Nadal au presque parfait

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Pour la 5e fois de sa carrière, Rafael Nadal sera présent en finale à Roland-Garros. L'Espagnol a disposé de l'Autrichien Jurgen Melzer en trois sets (6-2, 6-3, 7-6) vendredi. Archi-dominateur, il a toutefois eu du mal à conclure son match. Il retrouvera Robin Söderling dimanche.

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Crédit: Eurosport

Mine de rien, il attendait ça depuis le mois de janvier 2009. 17 mois sans finale en Grand Chelem, la disette était totalement inédite par son ampleur pour Rafael Nadal depuis sa première couronne majeure, en 2005. L'anomalie est désormais réparée. Elle l'a donc été à Roland-Garros. Quoi de plus normal. En son jardin parisien, le champion de Manacor se sent si bien. Il disputera sa cinquième finale sur la terre battue de Roland-Garros dimanche. A 24 ans à peine, c'est tout de même assez exceptionnel. On pourra toujours ergoter sur la qualité de l'opposition durant cette quinzaine, mais il n'a pas perdu le moindre set en six matches.
Le coup n'est pourtant pas passé loin, une fois de plus, vendredi. Face à Jurgen Melzer, Nadal a pourtant longtemps été dix tons au-dessus de son adversaire. Comme prévu. Il menait 6-2, 6-3, 5-4 avec service à suivre. Il ne lui restait plus qu'un petit jeu à gagner pour boucler l'affaire. Puis le numéro 2 mondial a complètement perdu sa concentration. Une vraie saute de tension. Un jeu de service catastrophique, perdu blanc, allait complètement relancer l'Autrichien. Jusqu'ici, il n'y avait pas eu de match. A partir de là, la fin de cette troisième manche fut intense, accrochée et beaucoup plus intéressante que tout ce qui avait précédé. Au point de sortir le public du Chatrier de sa torpeur pour un début de ola !
Trop tranquille au moment de conclure?
Mais à défaut d'avoir su conclure quand tout était trop facile, Nadal a su finir dans la difficulté. Comme face à Nicolas Almagro 48 heures plus tôt, le quadruple vainqueur du tournoi a fait la différence dans le jeu décisif. Mais là encore, ce fut à l'arraché (8-6), non sans avoir gâché deux premières balles de match, dont une sur une double faute, à 6-5. Un drôle de tie-break d'ailleurs, au cours duquel 9 des 14 points joués ont été remportés sur service adverse. Melzer, qui a mené 2-0 puis 4-3 service à suivre, n'a pas su en profiter. Dommage pour l'Autrichien, à qui il n'a pas manqué grand chose pour embarquer son illustre adversaire dans un quatrième set qui aurait pu s'avérer intéressant à suivre.
Jusqu'à ce dénouement surprenant, Nadal avait outrageusement dominé les débats. Il finit sur une impression mitigée. Etait-il trop tendu au moment de terminer le travail? Ou, au contraire, trop tranquille? On pencherait pour la deuxième solution. Lui, en tout cas, se souviendra surtout que pendant deux sets et neuf jeux, il avait dicté le jeu comme il le souhaitait. Dimanche, l'opposition sera toute autre face à Robin Söderling, le seul joueur qui ait réussi à le battre en 38 matches à Roland-Garros. Une victoire lui offrirait un 5e titre à Paris, à une unité du record de Bjorn Borg. Elle lui offrirait la première place du classement mondial, pour la première fois depuis un an. Elle marquerait définitivement son retour au premier plan, après la période la plus délicate de sa jeune carrière. C'est à la fois tout près et encore très loin. Après six matches en forme d'amuse-gueule, Söderling, c'est un menu autrement plus copieux. Entrée-plat-dessert à lui tout seul. Nadal aura-t-il assez d'appétit pour le digérer?
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