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Tsonga, père courage

Tsonga, père courage
Par Eurosport

Le 28/05/2010 à 15:40Mis à jour Le 28/05/2010 à 23:07

Dernier représentant français dans le tableau masculin, Jo-Wilfried Tsonga a répondu présent vendredi en battant en quatre sets le Néerlandais Thiemo de Bakker (6-7, 7-6, 6-3, 6-4). Une victoire acquise dans la douleur, au propre comme au figuré, puisque JWT était diminué physiquement.

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ROLAND-GARROS - 3e tour messieurs

Jo-Wilfried Tsonga (FRA/N.8) bat Thiemo de Bakker (PB) 6-7 (6/8), 7-6 (7/4), 6-3, 6-4

Fidèle au poste, le Tsonga. Quand le tennis français tombe en lambeau, comme c'est le cas dans ce Roland-Garros 2010, lui tient debout. Péniblement. Victime d'une contracture aux fessiers, le numéro un tricolore a dû se battre contre lui-même et contre son adversaire, Thiemo De Bakker, bien coriace d'ailleurs, pour gagner son troisième match de la semaine. Il était le seul Français encore en vie au troisième tour. Il ira donc au moins un tour plus loin. Fidèle à sa bonne habitude en Grand Chelem, Tsonga gagne les matches qu'il doit gagner. L'avenir dira s'il est capable de remporter aussi ceux qui ne lui sont pas forcément promis.

Battu par de Bakker il y a quelques semaines à Barcelone, Jo-Wilfried Tsonga savait à quoi s'attendre. Il s'attendait à en baver. Mais à la qualité du jeune espoir batave est venu s'ajouter un handicap dont il se serait bien passé. En fin de première manche, Tsonga a commencé à se mouvoir plus péniblement. En le voyant grimacer, on a d'abord pensé au réveil de la lombalgie qui l'avait perturbé juste avant Roland-Garros. C'est en fait une contracture au muscle fessier qui l'a gêné. Alors, quand De Bakker a enlevé la première manche au jeu décisif, on pouvait penser que l'affaire était mal embarquée. Elle l'était d'ailleurs. Et c'est à l'expérience que Tsonga est allé chercher son match.

"Je suis prêt à mourir"

La rencontre a indéniablement basculé en fin de deuxième set. A 6-5 en sa faveur, De Bakker est passé à deux points de mener deux sets à rien quand il s'est retrouvé à égalité sur le service de Tsonga. Tant bien que mal, le Français a tenu. Puis, à 4-4 dans le jeu décisif, le Néerlandais a payé cher ses deux revers mal maitrisés qui ont quasiment offert le tie-break, et le set, à son adversaire. Dès lors, la balance s'est mise à pencher de l'autre côté, de façon assez sensible. Un break d'entrée dans le troisième set allait permettre à Tsonga d'enfoncer le clou. Même scenario dans le quatrième set, qui serait du coup le dernier.

Avec son service (16 aces et 81% de points gagnés derrière sa première balle) et son coup droit (22 points gagnés avec ce coup), Tsonga a tenu. Avec le public, aussi. "Aujourd'hui j'ai tenu grâce à vous, a-t-il lancé au public, tout en étant au bord des larmes. J'avais une contracture à partir de la fin du premier set. J'avais vraiment mal et c'est grâce à vous que j'ai tenu, vous avez été formidables. Je suis prêt à mourir sur le terrain, je suis prêt à aller au bout". Au bout de lui-même, il n'y a aucune raison d'en douter. Au bout du tournoi, c'est beaucoup plus problématique. Peut-il aller beaucoup plus haut? Difficile à dire. En trois matches, il a déjà dépensé beaucoup d'énergie. Trop? Peut-être. En attendant, il est toujours là, et pour le clan français, heureusement qu'il est là.

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