Eurosport
David Goffin dénonce une "ambiance malsaine" à Roland-Garros : "Quelqu'un m'a craché son chewing-gum"
Par
Publié 28/05/2024 à 23:26 GMT+2
Après Taylor Fritz l'an passé, c'est le placide David Goffin qui est sorti de ses gonds ce mardi face à l'attitude du public français. A la bataille avec Giovanni Mpetshi Perricard pendant près de 3h30 sur le court numéro 14, le Belge a fini par s'en sortir et célébrer sa victoire en provoquant les fans présents. Après coup, il ne regrettait pas son geste. Car, pour lui, les choses vont trop loin.
Trop chauvins ou trop timides : les spectateurs français en font-ils trop ?
Video credit: Eurosport
C'est un revers de la médaille de plus en plus visible mais surtout de plus en plus audible. Si Roland-Garros peut se targuer d'avoir réussi à attirer un nouveau public déterminé à être un acteur à part entière des matches depuis la fin du Covid, le tournoi français doit aussi faire face à quelques débordements. Si Nicolas Jarry n'a rien trouvé à redire après la victoire de Corentin Moutet dans un remake de leur affrontement brûlant à Santiago, David Goffin n'a pas eu la même grille de lecture.
Ce mardi, opposé au prometteur Giovanni Mpetshi Perricard, le Belge a vécu un enfer. Parce que le golgoth français lui a proposé un défi tennistique coriace. Mais surtout parce que les fans massés sur le court numéro 14 avaient décidé de pousser autant que possible pour le récent vainqueur du tournoi de Lyon. Presque avec réussite puisque l'appui du public a poussé le Français à se dépasser pour amener un Goffin globalement plus serein au 5e set (4-6, 6-4, 6-3, 6-7, 6-3). Alors, après 3h30 de combat, le placide tacticien a dégoupillé.
Sa victoire en poche, il a porté sa main à l'oreille, manière de charrier un public qui n'a pas manqué d'accompagner sa célébration de huées vocales. Parce que c'est Goffin et qu'il n'a pas voulu en rajouter, le Belge a finalement quitté le court avec le sourire, signant même des autographes aux spectateurs présents. Mais il n'a pas apprécié son 1er tour dans cette ambiance de corrida.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/28/3977644.jpg)
La célébration de David Goffin après sa victoire sur le court 14 face à Giovanni Mpetshi Perricard
Crédit: Getty Images
"Il va falloir que je fasse attention à ce que je dis", a-t-il glissé à l'heure de prendre place face à la presse belge. Et puis, il a raconté l'enfer qu'il a vécu, un calvaire similaire à celui de Taylor Fritz l'an passé sur le Suzanne-Lenglen face à Arthur Rinderknech. "Quand on se fait insulter pendant trois heures et demie, il faut bien charrier un peu le public, a-t-il avancé. Clairement, ça va trop loin, c'est de l'irrespect total. C'est vraiment trop. Ça devient du foot, bientôt il y aura des fumigènes, des hooligans et ça se battra dans les tribunes. Ça commence à devenir ridicule. Certains sont plus là pour foutre le bordel que pour mettre l'ambiance."
Plus tôt dans la journée, Lucas Pouille, invité de notre émission Retour Gagnant, estimait que les limites n'étaient pas spécialement franchies ici. Ou en tout cas, pas plus qu'ailleurs. "Ça amène du piment à un sport qui parfois peut être plat, avançait-il. Est-ce que, parfois, les fans sont limites ? Quand vous jouez un Argentin en Argentine, un Chilien au Chili ou même des Serbes en Coupe Davis… Nous, on a joué contre les Italiens aussi en Coupe Davis, on prenait des doigts d'honneur à chaque fois qu'on tournait la tête vers le public. Je les trouve plutôt calmes ici."
Le Français a raison de rappeler que d'autres stades font vivre de véritables cauchemars aux adversaires de leur héros. Mais, il semblerait que ce mardi, la ligne ait été franchie. "Aujourd'hui, quelqu'un m'a craché son chewing-gum, a raconté Goffin. Ça devient compliqué. C'est pour ça que j'ai voulu rester calme. Si je commence à m'énerver là-dessus, ça peut me déstabiliser. Quand on a eu 3h30 avec le public qui te tape sur la tête, tu es content de charrier deux secondes. Ils l'ont mérité."
Dans le vestiaire, Roland a mauvaise réputation
Goffin ne représente-t-il que lui-même sur ce coup-ci ? Pas du tout à l'écouter. Dans les coulisses, le majeur parisien, et l'attitude de son public, est un sujet de discussions. "Beaucoup de gens se plaignent, beaucoup d'arbitres qui estiment qu'il y a beaucoup d'irrespect, révèle-t-il. C'est l'écho qu'il y a beaucoup dans le vestiaire et dans les instances ATP. Il va falloir faire quelque chose là-dessus."
S'il n'a pas évoqué les chaudes ambiances sud-américaines, le Belge a toutefois de quoi comparer avec les autres levées du Grand Chelem. A ses yeux, Roland-Garros est unique. Mais pas dans le bon sens du terme. "Je pense que ça ne se passe qu'en France, a-t-il conclu. A Wimbledon, évidemment, il n'y a pas ça. En Australie non plus. Et à l'US Open, c'est quand même plutôt tranquille. Ici, c'est vraiment une ambiance malsaine".
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/05/28/3977647.jpg)
Des fans français massés sur le court N°14 pour soutenir Giovanni Mpetshi Perricard face à David Goffin
Crédit: Getty Images
Sur le même sujet
Publicité
Publicité