroce compétiteur. Dimanche à Melbourne, Daniil Medvedev s'est révélé formidable joueur de poker. Après avoir perdu ses trois derniers duels contre Jannik Sinner, il a décidé de changer totalement son fusil d'épaule et de sortir de sa zone de confort. Le Russe a opté pour une agressivité constante et très éloignée de ce qu'il propose la plupart du temps. Mais il n'a pas pu tenir son "bluff" jusqu'au bout, la faute à un Jannik Sinner qui a su ne pas sombrer.
En conférence de presse avant ce match, Medvedev avait pourtant considéré que Sinner n'avait rien modifié tactiquement pour le battre. Il laissait ainsi supposer que son plan face à l'Italien n'allait pas changer et qu'il comptait seulement mieux l'exécuter. Mais s'il est rafraichissant dans ses déclarations, le numéro 3 mondial ne doit toujours pas être pris au mot et il faut se méfier des sous-entendus. En optant pour l'attaque à outrance avec une réussite bluffante, il a surpris son monde et surtout son rival, en premier lieu.
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Un énorme coup droit pour finir : Sinner a achevé Medvedev en beauté
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Pour sa première finale en Grand Chelem, Sinner a ainsi été étouffé comme jamais dans ce tournoi qu'il avait totalement maîtrisé jusqu'ici. Breaké dès le troisième jeu de la partie, il a été constamment pris de vitesse sur sa ligne de fond dans les deux premiers sets, Medvedev prenant la balle très tôt. Mais l'Italien a eu un immense mérite, celui de ne pas se laisser emporter par la panique et la frustration. Et à la première petite baisse de régime de son rival, il a su surgir pour reprendre totalement son destin en main.
Reprenant confiance, Sinner est redevenu lui-même, ce joueur si tranchant à l'échange, si solide, si serein depuis la fin de saison 2023. Et ce qui était une donnée importante de cette finale, la fraîcheur physique – il avait passé près de 6 heures de moins sur le court que son adversaire avant ce dimanche –, s'est révélée décisive. Dans le bras de fer du fond, le protégé de Darren Cahill a repris totalement dessus et plus le temps s'est écoulé, plus son triomphe a semblé inéluctable. Si timide en début de partie, il a envoyé un missile de coup droit long de ligne pour conclure. Tout un symbole.
Le moment-clé
Le break de Jannik Sinner à 5-4 qui lui permet de relancer la finale en remportant le troisième set constitue le tournant le plus évident de cette finale. Mais en résistant en début de quatrième acte, Daniil Medvedev aurait pu enrayer la dynamique adverse. Et à 3-3, le Russe a même obtenu une balle de break qui, si elle avait été convertie, lui aurait probablement permis de s'en sortir. Mais d'un sang-froid de champion, l'Italien l'a écartée d'un ace au T, serrant le poing à juste titre. La dernière illusion de Medvedev était passée.
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Une gestion parfaite de la fatigue et du momentum : le moment-clé où la finale a basculé
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La stat : 4
Avant ce dimanche, Jannik Sinner n'avait été breaké qu'à deux reprises dans ce tournoi et n'avait perdu qu'un set au jeu décisif contre Novak Djokovic. C'est dire s'il était serein sur son engagement, mais Daniil Medvedev n'en avait cure : le Russe a pris le service de l'Italien à quatre reprises dans les deux premières manches, soit deux fois plus que les six adversaires précédents de l'Italien. Impressionnant… mais finalement insuffisant.
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Un point à l'image du match : le combat de boxe entre Sinner et Medvedev avant le K-O
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La décla
Daniil Medvedev lors de la cérémonie de remise des trophées : "Je voulais féliciter Jannik parce qu'aujourd'hui, tu as montré pourquoi tu méritais ce titre. Tu as réussi à élever ton niveau. Ce n'est pas probablement pas ton dernier Grand Chelem."
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"C'est quand même mieux que de perdre avant" : Le trait d'humour de Medvedev malgré la claque
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La question : Jannik Sinner a-t-il la tête d'un nouveau patron ?
Il ne cesse de franchir les caps fondamentaux depuis quelques mois. En juillet dernier, Jannik Sinner atteignait pour la première fois un dernier carré en Grand Chelem. En août, il remportait son premier Masters 1000. Puis à l'automne, il trouvé la clé face à Daniil Medvedev à trois reprises et contre Novak Djokovic deux fois, deux cadors qu'il n'avait encore jamais battus, triomphant à Pékin, Vienne et allant chercher la deuxième Coupe Davis de l'histoire de l'Italie. Et le voici donc vainqueur d'un Majeur, le premier Italien à le faire depuis Adriano Panatta il y a 48 ans à Roland-Garros.
Où s'arrêtera-t-il donc ? Probablement pas là. Parce que Jannik Sinner n'a pas "seulement" gagné un Grand Chelem, il l'a fait en relevant les défis les plus difficiles du moment : mettre fin à l'hégémonie extraordinaire de Novak Djokovic – qui n'avait plus perdu à l'Open d'Australie depuis 2018, soit 33 victoires d'affilée – et remonter un handicap de deux sets pour sa première finale en Grand Chelem. Tant tennistiquement, mentalement que physiquement, il a prouvé qu'il était entré dans une nouvelle dimension, celle qui devrait lui permettre d'aborder chaque tournoi désormais dans la peau d'un favori.
Vainqueur de 20 de ses 21 derniers matches, de 10 de ses 11 derniers duels contre les membres du Top 5, Sinner est sur une dynamique irrésistible. De quoi devenir numéro 1 mondial bientôt ? Il restera quatrième la semaine prochaine, mais il n'accuse plus que 1 500 points environ de débours sur Djokovic. A moyen terme, s'il continue sur ce rythme, il pourrait devenir un candidat plus que crédible au trône notamment à partir du printemps sur terre battue où il n'a pas beaucoup à défendre. Mais attention à ne pas enterrer trop vite le monstre serbe qui n'est jamais plus dangereux que lorsqu'il a quelque chose à prouver. La lutte s'annonce en tout cas passionnante en 2024.
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