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Roger Federer sur sa retraite : "Le tennis ne me manque pas, je me sens en paix avec moi-même"
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Publié 15/03/2024 à 16:06 GMT+1
Dans un entretien accordé au magazine GQ publié jeudi, Roger Federer a fait le point sur sa vie après le tennis, un peu plus d'un an et demi après avoir officiellement pris sa retraite. Aucun plan de come-back pour l'ex-champion suisse qui se dit "soulagé" d'avoir pris cette décision. Mais il continue de suivre l'actualité du circuit, de ses anciens rivaux et garde un œil aiguisé sur le jeu.
Roger Federer à la soirée Vanity Fair à Beverly Hills après les Oscars en 2024
Crédit: Getty Images
Il se fait rare sur le circuit depuis qu'il l'a officiellement quitté en tant que joueur. Roger Federer avait promis lors de sa retraite officielle à l'occasion de la Laver Cup en septembre 2022 qu'il ne deviendrait pas un "fantôme" ou un "étranger" pour le monde du tennis. Mais le Suisse connaît trop l'importance de la rareté pour sacraliser les événements, alors il a limité ses réapparitions : une à Wimbledon en juillet dernier, l'autre à Shanghai en octobre, et c'est à peu près tout. Mais jeudi, il a fait un retour médiatique remarqué à l'occasion d'un entretien fleuve paru dans GQ.
Si les sujets évoqués ont été nombreux – de son rapport à la mode à ses activités actuelles –, Federer s'est beaucoup exprimé sur sa retraite. De nombreuses larmes avaient coulé dans l'O2 Arena mais il assure qu'il ne regrette rien. "Je suis soulagé. Vraiment. Ces dernières années ont été assez difficiles avec mon genou et tout ça. Je sentais la fin approcher. Une fois que tu as passé le cap, une fois que tu es officiellement à la retraite, tu expires un grand coup et tu te dis, 'Bon, voilà... Quand même, qu’est-ce que c’était bien.'"
Pas de syndrome de la "petite mort" donc ou d'envie de replonger ? "Ça ne me manque pas. Je me sens en paix avec moi-même, a-t-il insisté. Je pense que c’est aussi parce que je sais que mon genou, mon corps et mon esprit ne me permettraient plus d’être sur le terrain. J’ai fait du mieux que j’ai pu, alors ça va. Aujourd’hui, il m’arrive de jouer au tennis avec mes enfants. L’autre fois, j’ai réservé un court avec ma femme pour la première fois de ma vie. C’était il y a un mois ou deux, et on est allés jouer à côté de nos enfants qui prenaient un cours. J’adore jouer au tennis et je m’étais toujours dit : 'Quel sera le moment où je prendrai ma retraite, où je retournerai sur un court de tennis et où je n’aurai plus à m'améliorer ?' Aujourd’hui, qu’est-ce que ça peut faire si je rate un coup droit ? Qui se soucie de savoir si je m’améliore ou pas ?"
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Sinner dans la même veine que Federer-Nadal-Djokovic : les chiffres marquants à retenir
Video credit: Eurosport
Débarrassé de cette pression constante, Federer croque donc à pleines dents dans sa nouvelle vie très remplie, entre ses enfants, ses nombreuses affaires (sponsors et partenaires, marques de chaussures, de lunettes, etc.) et sa fondation. Dernièrement, il a voyagé en famille en Thaïlande et est en ce moment en Californie où il a fait une apparition sur le tapis rouge des Oscars avant éventuellement de faire un petit tour du côté d'Indian Wells, qui sait ? Car s'il n'a plus vraiment le temps de regarder les matches, le Bâlois suit les résultats du circuit et garde un œil sur ses anciens rivaux. Détaché personnellement de toute compétition désormais, il apprécie d'autant plus ce qu'ils sont encore capables de faire.
"J'ai connu le circuit avant eux, c'est normal qu'ils le connaissent après moi. (…) Je suis ça et j'adore voir Novak (Djokovic) aller toujours plus loin. Il continue à battre les records. En ce qui concerne Rafa (Nadal), je me suis senti triste pour lui parce qu'il n'a pas quasiment pas pu jouer du tout ces derniers temps. J'espère qu'il pourra faire ce qu'il veut cet été, parce que même si j'ai un bon pressentiment, je sais qu'il a dû se retirer de Doha et Indian Wells. Mais j'ai encore beaucoup d'espoir de le voir raccrocher les wagons et repartir pour un tour", a-t-il lâché.
Esthète dans l'âme, Federer n'a pas pu réprimer un petit pincement au cœur quand il a constaté qu'il n'y avait plus de revers à une main dans le Top 10 mondial depuis que Stefanos Tsitsipas en est sorti. De ce point de vue, il sait son héritage en péril. Et ironiquement, il ne l'a lui-même pas transmis puisque ses quatre enfants jouent avec des revers à deux mains. S'il estime que le jeu est entre de bonnes mains avec les Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, il regrette néanmoins son uniformisation.
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"J'aime voir des personnalités et des joueurs athlétiques et explosifs, ce que nous avons de plus en plus sur le circuit de nos jours. Mais parfois j'aimerais que nous ayons un petit peu plus de variété, qu'il y ait un peu plus de jeu au filet, et pas seulement des déplacements latéraux en fond de court, a-t-il enfin insisté. Le problème, c'est que quand vous avez beaucoup de joueurs similaires qui s'affrontent, beaucoup de points se jouent de la même manière. Et quand j'étais sur le circuit, je savais que mon adversaire voulait que chaque point soit joué de la même manière. Ce qu'il ne voulait pas, c'étaient des changements de rythme et de la variété."
De là à vouloir influencer l'évolution du tennis en s'y replongeant pleinement dans un rôle de coach par exemple ? Ce n'est pas d'actualité, du moins pour le moment.
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