Eurosport
"Nadal est mon vrai rival"
Par
Publié 04/06/2011 à 17:52 GMT+2
Pour Roger Federer, battre Novak Djokovic en demi-finales était dans la logique des choses. Seul Rafael Nadal, quintuple vainqueur Porte d'Auteuil, a l'étoffe d'un véritable adversaire digne de ce nom contre lui en finale de Roland-Garros. Des mots qui annoncent une nouvelle joute mémorable.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Est-ce que votre rencontre face à Novak Djokovic à Paris est le meilleur match sur terre battue de votre carrière ?
R.F. : En termes d'importance, c'était un match immense, un des plus attendus de ma carrière. Cela rend la victoire très spéciale. Je suis très fier de ma performance. C'était un grand match, après que ce soit le N.1, le N.2 ou le N.27, ça m'est complètement égal. Ce qui compte, c'est que joue très bien. Je bouge bien, je ne suis jamais stressé. Le mental est, avec mon physique, un point fort de mon jeu. C'est exactement le match que j'espérais, difficile au début, passer devant et conclure en 4 ou 5 sets. Une chance, j'ai fini le jour même sans avoir besoin de revenir...
En regardant le match, certains d'entre nous se sont dit que c'est du tennis "vintage", comme en 2008. Êtes-vous d'accord avec cela ?
R.F. : Oui, éventuellement. Mais je n'ai quand même pas disparu depuis 2008, j'ai quand même joué quelques bons matches et fait quelques sacrifices aussi, je n'étais pas en train de me bronzer sur la plage. Je suis ravi d'avoir fait ces efforts qui m'amènent encore en finale cette année. Surtout comme un match compte comme cette demi-finale a compté.
Avez-vous conscience d'avoir réussi un match d'un niveau exceptionnel ?
R.F. : Oui tout de même ! C'est tout de même nous qui avons couru. J'ai bien conscience que, parfois, il fallait faire un point de dingue pour le remporter. On a évolué à un très haut niveau pendant très longtemps. Je voulais rendre le combat le plus physique possible. Le premier set a été immense. Je sais que Novak avait beaucoup de pression en entrant sur le court et je trouve qu'il l'a très bien gérée. Il a pratiquement poussé jusqu'au 5e set. J'ai été ravi de jouer contre lui. Je lui ai dit que son record parle tout seul. On a fait un super match, je me suis régalé, je m'estime privilégié de pouvoir vivre de tels moments.
Quelles ont été les clés de la victoire ?
R.F. : La fin du premier set et le début du deuxième ont été déterminants. Je ne donne pas facilement un match quand j'ai deux sets d'avance. Honnêtement j'étais confiant, je n'ai jamais pensé que ce match pouvait m'échapper. A la fin, ça a été un combat mental aussi. On savait qu'à la fin du quatrième set c'était fini quoiqu'il arrive, à cause de l'obscurité. Il y avait cette menace de devoir revenir demain. Je suis soulagé que ce ne soit pas le cas.
Cela faisait un an et demi que vous n'aviez pas atteint la finale d'un Grand Chelem (depuis l'Open d'Australie). Le temps ne vous a pas paru long ?
R.F. : Non pas vraiment. A un point près, je serais passé à l'US Open... Novak avait très bien joué à New York, puis à Melbourne en début de saison. Maintenant, c'est mon tour. Cette finale face à Rafa, je vais vraiment l'apprécier. Je pense que j'ai une bonne chance de gagner même s'il est au meilleur de sa forme.
Comment voyez-vous la finale contre Nadal ?
R.F. : J'attends ça avec impatience car Rafa est mon véritable rival depuis toutes ces années. Pour qu'une finale de Roland-Garros soit vraiment spéciale, il a besoin d'être en finale. C'est l'affiche que j'espérais. Je sais que ce ne sera pas une promenade de santé. Mais même quand je n'ai gagné que quatre jeux contre lui en 2008, je ne me suis jamais découragé. C'est pourquoi j'ai gagné ici en 2009 un des titres les plus importants de ma vie. Là, j'ai une nouvelle opportunité. Je sais que je vais devoir jouer un tennis extraordinaire pour soulever la Coupe à nouveau.
Le public vous a beaucoup aidé durant cette quinzaine ?
R.F. : Beaucoup même. La façon dont le public me soutient ici est phénoménale. Ce serait normal en Suisse, quand je joue là-bas, que les gens soient derrière moi, mais on n'a pas de Grand Chelem chez nous. Alors recevoir une telle ovation à l'étranger, ça me rend très heureux et très fier. Cela nourrit ma motivation dans le match même, mais aussi pour continuer à jouer le plus longtemps possible et à voyager tout au long de l'année.
Certains font des traces avec leur raquette sur le court ou envoient des baisers pour remercier le public. Vous n'avez jamais pensé à faire quelque chose en particulier ?
R.F. : Si, améliorer mon français... Je fais encore plein de fautes. Je n'ai pas l'impression de devoir faire quelques chose en particulier. Les gens savent à quel point j'adore Roland-Garros, à quel point ce tournoi me tient à coeur, ça suffit largement.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité