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Rafael Nadal : "C'est la pire conférence de presse de toute ma carrière"

Nadal : "C'est la pire conférence de presse de toute ma carrière"

Le 27/05/2016 à 17:49Mis à jour Le 27/05/2016 à 18:41

ROLAND-GARROS - C'est un énorme coup de tonnerre qui a retenti vendredi après-midi à Roland-Garros. Rafael Nadal, blessé au poignet, a annoncé qu'il quittait le tournoi qu'il a tant marqué. L'Espagnol, qui revenait fort depuis le début du printemps, accuse le coup. Même s'il essaie de rester philosophe.

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Il était un peu plus de 16h30. Andy Murray venait de boucler sa conférence de presse après sa victoire sans histoire contre Ivo Karlovic. Richard Gasquet était en train de batailler avec Nick Kyrgios dans une fin de deuxième set acharné. Puis, d'un seul coup, est venue résonner en salle de presse l'annonce que personne n'attendait : "Rafael Nadal tiendra une conférence de presse à 16h45." Vent de panique chez les journalistes. Tout le monde a commencé à se regarder, avec le même message dans le regard : "on n'a pas rêvé, il a bien joué hier, et pas aujourd'hui?" Sous-entendu, ce point presse n'était pas prévu. Sous-entendu bis, ça ne sentait pas bon du tout.

Rarement la principale salle de conférence de presse de Roland-Garros aura semblé si petite. Même les jours de finale, il n'y a pas tant de monde. Pas même pour le retour de Noah à la tête de l'équipe de Coupe Davis en septembre dernier. Rafael Nadal a d'ailleurs dû patienter quelques minutes de plus, le temps que tout le monde s'installe, avant de pouvoir prendre la parole. Guy Forget, le visage fermé, se tenait à côté du Majorquin, qui a fini par dire ce que tout le monde redoutait : "Je vous annonce que je dois me retirer du tournoi à cause d'une blessure au poignet qui me gêne déjà depuis une quinzaine de jours."

A Rome, il jouait sous infiltration

Un vrai coup de tonnerre, que personne n'avait vu venir. Rafael Nadal avait pourtant semblé impérial lors de ses premiers tours, perdant neuf jeux au cumul de ces deux rencontres. Rien ne laissait présager une sortie de route aussi brutale. Mais l'Espagnol, lui, assure qu'il souffrait depuis un moment déjà. "J'avais déjà mal en arrivant à Paris, a-t-il révélé. Hier (jeudi), j'ai joué sous infiltration. Mais dans la soirée, la douleur a commencé à empirer. J'ai passé une IRM. Je n'ai pas de fracture, mais les médecins m'ont dit que si je continuais à jouer, mon poignet allait casser dans quelques jours."

Le nonuple vainqueur de Roland-Garros a expliqué qu'il avait commencé à "sentir quelque chose à Madrid, contre Sousa". Après des examens rassurants passés à Barcelone, il a alors décidé de s'aligner à Rome (sous anti-inflammatoires, a-t-il précisé), les médecins lui ayant assuré qu'il n'y avait "rien de grave". "Mais, raconte-t-il encore, quand je suis rentré à Majorque après Rome, j'avais vraiment mal. Et à partir de là, ça n'a fait qu'empirer chaque jour." Jusqu'à prendre cette décision devenu inéluctable. "C'est probablement la pire conférence de presse de toute ma carrière", a-t-il soufflé. Devoir me retirer du tournoi qui compte le plus pour moi, c'est très dur. Surtout que je sentais que j'avais mes chances cette année."

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Après Federer, Nadal : c'est la double peine

On appelle ça un crève-cœur. Au moment de l'annonce, un petit murmure a parcouru la salle, le temps de comprendre ce que tout cela impliquait. Le boulevard pour Novak Djokovic, dont on voit mal comment il pourrait ne pas être en finale désormais. La fin du rêve de la decima. Puis, surtout, un Roland-Garros sans Nadal ni Federer dès le vendredi après-midi de la première semaine. C'est la double peine. Pour son premier Roland-Garros en tant que directeur du tournoi, Guy Forget n'est vraiment pas gâté. Mais pour que Nadal se retire, c'est qu'il n'avait plus d'autre solution. "C'est la vie, c'est la malchance mais, en même temps, j'ai gagné neuf fois ici sans être blessé. C'est rude, mais ce n'est pas la fin", a-t-il promis.

C'est tout de même un énorme coup dur pour le plus grand joueur de l'histoire de la terre battue, que l'on n'avait plus vu à ce niveau depuis deux ans. Sa demi-finale annoncée contre Djokovic faisait saliver. "C'est dur à avaler, parce que j'ai tellement travaillé pour revenir", a regretté le gaucher de Manacor. Il espère néanmoins être rétabli pour Wimbledon, même s'il n'a aucune garantie.

"Les médecins pensent que c'est l'affaire de deux semaines, peut-être un mois au pire. Il y a une solution, et une solution rapide, pas comme quand j'ai eu mon problème au genou. Je dois attendre et on fera le point dans deux semaines. Je dois prendre jour par jour. Mais la médecine, ce ne sont pas des mathématiques. Je n'ai pas de garantie." Dans une semaine pile, il aurait pu fêter ses 30 ans sur le court, en demi-finales. Il sera loin de Paris. Roland-Garros va terriblement lui manquer et il sait que la réciproque est vraie.

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