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Et Djokovic fit taire Roland-Garros...

Et Djokovic fit taire Roland-Garros...
Par Eurosport

Le 05/06/2012 à 19:06Mis à jour Le 05/06/2012 à 21:55

Novak Djokovic a sauvé quatre balles de match contre Jo-Wilfried Tsonga (6-1, 5-7, 5-7, 7-6, 6-1). Il retrouvera Federer en demi-finales. Malmené pendant trois sets, le numéro un mondial reste en course pour réaliser son "Djoko Slam".

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C'était à la fois beau et cruel. Beau, parce que Jo-Wilfried Tsonga a offert un grand moment de tennis. Un grand moment de sport, même. Beau, parce que jamais il n'avait atteint ni même approché, de près ou de loin, un tel niveau de jeu sur terre battue. Beau, parce qu'il y a tout eu. Du suspense, une intensité dramatique progressive, quelques points de folie. Beau, parce que Novak Djokovic a été immense dans la difficulté, dans l'adversité, en écartant quatre balles de match. Il a gagné en immense champion. Mais cette magnifique pièce en cinq actes a fini en forme de tragédie cruelle pour Tsonga, finalement vaincu lorsque le rideau est tombé sur le central. Jo-Wilfried Tsonga est donc passé à un point du plus grand moment de sa carrière.

Peut-être pas son plus grand exploit, cela se discute, car le bonhomme avait quand même déjà désintégré Rafael Nadal en Australie en 2008 et battu Roger Federer à Wimbledon en 2011. Ce n'est pas rien. Mais s'offrir le numéro un mondial à Roland-Garros, devant son public, ça n'a pas de prix. Il repensera donc longtemps à ces quatre balles de match obtenues en fin de quatrième set, à chaque fois sur le service de Djokovic. Deux à 5-4, deux autres à 6-5. Sur trois d'entre elles, il n'y eut rien à faire, tant le Serbe s'est montré admirable de cran et de maîtrise. Reste la dernière. L'avant-dernière plus exactement, dans le douzième jeu. Là, le Français a eu sa chance. D'un coup droit, il a sorti Djokovic du court. D'un autre, il aurait pu l'ajuster long de ligne mais la balle est restée scotchée dans la bande.

A armes égales

Malgré ce quadruple coup dur, JWT a trouvé les ressources pour repartir de l'avant dans un tie-break irrespirable disputé sous la pluie, au cours duquel il a mené 4-2. Là, il peut nourrir davantage de regrets que sur les balles de match, notamment sur ses deux points de service perdus à 4-3, où il est resté trop passif, lui qui avait été si remarquable d'audace jusque là. Il a fallu trois balles de set au numéro un mondial pour conclure mais lorsqu'il a mis ce jeu décisif dans sa poche (8-6), Djokovic a fait coup double. Il a coupé les jambes de Tsonga et la voix du public. Sur ce court rendu lourd et collant par la pluie, tout ce qu'il déteste, le numéro un français n'avait plus les moyens de lutter. Son break concédé d'entrée de cinquième manche a scellé, pour de bon cette fois, le sort de ce grand match.

Car il ne faudra pas oublier qu'avant de passer à côté d'une performance historique (aucun Français n'a battu le numéro un mondial à Roland-Garros depuis la victoire de... Christophe Roger-Vasselin contre Jimmy Connors en 1983), Tsonga était parti pour prendre une belle raclée. Inhibé, il a vu les jeux défiler jusqu'à ce qu'un point de folie ne réveille le public et lance pour de bon son match. Djokovic menait alors 6-1, 3-1 et il fallait posséder un sixième et même un septième sens pour prédire ce qui allait se passer. Une fois libéré, Tsonga a lutté à armes égales et le "Joker", qui accuse manifestement un déficit de confiance au cours de cette quinzaine, a commencé à piocher. Par deux fois, dans les deuxième et troisième manches, il a été breaké alors qu'il servait pour rester dans le set. Il s'en est fallu d'un point, d'une frappe, que le même sort ne l'attende au quatrième. Un point, tout ce qui sépare ce soir Jo-Wilfried Tsonga et Novak Djokovic. Oui, c'était vraiment beau et c'était grand. Dans cette grandeur, ils étaient deux. Mais dans sa détresse, Tsonga est tout seul.

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