Roland-Garros 2025 - Finale messieurs - Jannik Sinner souffre mais encaisse : "On ne peut pas avancer en pleurant"

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Jannik Sinner a subi une défaite d'une infinie cruauté dimanche en finale de Roland-Garros, contre Carlos Alcaraz. Il a mené deux sets à rien. Il a breaké dans le 3e. Eu trois balles de match dans le 4e. Est passé à deux points de la victoire dans le 5e. Mais il a perdu. D'une sagesse infinie, le numéro un mondial est évidemment touché mais il se relèvera. Et il repartira au combat.

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Video credit: Eurosport

Jannik Sinner est vraiment fait d'un bois différent. Il le montre souvent dans la victoire. Vendredi soir, contre Novak Djokovic, face à la légende des légendes, qui plus est avec tout un public ou presque contre lui, il n'avait pas bronché, s'imposant en animal à sang froid en trois sets. Dimanche, dans la défaite, et quelle défaite, d'une infinie cruauté après avoir eu trois balles de titre et servi pour la coupe des Mousquetaires. Mais quelques minutes à peine après avoir quitté le court Philippe-Chatrier, il était devant la presse pour livrer son sentiment avec, toujours à chaud, une sagesse et un recul assez ébouriffants.
Pour la première fois, l'Italien a perdu une finale de Grand Chelem. Ni lui ni Carlos Alcaraz n'avaient encore expérimenté la chose et, visiblement, aucun des deux n'avait envie de cette découverte.  "Oui, elle fait mal, celle-ci", a convenu le héros malheureux du jour. "Bien sûr, je suis heureux d'avoir atteint ce niveau, que ce soit sur le tournoi ou la finale, a-t-il poursuivi. Le match était de très haut niveau, c'est certain. Donc, je suis heureux d'en faire partie. Mais le résultat final fait mal. Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire pour l'instant."
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Pourtant, il a dit bien d'autres choses. Sur la manière dont il a pu et su se relever après la perte du 4e set, après ces trois balles de match évaporées. Qu'avait-il en tête à cet instant ? "Ce que je pensais ? C'est assez évident, non ?, trouve-t-il la force de sourire. J'ai essayé repartir de zéro. Bien sûr, j'étais déçu de la fin du set, des balles de match, d'avoir servi pour le match. Mais je suis resté dans le combat, mentalement. Je n'ai pas lâché de points gratuits. Quand c'est terminé, c'est terminé, une fois le match fini, on ne peut plus rien changer. Mais dans le 5e set, je pouvais encore changer les choses."
Avant le début de ma carrière, je n'aurais jamais pensé me retrouver dans cette position
C'est peu dire qu'il a été à nouveau tout près de les changer. Pas de balle de match cette fois, mais il est revenu à deux points du titre. Cette dernière manche a ajouté chez lui de la fierté à la fierté et des regrets aux regrets. "C'est difficile à accepter, là, maintenant, parce que j'ai eu énormément d'opportunités de gagner ce match. Mais c'est aussi le bon côté du sport même si, moi, j'expérimente sa partie la plus triste", dit-il, avant de lâcher cette phrase déjà tournée vers l'avenir : "Si on ne retient que la partie triste, on ne reviendra jamais."
À coup sûr, Jannik Sinner reviendra. Très vite, même. Il digèrera. Il relativise aussi. Par rapport au contexte et dans l'absolu. "J'ai préparé un Grand Chelem sur terre battue avec un seul tournoi, rappelle-t-il. Alors, arriver en finale… Aujourd'hui, j'étais prêt à affronter Carlos. Beaucoup plus qu'à Rome." Au-delà des circonstances de ces derniers mois et de ce printemps, il sait que tout ça n'est pas l'essentiel. Il va rentrer chez lui et s'appuyer sur les siens pour tourner la page avant de repartir en quête de nouveaux titres.
Dimanche, son père n'était pas là. "Parce qu'il travaillait, explique-t-il. Il a regardé le match à la télé, mais avant, il était au travail. Seule sa maman avait fait le déplacement. Nous sommes une famille très simple. Notre réussite, mon succès ne change rien. Tout le monde va être heureux que je rentre à la maison, pour être auprès des miens, de mon entourage. Tout va bien." "Personne n'est mort, j'ai juste perdu un match de tennis", avait lancé Boris Becker, 19 ans, lors de sa défaite surprise au 2e tour de Wimbledon en 1987 alors qu'il était double tenant du titre. Une petite (re)mise en perspective ne fait jamais de mal à personne.
D'autant que Jannik Sinner ne s'était pas imaginé, enfant, conquérir des titres du Grand Chelem à la pelle. "Avant le début de ma carrière, je n'aurais jamais pensé me retrouver dans cette position, assure-t-il. Ce n'était même pas un rêve tellement c'était éloigné pour moi. Je n'y pensais pas du tout. Maintenant, je me retrouve ici, à jouer le plus long match de l'histoire de Roland-Garros en finale. Alors oui, ça fait mal, mais d'un autre côté, on ne peut pas avancer en pleurant, ces choses-là arrivent." Dimanche, ça lui est arrivé, mais quelque chose nous dit qu'il trouvera la force de tourner la page.
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