Roland-Garros 2026 - Psy, panneau stop et chansons : comment Mirra Andreeva a appris à dompter ses émotions

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Deux ans après sa première et jusqu'ici seule demi-finale de Grand Chelem à Roland-Garros, Mirra Andreeva, 19 ans, vise une première finale en carrière jeudi. Face à elle, son plus gros test depuis le début de la quinzaine : Marta Kostyuk. Mais aussi ses propres démons ? La prodige russe l'assure, un an après avoir perdu ses nerfs contre Loïs Boisson, elle est désormais mieux armée pour les gérer.

"Sabalenka était perdue sur le court"

Video credit: Eurosport

Le problème, avec ces athlètes si forts, si tôt, est qu'ils finissent par nous faire perdre la notion de l’âge. Apparue dès 2022 sur le circuit WTA, huitième de finaliste de Wimbledon et de l'Open d'Australie à 16 ans, 5e joueuse mondiale à 18 ans, Mirra Andreeva s'est rapidement imposée comme la nouvelle comète du tennis mondial chez les dames. Si bien qu'à peine plus d'un mois après avoir soufflé sa 19e bougie, elle est presque attendue au tournant à chaque nouvelle étape de son parcours dans ce Roland-Garros. Deux ans sans dernier carré en Majeur, cela faisait long, non ?
Il faut dire qu'à chaque fois qu'elle a mis les pieds à Porte d'Auteuil, l'actuelle 8e joueuse mondiale n'a laissé personne indifférent. Et que sa carrière y a connu si ce n'est un tournant, au moins un moment marquant. C'est à Paris qu'elle avait disputé le premier Grand Chelem de sa carrière en 2023 et où, sortie des qualifications, elle avait atteint le 3e tour sans perdre un set et forcé Coco Gauff à l'éliminer en trois manches sur le Suzanne-Lenglen.
Un an plus tard, son ascension fulgurante se poursuivait mais ses larmes coulaient en plein deuxième set lors de sa demi-finale, la première de sa carrière à ce niveau, perdue face à Jasmine Paolini (6-3, 6-1). Avant ce fameux quart de finale face à Loïs Boisson l'année dernière, où elle perdait ses nerfs sur ce même court Philippe-Chatrier au point de recevoir un avertissement et de faire sortir un membre de sa box en tribunes.
J’ai eu quelques flashbacks de l’année dernière
"Je plaisantais un peu ce matin, parce qu'il pleuvait et je savais qu'on jouerait sous un toit fermé. Je disais que j'avais quelques flashbacks de l'année dernière, avouait-elle mardi à propos de ce douloureux souvenir, après avoir très facilement écarté Sorana Cirstea en quarts de finale. J'essayais de ne me souvenir que de la météo et du court couvert, pas de ma performance. Je suis contente d'avoir réussi à inverser la tendance, d'avoir pu redresser la situation cette année".
Dans son rapport au public, Andreeva fait en tout cas bien les choses : c'est en français qu'elle a demandé aux spectateurs, après sa dernière victoire, de continuer de la soutenir, elle qui avait battu… la Tricolore Fiona Ferro au premier tour. Mais le gros du travail est évidemment ailleurs. L'enjeu plus profond que la gestion d'un public hostile. Andreeva, également capable de finir en larmes après une décision arbitrale qu'elle estimait défavorable à Rome en 2025, a dû apprendre à lutter contre ses propres démons.
Avec sa coach Conchita Martinez, elle a en tout cas trouvé à qui parler. L'Espagnole, devenue coach de la Russe en avril 2024, en connaît un rayon sur l'exposition précoce, elle qui avait été quart de finaliste à Roland-Garros à 17 ans et vainqueure de Wimbledon à 22. "Elle sent aussi quand je suis nerveuse, même quand je ne m'en rends pas compte, expliquait Andreeva après sa victoire au 1er tour. Aujourd'hui, avant le match, j'étais un peu irritable, mon humeur était instable. Elle a compris que j'étais nerveuse avant même que je m'en rende compte, et elle m'a dit plein de choses gentilles et encourageantes avant le match, ce qui m'a beaucoup aidée. Je suis vraiment contente qu'elle me connaisse suffisamment bien pour m'aider dans ces moments-là".
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"Mensik est d'une solidité à toute épreuve"

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J’utilise différentes techniques et la plupart du temps, elles m’aident
 Et pour l'inciter, dès les premiers mois de leur collaboration, à consulter une psychologue, chez qui la jeune prodige a visiblement trouvé quelques clés. "Parfois, vous savez, il y a des pensées qui vous traversent l'esprit et que vous ne pouvez pas vraiment contrôler, du genre : 'Oh, tu joues si bien ! Et si ça s'arrêtait ? Et si tu commences à rater ? Et si elle se met à mieux jouer ?' Ma psychologue m'a conseillé d'imaginer un grand panneau stop. Évidemment, j'utilise aussi des techniques de respiration. Ça aide beaucoup. Et puis, je chante des chansons dans ma tête. Ça m'aide aussi à me changer les idées. J'utilise différentes techniques comme ça, et la plupart du temps, elles m'aident sur le court".
Andreeva n'a peut-être pas eu besoin de les utiliser outre-mesure jusqu'ici, elle qui n'a lâché qu'un set depuis le début de la quinzaine, hérité des têtes de séries 27 puis 28 comme principales adversaires, et vu sa partie de tableau être dégagée après les éliminations surprises d'Elena Rybakina ou Karolina Muchova. Marta Kostyuk (15) ressemble donc à un premier grand test : l'Ukrainienne l'a battue deux fois cette année lors de leurs deux seules confrontations, à chaque fois en deux sets, et notamment en finale à Madrid. Dominer une joueuse invaincue sur terre battue cette saison et le stress qui va avec, voilà le prix d'une première finale en Grand Chelem.
"J'ai l'impression d'être un peu mieux préparée aux situations qui pourraient ne pas se dérouler comme prévu sur le court, que ce soit au niveau de mon jeu, si mon adversaire commence à mieux jouer ou si, je ne sais pas, il se passe quelque chose avec le public, assure-t-elle. J'ai l'impression de savoir quoi faire dans ces moments-là". Réponse très rapidement.
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