Roland-Garros - Demi-finale | Carlos Alcaraz atteint sa première finale à Roland en battant Jannik Siner en 5 sets

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Annoncé successeur de Rafael Nadal, Carlos Alcaraz peut espérer remporter Roland-Garros, 19 ans après le premier des 14 sacres de son compatriote. Dans un choc qui n'a pas souvent flirté avec les hauteurs attendues, l'Espagnol a renversé Jannik Sinner qui a mené un set zéro et deux manches à une (2-6, 6-3, 3-6, 6-4, 6-3). Pour sa première finale ici, Alcaraz attend Alexander Zverev ou Casper Ruud.

L'immense joie, la libération de Carlos Alcaraz, qualifié pour la finale de Roland-Garros

Crédit: Getty Images

Le suspense a tenu en haleine les spectateurs du court Philippe-Chatrier. Mais le choc attendu n'a pas tenu toutes ses promesses. Après une bataille des plus sinusoïdales, Carlos Alcaraz a fini par trouver la voie de sa première finale à Roland-Garros. Pour ce faire, il est venu à bout du futur numéro 1 mondial Jannik Sinner en cinq sets (2-6, 6-3, 3-6, 6-4, 6-3) et 4h09 de jeu vendredi dans une partie au scénario fortement influencé par les émotions de ses acteurs. Pour aller chercher le titre, il affrontera dimanche Alexander Zverev ou Casper Ruud.
Leur rivalité a déjà accouché de moments tellement forts que de voir Carlos Alcaraz et Jannik Sinner s'escrimer sur la distance des cinq sets n'a surpris personne. Mais parfois, un duel aussi long, y compris entre cadors, n'est pas un gage de qualité. Certes, il y a bien eu des fulgurances dans cette partie, et quelques coups géniaux comme ce missile envoyé par le Murcien, un passing long de ligne de coup droit, en milieu de quatrième set qui a enflammé le Central. Cependant, les acteurs ont eu beaucoup de difficultés à jouer bien tous les deux ensemble, et ce pour des raisons différentes.

D'abord impressionnant, Sinner a perdu ses jambes...

A vrai dire, Alcaraz a probablement éprouvé plus de soulagement que de bonheur quand sa troisième balle de match a fait mouche. Tout simplement parce que l'Espagnol a été malmené pendant très longtemps, alors qu'il avait tous les atouts pour finir ce match en quatre sets. Totalement dominé pendant la première manche, mené d'un break dans la deuxième (2-6, 0-2), le protégé de Juan Carlos Ferrero est revenu dans la partie grâce à un gros coup de barre physique de Jannik Sinner. L'Italien, si à l'aise en cadence pendant une heure, est apparu soudain vidé, incapable de tenir plus de cinq-six frappes à l'échange.
Dès lors, "Carlitos" semblait avoir toutes les clés, d'autant plus qu'il a effectué les changements tactiques adéquats, jouant davantage en changements de rythme avec alternance de coups bombés et d'accélérations soudaines. Mais alors qu'il avait repris le contrôle de la partie (2-6, 6-3, 2-1 break), l'Espagnol est rentré dans sa coquille, et ce alors que Sinner lui montrait qu'il souffrait de crampes. Dans son discours d'après-match, Alcaraz a révélé que lui aussi était en difficulté physique à ce moment-là. Toujours est-il que, contre toute attente, l'Italien a repris les commandes deux sets à un, adoptant une stratégie claire : jouer l'offensive en deux-trois frappes pour s'économiser le plus possible.
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Jannik Sinner à Roland-Garros en 2024

Crédit: Getty Images

... Malgré quelques noeuds à la tête, Alcaraz a fini par en profiter

Le plan a marché jusqu'à ce qu'il serve à 4-5 dans le quatrième acte. Alors qu'il menait 30/15, Sinner a vendangé un smash tout fait puis concédé son service et la manche. Ce fut le tournant définitif de cette partie. Car Alcaraz, qui manquait jusqu'ici cruellement de lucidité, a enfin emmené son rival un peu plus dans le combat en fond de court, le déplaçant latéralement en utilisant davantage son lift en coup droit. Résultat, le Murcien a breaké d'entrée de cinquième set et ne s'est plus retourné.
Plus relâché, il a davantage installé des schémas susceptibles de faire mal à Sinner, notamment des séquences amorties-lobs qui ont épuisé les dernières réserves de l'Italien. Ce dernier s'est battu jusqu'au bout, mais n'avait clairement pas les moyens physiques de ses ambitions. Le dernier jeu d'Alcaraz a été à l'image de la partie : acharné malgré un certain déchet (102 fautes directes sur le match !) comme sur les deux premières occasions de conclure ratées par l'Espagnol. A défaut de régaler, il a peut-être passé l'obstacle majeur de sa quinzaine. En tout cas, cela devrait lui donner une sacrée dose de confiance. Quant à Sinner, il s'installera tout de même sur le trône lundi. On a vu pire comme lot de consolation.
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