Finale de l'Open d'Australie 2026 - Novak Djokovic entre le sablier et la foi

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A l’issue de sa défaite face à Carlos Alcaraz en finale de l’Open d’Australie, Novak Djokovic a laissé planer un doute. Le reverra-t-on un jour à Melbourne ? "Dieu seul sait." Cette quinzaine lui a prouvé qu’il était sans doute un peu moins loin que prévu du duo qui lamine le circuit depuis deux ans. Au crépuscule de son immense carrière, ce n’est pas un détail même si l’horloge tourne.

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On aurait pu le croire éternel et à l’abri du temps qui passe. Après le premier set de la finale, alors qu’il réduisait au silence Carlos Alcaraz, 48 heures seulement après avoir botté les fesses de Jannik Sinner, Novak Djokovic semblait sur la route du plus grand exploit de sa carrière et peut-être même de ce sport. Mais Nole a coincé et pour atteindre la barre des 25 titres en Grand Chelem, il faudra encore patienter.
Cet Open d’Australie ramène Novak Djokovic à deux réalités : il n’a jamais été aussi proche, depuis deux ans, de battre les deux ogres du circuit et voilà deux ans et demi qu’il n’a plus gagné de tournoi du Grand Chelem. A 38 ans, le temps presse. Le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide, deux faces d’une même pièce qui nourrissent les interrogations autour de la suite de sa carrière. Ce n’est pas cette quinzaine australienne qui va éteindre son feu intérieur. Au contraire, elle va le nourrir. "J’y crois, j’ai toujours eu confiance et la vision de gagner un autre Grand Chelem où mais je ne m’y attendais pas. C’est différent", a-t-il expliqué après le match.
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J'ai revu mes attentes à la baisse ces deux dernières années
Avant de se montrer plus clair : "J'ai revu mes attentes à la baisse ces deux dernières années, ce qui, je pense, me permet aussi de me libérer d'un stress inutile." Sauf que sa victoire à la régulière face à l’invincible Jannik Sinner prouve qu’il n’est peut-être plus seulement le troisième homme destiné à se faire ratatiner par l’un ou par l’autre en demi-finale de Grand Chelem. Cet Open d’Australie lui ouvre d’autres perspectives même si les trois derniers sets de sa finale rappellent que ses 38 ans resteront toujours un obstacle face à un joueur aussi inspiré et préparé que Carlos Alcaraz. Le 25e Grand Chelem reste un terrain à conquérir mais la montagne semble un peu moins haute aujourd’hui qu’hier.
Même si, à Melbourne, les planètes se sont alignées. D’abord parce que c’est ici, en Australie, que l’homme aux 10 Open d’Australie a le plus de certitudes. Ensuite parce que les évènements lui ont souri. Entre le forfait de Jakub Mensik en 8e de finale et, surtout, l’abandon de Lorenzo Musetti alors que le quart de finale lui filait entre les mains, le Serbe fut plutôt épargné par les circonstances. Mais sa victoire face à Sinner ne doit rien au hasard.

Alcaraz, Sinner et un troisième ennemi

"C'était vraiment un tournoi fantastique, a-t-il tranché malgré sa défaite en finale. Je savais que je devrais probablement en battre deux pour remporter le titre. J'en ai battu un, au terme d’un exploit incroyable, donc c'est un pas de plus que ce que j'ai fait en Grand Chelem l'année dernière. C’est encourageant." Sauf qu’hormis Sinner et Alcaraz, il doit se battre contre un troisième ennemi : le temps qui passe.
Celui-là même qui l’a empêché, à 38 ans, de maintenir son exceptionnel niveau de jeu du premier set en finale. Chaque défaite en Grand Chelem, que ce soit en demi ou en finale, est une occasion de moins d’arracher son 25e titre et le temps file pour lui plus vite que pour les autres. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter son discours sur le court. Un discours qu’il avait préparé soigneusement : "Dieu seul sait ce qui se passera demain, sans parler de ce qui se passera dans six ou douze mois. Ce fut une expérience formidable. Je vous aime tous."
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Est-ce que ça lui suffira ? C’est difficile à dire
Une conclusion en forme d’adieux déguisés ou plutôt le constat implacable que l’horloge tourne et avec elle, l’incertitude grandit. L’avenir n’est pas aussi clair à 38 qu’à 22 ans surtout à une époque où la dimension physique écrase tout le reste. Comment faut-il comprendre les paroles sibyllines de celui qui avait déjà annoncé à Roland-Garros l’an dernier : "S’il s’agissait de mes adieux ici, c’était merveilleux" ?
"Il est en recherche depuis un certain temps de voir comment il était capable de nourrir sa motivation et ses objectifs, décrypte notre consultante Justine Hénin. Il a vécu des émotions ici (ndlr : à Melbourne), il y a certainement quelque part quelque chose d’inattendu pour lui. Ces émotions, cet amour du public, c’est ce qu’il cherchait encore dans sa carrière. C’est pour ça qu’il s’accroche tournoi après tournoi, pour essayer de vivre des choses encore. Est-ce que ça lui suffira ? C’est difficile à dire."
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Au crépuscule de sa carrière, c’est à se demander s’il a laissé passer sa dernière chance ou s’il s’est rapproché un peu plus de son plus grand défi. A Roland-Garros, la tâche sera sans doute plus compliquée encore. Mais à Wimbledon, où il a déjà triomphé à sept reprises, le contexte lui conviendra davantage. Car, malgré tout ce qu’il a montré en Australie durant sa merveilleuse quinzaine, Djokovic reste un simple mortel et il n’est pas à l’abri du temps qui passe.
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