Nadal en a bavé

Nadal, 20 heures pour une libération
Par Eurosport

Le 11/06/2012 à 18:07Mis à jour Le 11/06/2012 à 21:09

De l'instant où la finale s'est compliquée pour lui dimanche dans le troisième set, Rafael Nadal a vécu des moments difficiles. Jusqu'à la délivrance, lundi, lorsque Djokovic a commis sa double faute sur la balle de match. Entre joie, émotion et soulagement, Nadal peut oublier ces heures de stress.

Ce n'est probablement pas la plus belle finale de sa carrière si remplie. Mais elle restera unique, et pas seulement parce qu'elle est synonyme de record de victoires à Roland-Garros. Pour venir à bout de Novak Djokovic, Rafael Nadal a dû non seulement lutter contre le numéro un mondial, mais aussi contre les conditions et, surtout, contre lui-même. Jamais sans doute il n'a eu aussi peur de voir une finale de Roland-Garros lui échapper. Même quand l'orage Federer s'est abattu sur lui, comme au premier set en 2006 ou en début de match l'an dernier, le roi de l'ocre n'avait pas ressenti une telle dose de stress. De son troisième set catastrophique, dimanche soir, à la libération sur la double faute de Djokovic, lundi après-midi, Nadal a vécu une vingtaine d'heures pour le moins éprouvantes. Son cauchemar a débuté vers 18 heures pour ne s'achever que le lendemain à 14 heures.

Après avoir mené 6-4, 6-3, 2-0, Nadal a connu pendant plus d'un set ce qu'il inflige généralement à ses adversaires sur terre: l'impuissance. Ces huit jeux consécutifs perdus, fait hallucinant pour lui sur terre, surtout dans un match qu'il dominait aussi nettement, il les a vécus comme une séance de torture, sur cette terre battue gorgée d'eau où son jeu ne s'exprimait plus. "Les conditions, à mon avis, étaient beaucoup plus favorables à Novak qu'à moi, estime-t-il. Il a extrêmement bien joué sur ces huit jeux, il a tout fait de manière extraordinaire durant cette partie du match. Moi, j'ai trop reculé. A ce moment-là, j'ai senti que je n'étais pas en mesure de le repousser comme je l'avais fait au début du match. J'étais débordé, même si le fait de marquer un jeu pour arrêter l'hémorragie était important." Cette interruption est tombée à pic pour lui, il l'admet. "Je ne vais pas dire le contraire", sourit l'Espagnol. Mais pour lui, il n'y avait pas d'autre issue: "Sérieusement, dans les derniers jeux, les conditions n'étaient pas dignes d'un tournoi du Grand Chelem. Il fallait arrêter."

Dragon Ball Z pour se détendre

Pour autant, si son supplice sur le court était terminé, la suite n'a pas été simple non plus à gérer. L'attente a été longue et pénible jusqu'à 13 heures ce lundi. Forcément, Nadal a gambergé, surtout vu le tour que sa finale était en train de prendre. "J'étais nerveux pendant toute la nuit, j'étais anxieux, a-t-il avoué. Je joue ce match depuis vendredi dans ma tête, j'ai passé deux journées difficiles et la soirée d'hier (NDLR: de dimanche) a vraiment été très difficile." Il a essayé de passer le temps comme il pouvait, essayant de penser à tout sauf au tennis. "Je n'ai pas voulu revoir des images de mon match, ni regarder la presse, reprend Rafa. J'ai regardé un peu le foot (Espagne-Italie) dans les vestiaires, j'ai regardé une série à la télé et un épisode de  Sangoku (Dragon Ball Z). C'est mon dessin animé préféré, même si je l’ai vu deux ou trois fois, je l'ai revu et je me suis endormi."

En bon gladiateur, Nadal n'a vu son stress le quitter qu'au moment de retourner dans l'arène, sur les coups de 13 heures. "Deux heures avant de reprendre le match, raconte-t-il, je ne me sentais pas prêt. J'étais beaucoup plus tendu que d'habitude. Je ne me suis vraiment senti prêt à reprendre ce match que deux minutes avant d'entrer sur le court. C'était la première fois depuis la veille que je me sentais en confiance." Le plus dur, dans ces cas-là, c'est l'attente. Une fois le match reparti, Nadal s'est retrouvé. Surtout, il a pu mesurer qu'il n'avait pas le monopole de la nervosité. Manifestement, ce qui était valable pour lui l'était aussi pour Djokovic. Les deux joueurs ont d'ailleurs eu un mal fou à se lâcher lundi dans le deuxième acte de leur finale et la double faute finale et fatale de Djokovic sur la balle de match traduit bien cela.

Jamais, lors de ses dix premières victoires en Grand Chelem, on n'avait vu Nadal dans cet état. Heureux, oui, bien sûr, à chaque fois. Mais sans doute pas avec ce cocktail d'émotion et de soulagement. L'effet du septième titre? Peut-être, mais pas seulement. Il l'a répété, si ce record est important pour lui, il reste secondaire. Non, sa délivrance a simplement été à la hauteur de son angoisse. Parce que le match s'est étalé sur deux jours. Parce qu'il a senti cette finale lui échapper. Parce que c'était Novak Djokovic en face et que le spectre d'une quatrième défaite consécutive l'a forcément habité. "Il fallait que je gagne cette finale. Ca aurait été difficile de perdre encore une fois contre Novak. C'était important pour moi de gagner." Quelque chose nous dit que, même s'il se couchera probablement plus tard, Rafael Nadal dormira beaucoup mieux la nuit prochaine...

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