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Sampras est éternel
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Publié 29/07/2003 à 16:40 GMT+2
Il fallait un courage énorme pour oser revenir ainsi au plus haut niveau et pour emporter un 14e titre du Grand Chelem, deux ans après sa dernière victoire. Le retour réalisé par Pete Sampras, dimanche soir, face à Andre Agassi en finale de l'US open, est en tous points incroyable. Il est l'acte d'un immense champion.
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Crédit: Eurosport
26 mois. 26 mois que Pete Sampras n'avait plus gagné un tournoi, depuis Wimbledon 2000 et sa victoire sur Pat Rafter (6-7, 7-6, 6-4, 6-2)... Depuis ce mois de juin, Pistol Pete s'était enrayé. Il y avait bien eu quelques finales pour l'aider, le temps du match, à rêver à nouveau de coupes et de gros chèques, mais Andy Roddick (Houston 2002), Andre Agassi (Indian Wells 2001, Los Angeles 2001), Tommy Haas (Long Island 2001), Lleyton Hewitt (US Open 2001) ou encore Marat Safin (US Open 2000) n'avaient pas voulu partager leur part de notoriété.
WANTED
Qu'était devenu le serial-serveur ? Plongé dans ses doutes, jambes lourdes, appétit en berne et séparé de son ami-entraîneur Paul Annacone qui ne parvenait plus à le secouer, Sampras n'était plus, ou presque, qu'un palmarès promené sur tous les courts de tennis du monde. Armé de ses 13 victoires en Grand Chelem, enfin persuadé qu'il ne servait à rien de courir après Roland-Garros et cette fichue terre battue qui lui allait si mal au teint, Sampras avait surtout baissé les bras.
Plus rien à gagner, plus de records à faire chuter. Gavé, le dernier attaquant du monde (depuis la retraite de Pat Rafter et l'apparition intermittente de Nicolas Escudé) se laissa vivre une grosse année.
UN NOUVEAU DEFI
Puis survint un nouveau défi : et s'il poussait encore un peu plus loin sa carrière ? S'il faisait LE come-back de l'histoire du tennis ? S'il se mettait en tête de remporter un autre US Open ? Il en avait déjà gagné 4 (1990, 1993, 1995, 1996), et y avait ajouté 2 Open d'Australie (1994, 1997) et 7 Wimbledon (1993, 1994, 1995, 1997, 1998, 1999, 2000).
Vaincu par Safin en 2000, puis par Hewitt en 2001 en finale à Flushing Meadow, le gendre idéal de l'Amérique se lança l'invraisemblable défi de revenir une troisième fois de suite en finale à New York City.
Sélectionnant soigneusement ses apparitions, afin de ménager ses forces et ses envies, Sampras se lança dans cette saison 2002. La déception fut son quotidien pendant les trois quarts de l'année. Défait au premier tour d'Adelaïde, vaincu en 16e à l'Australian Open, à Scottsdale, il faisait une rapide apparition en 1/2 finale d'Indian Wells, une pige à Miami (32e), avant d'échouer en finale à Houston face à Roddick.
Rome fut calamiteux, Hambourg également, Roland-Garros un échec, comme toujours (1 tour) et le gazon de Halle (deux tours) fut annonciateur de sa plus grosse désillusion de la saison : il ne passa qu'un tour à Wimbledon, son garden !
La préparation à l'US Open ne fut pas plus convaincante : un 16e de finale à Toronto, et deux tout petits 32 à Concinnati et Long Island ! Paul Annacone, l'entraîneur de toujours, était revenu auprès du génie au jeu atrophié, passant la majeure partie de son temps à réconforter son poulain que le pari était dans ses cordes. La méthode Coué a parfois du bon.
LE BAISER DE BRIDGETTE
Alors,dimanche soir, quand Pistol Pete a claqué son 33e ace, asséné son ultime volée de revers à Agassi, qu'il a gravi lentement les travées de Flushing Meadow pour s'en aller embrasser la belle Bridgette qui cachait mal ses yeux, qu'elle avait grands et brillants, son esprit dut s'animer des plus belles images de sa carrière, de ces victoires qu'il compte en plus grand ombre que n'importe qui, palmarès clignotant en néons rosés dans l'euphorie raisonnée que l'âge lui fait apprécier.
D'ailleurs il y avait, dans ce baiser à Bridgette, dans cette façon de humer l'atmosphère de Fushing Meadow avant et après le match, dans ces larmes furtives qui saluèrent les hommages aux victimes du 11 septembre, dans ces propos d'après-victoire emprunts de retenue et de pudeur, des accents pathétiques, délicieusement pathétiques. L'an passé il avait, juré-craché, annoncé qu'il tirerait sa révérence s'il gagnait encore une fois. Tout ceci avait le parfum des adieux. Les plus beaux. Ceux d'un champion inégalable.
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