Eurosport
Henin transition transie
Par
Publié 31/05/2010 à 18:40 GMT+2
Le soleil a quitté Roland-Garros, et Justine Henin l'a suivi. Après quatre jours de compétition consécutive, dont un duel stressant face à Maria Sharapova, celle qui n'avait plus perdu depuis 2004 à Paris, a dû admettre la défaite. L'heure n'est pas à rêver de Wimbledon, mais au travail.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Il fait presque froid à Roland-Garros, mais il ne pleut pas. Et si Jelena Jankovic a sorti son ciré jaune sur le central, c'est Justine Henin qui a pris une douche froide sur le Lenglen. Pour la première fois depuis 2004 et une défaite au 2e tour devant Tathiana Garbin, la Belge a connu la défaite à Paris. Une expérience nouvelle : "C'est difficile à accepter, je voulais vraiment continuer ici, mais j'y vois aussi des points positifs : je vois ce qu'il me reste à apprendre." Depuis son retour à la compétition après deux ans d'absence, Henin fait tout pour vivre sa seconde carrière différemment. Elle ne se situe plus dans le flux du calendrier, elle veut voir plus loin. Pour l'instant, elle ne voit pas le bout des tournois.
Son adversaire, Samantha Stosur a-t-elle joué le match de sa vie ce lundi ? Pas vraiment. Elle a simplement produit ce qu'elle sait faire depuis une saison : un tennis aride comme un désert australien, mais aussi résistant aux lifts que Crocodile Dundee au ridicule. "Elle a été très régulière. Elle est restée calme, tranquille, c’est une très bonne joueuse", constate sans euphorie Justine en conférence de presse. On comprend : "Je l'aurais battue si j'avais mieux joué". Mais Justine prend de la hauteur en permanence.
"2010, c'est trop tôt"
Sur le match : "Elle a été meilleure que moi à partir du début du deuxième set, elle a contrôlé les échanges". Et surtout sur son propre niveau de jeu : "Je savais que cela (revenir, ndlr) allait être très difficile, c'est dans ces moments là qu'il faut que je m'accroche et je vais m'accrocher." Techniquement, physiquement, elle balaie poliment les questions de cet ordre : "Ce n'est pas le moment de parler tennis." Ce qui manque aujourd'hui, c'est la confiance accumulée pendant des années" qui lui avait permis d'être invincible à Paris au milieu des années 2000.
Pour retrouver, la confiance, "il faut du temps", rabâche-t-elle. Et pendant ce temps, il faut apprendre à perdre. "C'est difficile de perdre sans donner le meilleur", avoue-elle. Surtout quand "son" meilleur a été le meilleur du monde ! A Paris, Justine a souffert "nerveusement". Déjà émue lors de son premier match, elle n'a pas eu le temps en raison d'une programmation chamboulée de se refaire une santé après sa victoire sur Maria Sharapova (jouée sur deux jours, dans le froid et l'obscurité) : "J’étais très nerveuse aujourd'hui, je me suis d’ailleurs énervée, ce qui est très rare chez moi. L’enchaînement des rencontres n’était pas simple à gérer. J’ai laissé beaucoup d’énergie émotionnellement lors de ma rencontre face à Sharapova."
Faut-il donc s'inquiéter pour Justine ? Ne retrouvera-t-elle jamais le niveau qui était le sien ? Là encore, c'est la sagesse qui parle : "Il ne faut pas dramatiser. J'avais imaginé que cette saison serait une saison de transition, j'ai encore beaucoup de choses à travailler." Envolé donc le rêve de gagner Wimbledon (le seul tournoi du Grand Chelem qu'elle n'a jamais gagné, ) en 2010 ? "J'ai des ambitions nouvelles. Je ne vais prendre qu'un jour ou deux de repos pour me préparer, et à Wimbledon, c'est probablement un peu tôt pour dire que je vais gagner. J'irai avant tout pour prendre du plaisir."
Justine, saisie par le froid et la nervosité cette fois-ci, se veut pourtant sage et sereine sur le long terme. Mats Wilander, qui avait noté cette attitude, se demandait récemment si une telle façon de voir était compatible avec la vie sur le circuit pour une championne comme Henin. La Wallonne veut se donner le temps de réussir à concilier ce stress inhérent à la compétition et la plénitude de la joueuse qu'elle est redevenue.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité