Federer à sa place

Federer à sa place
Par Eurosport

Le 09/06/2012 à 02:35Mis à jour Le 09/06/2012 à 02:44

Globalement décevant tout au long du tournoi, Roger Federer l'a été plus encore en demi-finale face à Novak Djokovic. Il ne pouvait espérer mieux de son Roland-Garros. Il reste en retrait du tandem Djoko-Nadal et devra afficher un autre niveau de jeu cet été s'il veut reconquérir la première place.

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Evidemment, le contraste est saisissant. Il y a tout juste un an, Roger Federer avait sorti un amour de match pour battre Novak Djokovic en demi-finale de Roland-Garros. Le match de l'année. Probablement son meilleur match en Grand Chelem de ces 30 derniers mois. Douze mois plus tard, même endroit, même tour, même adversaire. Cette fois, le Suisse a livré une bouillie de match. Des 31 demi-finales de son abondante carrière, celle-ci restera comme une des pires. Federer est passé complètement à côté de son match vendredi sur le court central. Pour la troisième fois consécutive, et la cinquième sur les sept derniers Grands Chelems, il échoue aux portes de la finale.

Sur ce tournoi, il est à sa place, sans le moindre doute. Son niveau de performance global ne lui permettait pas de viser autre chose. "Dans l'ensemble, ces deux semaines ont été difficiles pour moi", a-t-il admis après sa défaite en trois sets contre Djokovic. Je me suis posé plein de questions, mais un moment donné il faut arrêter et seulement jouer. C'est ce que j'ai essayé de faire." Le numéro trois mondial avait bénéficié d'un tableau plutôt clément jusqu'aux quarts de finale, mais les sets perdus contre Ungur, Mahut et Goffin, trois joueurs classés entre la 89e et la 109e place mondiale, ne présageaient rien de bon.

Un été décisif

Même son quart de finale victorieux face à Juan Martin Del Potro, où il avait pris le dessus physiquement plus que tennistiquement, n'avait pas totalement rassuré. Federer l'avait dit, l'important pour lui était de sortir le gros match "le jour où il faut le sortir". Mais face à Djokovic, il n'a pas pu, pas su le faire. "J'ai essayé de faire de mon mieux mais ça n'est pas bien passé pour moi, constate-t-il. Novak était meilleur que moi." Certes, on pourra toujours épiloguer sur ses occasions manquées, sur ce break d'avance dans le premier set et surtout ces trois breaks réalisés dans le deuxième. Mais à force de multiplier les fautes directes (46 au total, ce qui est colossal en trois manches), Federer a donné le bâton pour se faire battre. "C'était un peu dur de perdre le deuxième set comme ça, après, je n'avais plus les ressources pour revenir", explique-t-il.

Compte tenu de ce qu'il a produit au cours de ce tournoi, cette demi-finale constitue presque un moindre mal. Federer n'a d'ailleurs pas voulu dramatiser. Dans l'absolu comme dans le contexte actuel, il estime ne pas avoir à rougir. "Atteindre les demi-finales, pour n'importe quel joueur, même pour moi, ce n'est pas un mauvais résultat, juge-t-il, expliquant que c'était "le résultat minimum" qu'il souhaitait obtenir ici. Plus, ce n'était pas raisonnablement envisageable. "J'aurais espéré mieux ici à Roland-Garros, où j'ai tellement de soutien de la part du public. J'ai gagné le titre en 2009, on veut toujours revivre ces moments là mais malheureusement, ce n'était pas possible cette quinzaine." Entre vouloir et pouvoir, il y a une marge.

Sa saison sur terre battue apparaît correcte, avec une victoire à Madrid et deux demies à Rome et Paris, mais son double échec contre Djokovic dans ces deux tournois constitue forcément une limite à son bilan printanier. "C'est une bonne saison sur terre même si je termine sur une défaite et ça me donne plutôt confiance avant d'aller sur le gazon", estime-t-il. Ce gazon qui a fait sa gloire mais où il reste sur deux échecs en quarts de finale à Wimbledon. S'il négocie bien les semaines à venir, son rêve de redevenir numéro un mondial prendra peut-être à nouveau forme. Federer va perdre 480 points lundi, mais entre Wimbledon et les Jeux, il a un bon coup à jouer. Depuis l'US Open 2011, le Bâlois a gagné 53 matches sur 58, remportant sept tournois sur douze joués. Mathématiquement, il est donc bel et bien dans la course. Pourtant, après son match de vendredi, il n'a paradoxalement jamais semblé si loin de Djokovic et Nadal. Cet été 2012 sera son heure de vérité, et sans doute sa dernière chance de revenir au sommet. A-t-il encore ça en lui?

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