Les surprises du chef

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Guillermo Coria, qui a sorti Andre Agassi, mardi à Roland-Garros, et Martin Verkerk, tombeur de Carlos Moya, sont les deux grosses surprises de ces quarts de finale. L'Argentin et le Hollandais accèdent pour la première fois de leur carrière au dernier ca

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Crédit: Eurosport

G. Coria (Arg, n°7) bat A. Agassi (Usa, n°2) 4-6, 6-3, 6-2, 6-4.
Au printemps 1990, Guillermo Coria usait ses tennis sur les courts de Rufino, en Argentine, avec l'insouciance de ses huit ans. Le même jour, peut-être, Andre Agassi atteignait sa première finale à Roland-Garros et se faisait un surnom : le Kid de Las Vegas. Treize ans après, l'Argentin s'offre "son modèle, l'idole de son enfance" sur la brique pilée du Court Philippe-Chartrier en proposant un tennis fantastique.
Et, s'il n'y a plus de respect pour les aînés, le fait qu'Agassi, 33 ans, soit stoppé pour la 3e fois consécutive à ce stade de la compétition devrait lui rendre la pilule moins amère.
Tout aurait même plus aller plus vite. Parti sur les chapeaux de roue, breakant d'entrée de jeu, Coria mena 4-1. Le temps de se frotter les yeux, de réaliser qu'il était en route pour une demi-finale de Grand Chelem et Agassi, à grand renfort d'astuces tactiques, passait devant pour boucler la première manche 4-6 en 39 minutes.
Mais ce n'était sans doute que l'hallali. Car, même si chaque point fut une lutte sans merci, si chaque jeu une perle de tennis stratégique et physique, la rencontre tourna irrémédiablement à l'avantage du récent vainqueur du Masters Series de Hambourg.
A grands coups de revers décroisés, Coria prend un net ascendant dans le second acte (5-1), qu'Agassi ne grignotera jamais tout à fait malgré les occasions (6-3). Marquant le pas physiquement dans le troisième set, lassé de voir ce lynx bondir de part et d'autre du court pour asséner des coups gagnants dans toutes les positions, Agassi lâcha un peu la bride.
La 4e manche confirmera la tendance, sur un mode différent, chaque joueur ne parvenant pas à empocher sa mise en jeu, jusqu'au 4e jeu (2-2). Côte à côte encore à l'entame du 9e jeu, Coria réalisait le break qui fait sourire, puis s'envolait vers les demi-finales sur la 75e faute directe de l'Américain.
M. VERKERK (Pbs) bat C. Moya (Esp, n°4) 6-3, 6-4, 5-7, 4-6, 8-6.
Le premier grand exploit du tournoi a eu lieu ce mardi sur le court Suzanne Lenglen. Martin Verkerk, excellent sur terre ces dernières saisons a fait chuter de la plus belle des manières la tête de série numéro 4, le favori Carlos Moya. En s'appuyant sur un service puissant, le Néerlandais a surpris l'Espagnol dès les premiers jeux. Il a mené 3-0, puis 5-2 avant de conclure à 6-3. Idem au 2e set, il a breaké à 3-2 et enfoncé le clou à 6-4.
Deux sets derrière lui, un joueur euphorique, intenable face à lui, Moya a eu un mérite extraordinaire dans la 3e manche : il a tenu jusqu'à 5-5, puis à fait le dos rond pour passer in extremis en tête 6-5 et profité d'un petit coup de stress et d'une 7e double faute pour inscrire son premier set.Battu par Canas en cinq sets l'an dernier, Carlos Moya n'a pas eu un seul tour facile cette année. Freiné par Volandri, Accroché par Chela, et poussé dans des échanges intenses par Novak, le vainqueur du tournoi de Buenos Aires et de Barcelone a dû puiser dans ses ressources.
Ce troisième set a duré 56 minutes et la vitesse des services de Verkerk ne diminue pas.
Avec une première balle à 214 km/h, il avait remporté le second set, mais la puissance ets un atout qui ne remplace pas l'expérience. Moya dans la quatrième manche, contrôle toujours la partie, ou du moins, les échanges.
Car ce qu'il y a de particulier à noter dans le jeu de Hollandais, qui ne doit rien à Krajicek le dernier joueur des Pays-Bas à avoir fait vibrer Paris, c'est une capacité à accélérer en bout de course. Tous ses adversaires sont tombés dans le piège. Avec une prise extrêmement fermée,
Il prend les balles assez tard, mais ne les fouettent que mieux. Dominé dans l'échange par un Moya, souvent en panne de profondeur dans l'axe, il a réussi des passings gagnants aussi nombreux qu'époustouflants.
Dans la manche décisive, Moya a manqué d'inspiration. Mais Verker s'est montré irréprochable. Il ne doit pas sa victoire à une faiblesse de son adversaire, mais peut être fier de son exploit. Un exploit de plus pourrait-on dire tant le Néerlandais enchaîne les premières sur ce tournoi : premier match remporté sur un Grand Chelem, premier (et donc deuxième aujourd'hui) match gagné en cinq sets, et troisième tête de série vaincue après Spadea et Schuettler. Il en éclipserait presque le parcours d'un certain Guillermo Coria, qu'il retrouvera en demi-finale.
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