AFP

"Tout le monde s'en fout, personne ne fait attention à nous… nous avons dû continuer à jouer"

"Tout le monde s'en fout, personne ne fait attention à nous… nous avons dû continuer à jouer"

Le 31/05/2016 à 21:17Mis à jour Le 31/05/2016 à 23:03

ROLAND-GARROS - Mardi après-midi, Agnieszka Radwanska et Simona Halep ont poussé un gros coup de gueule après leur journée rocambolesque qui les a vues être éliminées en huitièmes de finale. Faute d’avoir pu défendre leurs chances comme elles l’auraient voulu.

Eurosport Player: Suivez la compétition en live vidéo

Voir sur Eurosport

Furieuse, frustrée, incomprise. Voilà les trois sentiments qui s’entrechoquent dans la tête des joueuses qui ont réussi – dans une certaine mesure – à boucler leur match du jour. Dans des conditions très particulières, pour ne pas dire injouables tant la pluie et le froid ont balayé les courts toute la journée, Simona Halep et Agnieszka Radwanska, principalement, broient du noir. La première sans vouloir faire de vagues. La seconde en tambourinant aussi fort qu’elle peut pour que ça se sache.

"Je suis surprise, je suis en colère, on a joué sous la pluie, a tempêté Radwanska. Ce n'est pas un tournoi à 10 000 dollars, c'est un Grand Chelem. Je ne peux pas jouer dans ces conditions de jeu, ce n'est pas possible." La Polonaise, numéro deux mondiale, a passé une journée cauchemar par excellence. Son huitième de finale, entamé dimanche soir, ne s’est terminé que cet après-midi… dans la douleur : arrivée sur le court avec une avance confortable (6-2, 3-0), Radwanska est repartie quasiment avec une valise face à la 102e mondiale Tsvetlana Pironkova (2-6, 6-3, 6-3).

" Ce n'est pas un tournoi à 10 000 dollars, c'est un Grand Chelem"

"Je suis énervée, c’est le moins que l'on puisse dire, je ne peux pas jouer dans ces conditions, je ne suis pas suffisamment en bonne santé, en tout cas ma main droite ne me permet pas de jouer dans ces conditions." La Polonaise, comme Halep, étaient bien placées pour aller loin dans ce tableau dames. Se voir éliminées ce mardi en raison des conditions météorologiques ne passe pas. Il est vrai que leurs adversaires ont réussi, elles, à tirer profit de la situation. Mais en aurait-il été de même dans des conditions normales de jeu ?

Vidéo - HLTS PIRONKOVA v RADWANSKA

01:49

"C'était impossible de jouer selon moi, a renchéri Simona Halep, finaliste 2014 aux Internationaux de France et éliminée en huitième par Sam Stosur (7-6, 6-3). Impossible de jouer un match de tennis. Quand il pleut, comment voulez-vous faire ? C'est trop. Les courts n'étaient pas en bon état, les balles étaient détrempées pendant le match. C'est trop dur de jouer au tennis dans ces conditions." Vu sur le court N.6, Leander Paes, joueur indien de double, a même failli prendre la gamelle de sa vie en voulant sortir du terrain en glissant sur une ligne mal nettoyée. La blessure a été évitée de justesse.

" Je ne me sentais pas en sécurité sur le court"

Par contre, les contre-performances, elles, se sont multipliées. Novak Djokovic était méconnaissable à l’entame de son huitième de finale sur le court central face à Roberto Bautista Agut, au point de perdre le premier set (6-3). Même chose pour David Goffin, breaké d’entrée dans son match face à Ernests Gulbis sur le court 1 avant l’interruption définitive de la partie à 3-0 dans le premier set. Scène surréaliste mais symbolique de la rébellion qui s’opérerait peu à peu : ces deux joueurs ont même volontairement stoppé leur match, voulant même quitter le court avant qu’on les y autorise.

Simona Halep, elle, n’a pas osé. "Je savais que je ne pouvais rien changer à l'histoire, donc je n’ai même pas essayé. J'ai pensé que ce n'était pas une bonne idée de dire quoi que ce soit, cela ne sert à rien, c'est un coup d'épée dans l'eau, si je puis dire, tout le monde s'en fout." Et la sixième mondiale de lâcher : "Personne ne fait attention à nous... nous avons dû continuer à jouer. J'ai attendu trois jours et j'ai joué, mais j'ai joué sous la pluie. Je ne sentais pas mes coups, je ne me sentais pas non plus en sécurité sur le court. Ce n'est pas bon, cela ne devrait pas avoir lieu."

Vidéo - Hlts Stosur - Halep

01:57

Sentiment partagé par Agnieszka Radwanska : "Je n'ai pas l'impression qu'ils prennent soin de ce que nous disons. En fait, ils se préoccupent d'autres choses. Je pense qu'ils n'ont pas pris la bonne décision en nous exhortant à jouer. Peut-être qu'ils ont peur, ils ont peur parce que les jours passent les uns après les autres et ils n'ont pas de match. On n'y peut rien, ce n'est pas notre faute, ni la leur bien sûr, mais les décisions ne sont pas les meilleures."

Entre les spectateurs, qui ont eu droit à une bouillie de tennis et qui ne seront pas remboursés ce mardi, et les joueurs qui en ont assez de jouer dans ces conditions, les organisateurs vont avancer sur des œufs dans les prochains jours. Surtout si le temps, comme c’est annoncé, reste le même.

Vidéo - The Coach : la météo, élément incontournable à Paris qui rend ce tournoi particulier

02:38
0
0