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Mathieu gagne le Mahut-Isner de la terre

Mathieu gagne le Mahut-Isner de la terre
Par Eurosport

Le 31/05/2012 à 21:09Mis à jour Le 31/05/2012 à 23:17

Paul-Henri Mathieu a éliminé John Isner au deuxième tour par un monumental 18-16 au cinquième set, à sa septième balle de match.

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Du plus profond du cauchemar dans lequel il a été plongé pendant quinze mois, jamais Paul-Henri Mathieu n'aurait pu imaginer vivre un tel moment. Un tel match. Un tel scénario. Même dans ses rêves les plus fous. Rejouer au tennis lui aurait suffi. Sur le central? Encore mieux. Mais s'offrir un joueur niveau Top 10 au bout de cinq heures d'un combat titanesque, 18-16 au cinquième set, qui aurait pu imaginer, il y a encore quelques semaines, que PHM en serait capable? C'est pourtant ce que le père courage du tennis français a réussi jeudi soir en venant à bout de John Isner au bout du suspense, du courage et de l'émotion.

Il était 21h08 quand le dernier coup droit de John Isner a filé dans le couloir. Le match avait débuté 5h41 auparavant et le cinquième set était entamé depuis deux heures et demie. Un truc de fous, comme seul John Isner semble en avoir le secret. Il va finir par demander une dérogation pour ne pas affronter les joueurs français au deuxième tour. Deux ans après sa mythique victoire 70-68 face à Nicolas Mahut à Wimbledon, le géant de Greensboro s'est encore retrouvé embarqué dans un match improbable. Mais cette fois, il n'a pas fait la course en tête. Contraint de servir en permanence pour sa survie, il a sauvé six balles de match, grâce à son service de feu et son mental d'acier. Mais la septième a été la bonne pour Mathieu, au crépuscule, à l'heure où s'écrivent souvent les histoires les plus belles et les plus fortes de ce tournoi.

Paulo le conquérant

L'ancien PHM, celui d'avant sa grave blessure au genou, d'avant la galère, aurait probablement fini par perdre ce match. Mais le Paulo 2012 est un conquérant. Il n'a jamais renoncé quand il a fallu repartir au combat, presque de zéro, comme quand Isner a égalisé à 11-10. Si tant est qu'un tel terme puisse s'appliquer à un match pareil, la victoire de l'Alsacien apparait finalement assez logique. Malgré ses 41 aces, le service d'Isner n'a pas été si performant. Il n'a d'ailleurs gagné que 71% des points derrière sa première. Ce qui l'a maintenu en vie aussi longtemps, c'est son exceptionnel pourcentage de réussite sur les balles de break. Les siennes ou celles de son adversaire. Mathieu n'a pris que quatre fois le service d'Isner sur... 24 opportunités. Isner, lui, a réussi deux breaks en quatre occasions. Il était même à 100% après quatre sets. Et ce n'est qu'à 7-7 dans le dernier set que la tête de série numéro 10 a laissé filer ses premières (et dernières) chances de breaker.

Très dense du fond du court, Mathieu n'a commis que 40 fautes en 76 jeux, ce qui en dit long sur la qualité de son match. Mais ce n'est pas dans les statistiques qu'il faut aller chercher les raisons de sa victoire, qui sera à n'en pas douter la plus marquante de toute sa carrière. Il l'a gagné physiquement, en finissant (un peu) moins éprouvé que son rival, et surtout mentalement. PHM a un genou gauche en carton, mais un bras en or, trois ou quatre poumons au moins sept ou huit coeurs. Après ce deuxième match en cinq sets, difficile de savoir dans quel état il sera au prochain tour. Est-ce vraiment important? Probablement pas. Ce jeudi soir, il est tout seul, là-haut, au paradis. Le plus beau des retours, après avoir voyagé au bout de l'enfer.

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