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Federer : "Une défaite cuisante"

Federer : "Une défaite cuisante"
Par Eurosport

Le 09/06/2008 à 11:00Mis à jour

Avec seulement quatre jeux inscrits en finale de Roland-Garros face à Rafael Nadal, Roger Federer n'a pu que reconnaître un peu plus la suprématie de l'Espagnol sur terre battue. Et a hâte de débuter la saison sur gazon, histoire d'oublier sa plus grosse

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ROLAND-GARROS - Finale messieurs

En arrivant sur le court, nous n'envisagiez pas ce scénario ?

R.F. : Non, pas du tout. J'attendais un meilleur résultat, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Rafa a très bien joué, il m'a mené la vie dure. Il a été meilleur que moi, c'est tout. C'est une défaite cuisante. J'ai essayé, mais cela n'a pas suffi.

Quand avez-vous réalisé que c'était un excellent Nadal qui était en face de vous ?

R.F. : Il a certainement bien commencé. Je ne pense pas avoir mal servi, ce n'était pas mal. Il a encore progressé en retour. J'avais vraiment de la peine à prendre l'avantage avec mon service, plus que d'habitude. Cela m'a coûté le match. Je peux gagner mes jeux de service, j'ai toujours une chance sur les jeux de retour. Quand il breake sans arrêt, c'est tellement difficile de jouer contre lui. J'étais mené deux sets à zéro, 4/0, ce n'est pas très drôle.

Pensez-vous que Rafael Nadal est plus fort que l'année précédente ?

R.F. : Je pense qu'il a fait un tournoi remarquable. Il a dominé tout le monde. Au cours des deux dernières semaines, il n'a pas eu d'adversaires à la hauteur. Il s'est amélioré. Il joue maintenant différemment depuis notre demi-finale en 2005. Il a un meilleur jeu de défense et d'attaque. Quand il joue son jeu, il peut dicter le jeu de la ligne du fond du court. C'est dur pour l'adversaire, c'est clair.

A 3-3 au deuxième set, vous avez manqué une balle de break pour mener 4-3 d'un revers. Pendez-vous également que ce coup conditionne la suite du match ?

R.F. : Oui, c'était un jeu clef. J'ai raté ce revers. Je l'ai mis dans le filet. Que peut-on faire ? On ne peut rien faire. C'était ma meilleure chance. Je ne sais pas si j'aurais pu renverser la vapeur en remportant ce point. J'étais très loin de lui aujourd'hui. C'est décevant. Au cours des dernières semaines et des derniers mois, j'avais le sentiment de bien jouer. Nous sommes très heureux des efforts que j'avais faits depuis le début de l'année. Malheureusement, j'ai perdu. C'est une défaite cuisante, comme je l'ai dit, mais c'est la vie. Bien sûr, je vais essayer l'année prochaine et me reprendre.

Vous avez commis 35 fautes directes. Pourquoi cela ? Avez-vous commis des fautes non provoquées parce que la balle de Rafael rebondit très haut ?

R.F. : Peu importe ce qui s'est passé. Maintenant, le match est terminé. La saison sur terre battue est achevée. Il est difficile de trouver des réponses à ces questions, d'analyser le match maintenant. J'aurais souhaité un résultat différent, bien sûr. J'aurais préféré mieux commencer, comme au cours des dernières années, mais Rafael a régné en maître sur le court aujourd'hui.

Il n'a pas fait de fautes directes. Lorsqu'il attaque, il est absolument incroyable. En matière de défense, il a des coups incroyables. Je ne peux que le féliciter pour le niveau de jeu qu'il a produit aujourd'hui et au cours de ces deux dernières semaines. Il gère très bien la pression. On a l'impression que c'est très facile pour lui. Pour parvenir à une telle performance sous pression, cela montre quel champion il est.

On ne vous sent pas accablez plus que ça par cette défaite ?

R.F. : Si, quand même. Comme je vous disais, c'est une grosse défaite, mais c'est comme ça, je ne peux rien faire pour changer cela. Pour moi, c'est un bon tournoi dans l'ensemble. Je pars de ce tournoi avec un état d'esprit positif. Je ne me dis pas : "Oh, mon Dieu, je n'avais pas de chance aujourd'hui." J'ai eu une chance au deuxième set. Peu importe. J'attends avec impatience la saison sur gazon et la deuxième partie de la saison. J'espère qu'elle sera meilleure que la première partie de la saison.

Cette défaite met-elle à mal votre conviction selon laquelle vous pourriez un jour remporter ce tournoi ?

R.F. : Après une défaite de ce type, on n'a pas envie de jouer contre Rafael le lendemain ! J'espère être là l'année prochaine. Rafael sera là également. Ce n'est pas facile, mais je pense que j'avais le bon état d'esprit. Je travaille d'arrache-pied. Je vais essayer d'avoir une saison régulière, sans avoir des ratés comme cela a été le cas en début d'année. J'espère être encore meilleur l'année prochaine que cette année. J'ai l'impression que je m'améliore. On verra ce qui se passera l'année prochaine.

Vous risquez de le jouer peut-être dans quatre semaines. Pensez-vous que vous aurez un avantage psychologique à Wimbledon dans quatre semaines ?

R.F. : Je l'ai déjà battu en finale, Rafael, je lui ai déjà infligé un 6/0, je l'ai déjà battu très facilement, lors de matches précédents. Sur terre battue, il me donne du fil à retordre. Depuis 5 ou 6 ans, je n'ai pas perdu à Wimbledon sur gazon. Sur le gazon, je suis le grand favori. La terre battue et le gazon sont des surfaces très différentes. Si je devais perdre à Wimbledon, les faits seraient différents.

Allez-vous continuer à travailler avec Higueras ?

R.F. : Oui, au début de Roland-Garros, nous en avons parlé avec Jose. Il va venir à Halle avec moi. Il sera à mes côtés à Wimbledon. On va s'entretenir pour les prochaines semaines. On va voir comment cela se passera pour le reste de l'année. Il sera vraisemblablement avec moi.

On est en 2009, un petit génie vient vous voir et vous dit : "Cette année, vous n'allez gagner qu'un tournoi. Vous pouvez choisir entre Wimbledon et Roland-Garros." Quel tournoi choisissez-vous ?

R.F. : Je ne réponds plus à ces questions. Elles sont trop "cons".

Pourquoi pas Roland-Garros ?

R.F. Parce que je veux tout gagner. Je n'ai pas de préférence.

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