Roland-Garros 2025 - Mirra Andreeva a été "gastonnisée", mais comme Carlos Alcaraz, elle en sortira grandie

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Mirra Andreeva est déjà grande, mais mercredi, la 6e mondiale a coincé dans la furieuse ambiance du Chatrier face à Loïs Boisson. Battue en deux sets (7-6, 6-3), la jeune Russe de 18 ans a subi le poids du contexte. Un peu comme un certain Carlos Alcaraz au même âge à Bercy, fin 2021, contre Hugo Gaston. L'Espagnol s'était appuyé dessus pour grandir encore plus vite. Andreeva en fera de même.

Mirra Andreeva.

Crédit: Getty Images

Comparaison n'est pas toujours raison, c'est vrai. Les personnages, les contextes, tout ça est à prendre en compte et doit inciter à relativiser. Toujours. Mais en voyant Mirra Andreeva s'affaisser dans l'immensité du court Philippe-Chatrier mercredi en quarts de finale, et malgré toute la joie générée par la nouvelle victoire de Loïs Boisson, il était difficile de ne pas éprouver une certaine empathie envers Mirra Andreeva et encore moins de penser à la mésaventure arrivée à Carlos Alcaraz il y a trois ans et demi.
C'était à Paris, déjà. A Bercy, certes, pas à Roland-Garros, mais peu importe. C'était contre un jeune Français, Hugo Gaston. Alcaraz avait 18 ans, le même âge que la Russe aujourd'hui. Comme elle, il était en pleine ascension et voué aux plus grands honneurs tôt ou tard, la première hypothèse prévalant largement sur la seconde, même s'il n'était pas encore aussi bien placé puisqu'il pointait à la 35e place. Mais il était déjà très fort tennistiquement, tactiquement, physiquement et mentalement.
Sauf que ce soir-là, au cours de ce huitième de finale brûlant dans un Bercy volcanique et incandescent, Alcaraz avait soudain fait son âge. Emporté par le grain de folie du gaucher tricolore et plus encore par l'ambiance d'autant plus féroce que le public avait faim d'émotions, de bruit et de fureur à la sortie de tant de frustrations covidesques, il s'était incliné 6-4, 7-5.

Honnêteté et lucidité

Mercredi, sur le Chatrier, l'atmosphère n'était pas tout à fait aussi électrique, même si la fermeture du toit a conféré au Central de l'Ouest parisien un côté indoor le rapprochant de sa cousine des quartiers est. Il n'en reste pas moins que jouer à Paris contre un Français ou une Française demeure une expérience complexe. Surtout pour un jeune. Alors, Mirra Andreeva, si posée dans ses premières finales de WTA 1000 cette saison, a fait son âge, elle aussi.
A l'Accor Arena, fin 2021, Alcaraz avait mené 5-0 dans le second set avant de plonger de façon presque surnaturelle, perdant les sept derniers jeux et le match avec lui. La Russe n'a mené "que" 3-0 mercredi, mais elle aussi a donné l'impression à ce moment-là de reprendre le contrôle de la rencontre et de ses émotions, avant d'être totalement submergée. Elle a vu défiler les six derniers jeux sans pouvoir réagir. Un rapprochement de plus entre ces deux expériences pénibles.
Ce n'est pas tout. Un autre point commun a sauté aux yeux. Le plus éclairant de tous. L'immense maturité après coup de ces deux jeunes personnages. Fragilisée sur le court, Andreeva a fait preuve d'un recul, d'un calme et d'une sagesse inouïs quelques minutes après sa défaite. D'une belle honnêteté, aussi. Oui, le poids du public a pesé sur ses épaules et son bras. "C'est normal que le public soutienne une Française comme ça, donc j'étais préparée à ça, a-t-elle dit en conférence de presse. Dans le premier set, je crois que j'ai plutôt réussi à le gérer. Je n'y prêtais pas attention. Mais après, avec la nervosité et la pression, c'est devenu beaucoup plus dur."

Du Alcaraz dans le texte

Dans la même situation, Carlos Alcaraz avait été épatant lui aussi. Voici ce qu'il avait écrit sur son compte Instagram, le lendemain matin de l'essorage subi à Bercy :
"Ce n'est jamais évident de jouer avec le public contre soi et ce match d'hier l'a prouvé, je savais que ce serait difficile de composer avec une telle atmosphère mais je n'avais pas imaginé que ce serait aussi lourd. Ma première fois dans cette situation n'aura pas été facile, ça m'a fait mal de ne pas parvenir à gérer cette pression mais comme après toute expérience dans la vie, on tombe et on se relève, le plus important étant d'apprendre de ce genre de situation. Je suis sûr que je reviendrai plus fort en ayant tiré les leçons de tout cela."
Il ne se plaignait de rien, n'adressait de reproche qu'à lui-même. Pas de pleurnicherie. Juste analyser, comprendre et apprendre, pour en sortir bonifié et plus fort. Mirra Andreeva n'a pas dit autre chose. "Je crois que je peux apprendre de ce match, souffle-t-elle. Souvent, j'ai réussi à rester calme, à ne pas crier, ne pas réagir. Mais par moments, c'était plus dur. Je dois apprendre à rester comme je l'ai été au 1er set. Si j'y arrive à l'avenir, ce serait chouette. J'ai encore beaucoup à apprendre et je dois utiliser ce moment pour apprendre et progresser."
Là, ce n'est plus de l'empathie que l'on pouvait éprouver pour la Russe, mais une forme d'admiration. Ces jeunes champions sont exceptionnels de par ce qu'ils accomplissent sur le court, mais aussi par leur capacité à avoir la bonne analyse en dehors, même dans les moments les plus durs. Croyez-le ou non mais c'est aussi dans la défaite qu'ils se montrent parfois hors normes. Dix mois après cette douloureuse expérience, Carlos Alcaraz remportait son premier titre du Grand Chelem, à l'US Open. D'autres ont suivi et tout le monde sait ce qu'il est aujourd'hui. Ne vous étonnez pas si Mirra Andreeva accède très vite aux plus hautes fonctions. Elle a tout pour ça. Vraiment tout. Même vaincue, même engloutie par moments, elle a aussi prouvé cela mercredi.
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Le vent de fraîcheur Andreeva : "Ce n'est plus l'avenir du tennis, mais déjà le présent"

Video credit: Eurosport


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