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Muguruza : "Je me suis dit : 'ce n'est pas possible, je vais servir pour remporter Roland-Garros'"

"Je me suis dit : 'ce n'est pas possible, je vais servir pour remporter Roland-Garros' "

Le 04/06/2016 à 21:27Mis à jour Le 04/06/2016 à 22:50

ROLAND-GARROS – Du haut de ses 22 ans, Garbine Muguruza a mis un certain temps avant de réaliser qu’elle avait remporté la finale. Si elle a toujours cru en elle, le fait d’y parvenir lui a procuré un bonheur incommensurable et une immense fierté pour elle et pour le tennis espagnol.

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C'est votre premier titre sur terre, et c'est à Roland-Garros, comment l'expliquez-vous ?

G.M. : C'est plutôt bien. Avant, je me sentais bien, ici, à Roland-Garros. J’ai été deux fois en quarts, j'étais là, présente. En tout cas, conclure une saison sur terre avec ce titre, on ne peut pas faire mieux pour moi.

Quelle balle de match incroyable ! Pouvez-vous nous décrire ce qu’il se passe ? Vous n’aviez pas cru que c’était gagné à ce moment-là, n’est-ce pas ?

G.M. : C'était étrange. Serena était devant la balle, et moi je ne savais pas si j'étais dedans ou dehors, je ne voulais rien dire. Tout à coup, le juge de ligne ne voulait rien dire. J'ai dit : "J'ai gagné, j'ai gagné ?!!!" Et quand il a dit "Jeu, set et match", je me suis dit : "Ce n'est pas vrai, j'ai gagné !". Et c'était fabuleux.

Avec les quatre premières balles de match, vous avez dû servir après. À quoi avez-vous pensé ? Vous aviez l'air très calme… ce n'était pas si facile que cela.

G.M. : C'est vrai, c'était difficile, j'avais 4 balles de matches de mon côté que je n'ai pas réussi à passer. C'est une finale. On ne peut pas être déçu, on ne peut pas trouver une excuse en disant "j'ai 4 balles de match et une autre possibilité de servir". En servant, là, j’ai réalisé : "Ce n'est pas possible, je vais servir pour remporter Roland-Garros". J'ai réussi à garder mon calme. J'ai pensé que je devais me battre sur chaque balle et peu importe si c’est une balle de match ou de titre.

Est-ce que vous êtes surprise de la façon dont vous avez géré cette finale ? Vous aviez l'air très calme. Vous cherchiez à placer vos coups. Vous êtes-vous surprise vous-même ?

G.M. : Chaque match que j'ai joué jusqu'à la finale, j'ai vu que je m'améliorais à chaque fois, à chaque tour. Aujourd'hui, c'était le défi : la meilleure joueuse au monde dans une finale. Il faut avoir un très bon niveau de jeu. Ma possibilité de gagner si je jouais mal était très basse. Je me suis dit : "C'est ta chance, une occasion, vas-y, fonce". Et je l'ai fait !

Vidéo - Muguruza - Williams : les temps forts de la finale

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Vous avez échoué contre Serena en finale de Grand Chelem à Wimbledon l’an passé. C'était un autre match. Qu'est-ce que vous avez appris de ces matches contre elle ? Qu'est-ce que vous avez réutilisé contre elle aujourd'hui ?

G.M. : Il n'y avait pas que ce match. Tous les matches étaient importants. Je me suis dit : "j'ai des occasions que je peux prendre". À Wimbledon, j'étais très nerveuse, je n'arrivais pas à contrôler mes nerfs. C'est difficile dans ces cas-là. Je me suis dit aujourd'hui : "mets cela de côté, vas-y, fonce et oublie, même si tu es nerveuse et que c'est difficile de le faire. " Et voilà ce que j'ai fait ! C'était un autre état d'esprit pour moi.

Vous avez reçu un tweet de Rafa. Quand vous l’avez vu gagner tous ces titres, avez-vous pensé qu’un jour, ce pourrait être vous ?

R. 9 fois… 9 titres ! Tout d'un coup, je me suis dit : "Non, c'est impossible de faire ça ! ". En tout cas, j'ai vu ce tweet ; c'est un tournoi qui est bon pour nous, les Espagnols. Quand vous êtes enfant, vous vous entraînez sur la terre battue et vous vous dites : "Un jour, je pourrai peut-être gagner", et c'est arrivé.

Quelle est, pour vous, la principale qualité qui vous a permis de gagner cette finale et ce tournoi ?

G.M. : Pendant la semaine, je me suis dit : "Attention à tes émotions". Je suis là parce que je le mérite. J'ai gagné cette place ici. J'ai bien joué avant. J'ai mérité cette finale. Donc je crois qu'il ne faut pas penser justement à tous ces chiffres, les autres choses. Il faut tout sortir sur le tour, quels que soient l'adversaire et les tours. Il faut contrôler ses émotions. Parfois, c'est la clef, notamment dans un Grand Chelem lorsque vous êtes très nerveuse et enthousiaste.

Angelique Kerber a gagné contre Serena à Melbourne, cela vous a fait croire que vous pouviez gagner la finale ?

G.M. : J’y ai pensé. J'y ai pensé hier ; je me suis dit : 'Tiiens, tu peux le faire, vas-y', effectivement. Quand vous voyez d'autres joueuses qui gagnent, il y a de nouveaux visages et vous vous dites : "Je pourrais être ce nouveau visage. Si Kerber peut le faire, je peux le faire également", effectivement, cela m’a aidée, c'est certain.

Comme vous dites : "Voilà une chose de faite sur la liste à Roland-Garros". Y a-t-il un autre point sur votre liste ?

G.M. : Franchement, beaucoup de tournois, surtout les tournois du Grand Chelem bien sûr. J'ai failli remporter Wimbledon. Je me rappelle très bien de cette finale et j'espère jouer une autre finale de Grand Chelem et ne pas la laisser m'échapper. Et je pense aussi à la place de numéro 1, bien sûr. Tout le monde en rêve. Je ne me pose pas la question comme cela mais je me focalise pour gagner des matchs, des victoires, des tournois. J'aimerais bien sûr devenir numéro 1.

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