Roland-Garros 2025 - "Pourquoi pas gagner" : Loïs Boisson, naturelle et ambitieuse

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Pour son premier tournoi du Grand Chelem, Loïs Boisson a encore épaté Roland-Garros ce lundi en venant à bout de la N.3 mondiale Jessica Pegula 3-6, 6-4, 6-4 en 8e de finale. Mais la Française de 22 ans se montre d'une sérénité à toute épreuve. Confiante à ses qualités sur cette terre battue qu'elle apprécie tant, elle ne veut d'ailleurs pas s'arrêter là même si elle a déjà remonté le temps.

"J'ai l'impression qu'un camion me passe dessus tellement Loïs frappe fort"

Video credit: Eurosport

"J'espère gagner", a-t-elle lancé d'emblée sur le court après sa victoire tonitruante sur Jessica Pegula 3-6, 6-4, 6-4. Loïs Boisson est comme ça. Simple et naturelle. Comme si la pression coulait sur elle. Et que la grandeur de Roland-Garros ou de ce court Philippe-Chatrier surdimensionné quand on est 361e mondiale n'ont pas d'effet sur elle. Mais voilà, la Dijonnaise traverse ce Roland-Garros comme si de rien n'était. Aussi sereine que déroutante pour ses adversaires. "Gagner Roland, c'est un rêve et un objectif. Être en quart, c'est une étape, a-t-elle ajouté en conférence de presse. J’espère aller plus loin et pourquoi pas gagner, si je peux. En tout cas, je ferai de mon mieux."
C'est assumé. Tranquillement. Et autant l'avouer, ça fait plaisir de voir une Française aussi rafraichissante et décomplexée. Mais c'est aussi sûrement pour cela que Loïs Boisson trace sa route et fait mentir tous les pronostics dans ce Roland-Garros 2025, son premier tournoi du Grand Chelem. Celle qui a été invitée par les organisateurs et était inconnue du grand public avant le début de ce tournoi ne semble en effet jamais subir la pression comme d'autres avant elle. "Je suis rentrée sans plus de pression que sur les autres matches. Mon bras était assez libre", explique-t-elle après ce premier match sur le central de Roland.

Avant Roland, "j'ai vu que j'avais le niveau"

Alors, imperméable à la pression ? On n'ira pas jusque-là. Mais celle qui devient la première Française en quarts de finale à Roland depuis 2017 et la première en ayant bénéficié d'une "wild-card" depuis 2002 et Mary Pierce, l'avoue d'ailleurs : si elle a parfaitement géré son match – "J'ai essayé de rester calme. Et de penser à ce qu'il fallait faire sur le point d'après" -, la protégée de Florian Reynet a subi un peu la pression lors des derniers jeux du troisième set. "Sur les deux derniers jeux, j'ai fait des petites erreurs avec la pression, confie-t-elle. Sur la balle de match, j'étais tendue. Tout s'est libéré quand j'ai vu que mon coup était gagnant. J'étais tellement heureuse."
Sans complexe, Loïs Boisson voit d'ailleurs sa confiance grandir jour après jour. Et ça a commencé juste avant cette édition de Roland-Garros elle qui a été fauchée par une blessure à un ligament croisé en 2024 et n'est revenue à la compétition qu'en février. Car avant de découvrir l'ambiance d'un Grand Chelem, elle s'est aperçue qu'elle n'était pas larguée face aux meilleures, loin de là. "Je n'ai pas encore beaucoup joué avec des filles du Top 50, même à l'entraînement. Le fait d'avoir fait une semaine d'entraînement en jouant avec ces filles tous les jours, cela m'a apporté de la confiance. Je voyais que j'avais le niveau et que tous les entraînements se passaient bien. Cela m'a beaucoup aidée de faire cette semaine d'entraînement avant le tournoi."
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Plus je joue des matches ici, mieux je me sens
Amoureuse de terre battue - "sa surface préférée" – et avec son "coup droit puissant" dixit Pegula ou sa belle variété de jeu, la Dijonnaise ne cesse depuis d'engranger. De l'expérience et de la confiance. "Plus je joue des matches ici, mieux je me sens", prévient-elle ainsi. Et c'est d'autant plus vrai qu'elle parvient à se nourrir de l'ambiance et de l'appui du public, qui était au rendez-vous à partir d deuxième set ce mardi dans un Chatrier devenu bouillant après avoir sonné creux lors des premiers jeux.
"Au troisième set, c'était incroyable. Sur les points chauds, ils étaient vraiment là. C'était génial", apprécie-t-elle. Mais la jeune Française garde aussi les pieds sur terre, alors qu'elle disputera à la Russe Mirra Andreeva (6e) une place en demi-finale. "Ce n'est pas parce qu'on bat la 3e mondiale que la 6e va être moins forte", prévient-elle. Posée. Même si maintenant, elle sait que rien n'est impossible pour elle. Ce qu'elle semblait déjà convaincue depuis plusieurs jours maintenant.
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