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Tsonga, abandon et frustration

Tsonga, abandon et frustration
Par Eurosport

Le 30/05/2010 à 22:25Mis à jour Le 30/05/2010 à 23:49

Victime d'une déchirure musculaire abdominale en début de tournoi parisien, Jo-Wilfried Tsonga a été contraint à l'abandon au 4e tour face à Mikhail Youzhny. Et doit attendre le diagnostic définitif qui devrait tomber lundi. Encore une fois, le Français est rattrapé par le mauvais sort.

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Pour la 6e fois en 10 ans, il n'y aura aucun Tricolore en seconde semaine. Rattrapé par ses problèmes physiques, Jo-Wilfried Tsonga, dernier Français, a été obligé de jeter l'éponge. Pour sa 3e participation à Roland-Garros, le N.1 français attendait un autre dénouement que celui-ci. Certains le voyaient en quart de finale, stade de compétition envisageable vu son statut. Il n'atteindra même pas le seconde semaine. Sa défaite a fini d'assombrir le bilan français. Cette saison, le Manceau ne sera pas l'arbre qui cachera la forêt comme l'a été Gaël Monfils les deux années précédentes.

Mais au-delà du débat sur le problème français avec la terre battue, Tsonga a une nouvelle fois été le principal acteur d'une tragédie dont il se serait bien passé. L'image d'un joueur qui n'en finira jamais avec ses pépins physiques. "Je me prépare toute l'année pour ce genre d'événement et puis quelque chose vient tout gâcher. C'est le tennis, j'en suis le premier désolé", lançait-il en sortant du court central encore sous le choc de la nouvelle. "Le pire, c'est que je peux passer si je n'ai pas mal. Toute la saison, je fais tout pour être au top. J'ai un kiné et un ostéopathe qui me suivent toute l'année. Ce mal récurrent chez moi, ce n'est pas quelque chose que je peux réguler. C'est ça le plus frustrant".

"Un mal que je ne peux pas réguler"

"J'ai ressenti une douleur dès le premier jeu sur une glissade. Au fur et à mesure, la douleur était de plus en plus intense. Je suis allé au bout de moi-même." Conditionné à jouer avec cela depuis son plus jeune âge, souffrant d'une hernie discale pendant de longues années, c'est avec plusieurs saisons de retard qu'il a émergé sur la scène internationale, en janvier 2008 lorsqu'il atteint la finale de l'Open d'Australie. Lui-même pensait que ses soucis étaient derrière lui. Il se trompait, ou alors occultait le problème.

En 2008, peu après Melbourne, il se faisait opérer d'une lésion du ménisque interne droit au mois de mai, le contraignant à déclarer forfait pour Roland-Garros, Wimbledon et les Jeux Olympiques. Son retour fin 2008 était également contrarié par une douleur à l'aine qui le fit abandonner à Tokyo. A côté de cela, 2009 était finalement sa première saison pleine. Sans creux. Ce qui lui a permis de rester parmi les meilleurs joueurs classés à l'ATP. Cette saison était-elle donc une exception qui confirme sa règle ? Tout porte à le croire.

Né pour souffrir ad vitam eternam ?

En 2010, ses débuts à l'Open d'Australie ont déjà donné de nouvelles alertes. Ses deux premiers matches en 5 sets joués face à Almagro et Djokovic ont réveillé des douleurs aux abdominaux avant sa demi-finale face à Roger Federer. Déjà. Sans temps mort, Tsonga a enchaîné les tournois... avant de casser à nouveau à Madrid. Et c'est encore le dos qui trinque. Cette fois-ci, le Français se dit alerte. Il se connaît et argumente que son choix de stopper le tournoi au 2e tour face à Garcia-Lopez, après un set joué, est une prévention.

Son match d'exhibition à Rueil-Malmaison face à Wawrinka lui donne raison. Tout comme son entame de Roland-Garros, un dimanche, malgré sa volonté de ne pas débuter ce jour-là. Encore un match en 5 sets qui réveille une douleur aux fessiers. Puis au psoas, muscle abdominal. Force est donc de constater que le géant français a toujours ses pieds d'argile. Et qu'il va devoir conjuguer cela tout le reste de sa vie professionnelle. En choisissant ses tournois ? En s'économisant un maximum ? En faisant abstraction de la douleur ? Il est évident que Tsonga va devoir choisir.

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