Jacques Henri Lartigue aurait photographié Roger Federer. Face au joueur le plus élégant de sa génération, dont le jeu combine à merveille efficacité moderne, préparations courtes, et jeu de jambes à l'ancienne, il aurait capturé le meilleur du tennis actuel.

Une exposition emblématique du Tenniseum

Roland-Garros
Jouanno vote Auteuil
03/12/2010 À 15:46

"Peinture, photographie, écriture, je ne fais aucune hiérarchie. Ce sont des moyens d'expression différents pour une fin, retenir ce qui sans cesse passe. Si cela va très vite, je choisis la photo, parce que c'est l'art du fugitif."

Cette citation résume parfaitement les paradoxes du Tenniseum, qui accueille sa troisième exposition thématique : "Lartigue, l'art du fugitif." Cette exposition emblématique permet à chacun non seulement de découvrir un artiste mais aussi de découvrir les origines d'un sport et de comprendre la raison d'être d'un Musée du sport.

Premier musée multimédia du tennis, le Tenniseum a ouvert ses portes au public le 25 mai 2003 sous l'impulsion notamment de Jean-Christophe Piffaut. Sa mission est avant tout d'ouvrir les portes de Roland-Garros en dehors des Internationaux de France, et d'offrir au public à la fois un lieu d'exposition et une médiathèque.

JACQUES HENRI LARTIGUE enfant, avant même d'utiliser un appareil photographique, avait inventé un "piège d'ange" : "En regardant ce que je veux attraper, je cligne trois fois mes yeux, je les écarquille, je fais un tour sur moi-même et hop ! L'image est attrapée !"

Après une exposition dédiée aux objets* du tennis et une autre aux affiches*, le Tenniseum a trouvé le moyen d'utiliser son exceptionnel fonds documentaire, en association avec la Donation Jacques Henri Lartigue.

Lartigue est un témoin formidable du début du vingtième siècle. L'essor de la photographie y correspond à l'essor du sport. Récent phénomène de société, il symbolise la fascination pour la vitesse, l'effort et les nouvelles technologies*.

De Suzanne Lenglen au magazine LIFE

Dès son enfance, Lartigue est fasciné par le sport. Né dans un monde "protégé du besoin financier", il découvre en même temps l'automobile, le cinématographe, l'électricité, le téléphone... et les champions de son temps dont Suzanne Lenglen.

Il prend très tôt des images ingénieuses qui sont un moyen très personnel de suspendre le temps. Ces photos, qui collent à l'actualité, seront remarquées vers 1912 (par la revue Tennis et Golf notamment). 50 ans plus tard, il fera la couverture de l'illustre magazine LIFE.

A regarder ses images, dont les personnages en suspension semblent défier la nostalgie qui les guettent, on comprend que certains joueurs de tennis ou sportifs puissent autant marquer leur époque. Assuremment, Federer et Nadal auraient aimé être photographiés par Jacques Henri Lartigue ce dimanche 11 juin.

L'exposition est ouverte du 11 mars au 31 décembre 2006

1* : "100 objets, 100 histoires de tennis"2* : "25 ans d'affiches d'art contemporain"3* : Le court N.1 à Roland-Garros a été construit en lieu et place de l'Institut Jules-Estiennes Marey.

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