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Kevin Anderson, l'autre comeback de l'année

Anderson, l'autre comeback de l'année

Le 08/09/2017 à 13:06Mis à jour Le 08/09/2017 à 14:38

US OPEN 2017 – Kevin Anderson avait presque autant côtoyé l'infirmerie que les courts la saison passée. Retombé loin au classement, le Sud-Africain a progressivement remonté la pente. Le voilà maintenant pour la première fois en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem. Une sacrée résurrection, digne de celles de Federer et Nadal.

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Décidément, cette saison 2017 aura vraiment été celle des retours que l'on n'attendait pas. Ou plus. Rafael Nadal et Roger Federer, qui avaient fini à l'infirmerie la précédente campagne, en sont évidemment les exemples les plus éclatants. A eux, ils peuvent encore "sweeper" le Grand Chelem 2017 si l'Espagnol va au bout à Flushing, et ils trôneront lundi pour la première fois depuis plus de six ans aux deux premières places du classement mondial. Mais si elle est moins clinquante, la résurrection de Kevin Anderson n'en reste pas moins remarquable elle aussi.

Il y a deux ans, le Sud-Africain avait connu ce qui, jusqu'alors, restait le moment le plus fort de sa carrière. Lui qui souffrait du "syndrome Gasquet", avec sept éliminations en sept huitièmes de finale en Grand Chelem, avait signé lors de l'US Open 2015 un véritable exploit en sortant Andy Murray en cinq manches pour décrocher son tout premier quart de finale majeur. Le séquoia de Johannesburg (203 centimètres sous la toise) avait dans la foulée atteint la 10e place mondiale. Une semaine, une seule, dans le Top 10, mais c'était une autre petite forme de consécration. Le pain noir n'a toutefois pas tardé à débarqué.

Kevin Anderson lors de l'US Open 2017

Kevin Anderson lors de l'US Open 2017Getty Images

Remis en selle cet été

Pour Kevin Anderson, 2016 aura été la saison de toutes les galères et de toutes les blessures. Le genou gauche en Australie, l'épaule droite à Delray Beach et la cheville un peu plus tard, ce qui justifiera même un petit passage sur le billard. Résultat, une année tronquée, achevée avec un bilan cinglant (17 victoires, 21 défaites) et une inexorable dégringolade au classement. Début 2017, juste avant l'Open d'Australie, Anderson pointe à la 80e place à l'ATP. Comme Nadal et Federer, il vient de toucher son point bas. Il reprend la compétition un mois plus tard à Memphis. Il lui faudra attendre le printemps pour commencer à retrouver des sensations. "La confiance, dit-il, c'est quelque chose que l'on met des années à acquérir, et qui peut s'en aller en très peu de temps..."

Mais c'est vraiment depuis cet été que le grand Kevin a retrouvé son meilleur niveau. A Wimbledon, sa défaite en cinq sets contre Sam Querrey en huitièmes l'avait frustré. Il avait peut-être, déjà, raté un gros coup. Sa finale à Washington et son quart à Montréal ont fini de le remettre en selle et ce n'est finalement pas une surprise que de le voir jouer aussi bien à Flushing cette année. Dans ce bas de tableau dévasté, il n'a pas été le dernier à profiter du découpage de têtes (il devait affronter Alexander Zverev au troisième tour), mais sa victoire autoritaire contre un Sam Querrey estampillé nouvel homme à battre dans la partie inférieure du tableau a légitimé son parcours.

A 31 ans, le voilà donc pour la première fois de sa carrière aux portes d'une finale de Grand Chelem. Avec une opportunité gigantesque car, même si Pablo Carreno Busta doit se dire exactement la même chose, jouer une première demie majuscule face à un autre novice à ce niveau, c'est presque inespéré. "J'ai tellement travaillé, a rappelé Big Ando après sa victoire contre Querrey. Dans ma carrière, j'ai toujours essayé d'aller chercher la marche d'après, d'atteindre ce que je n'avais jamais atteint. C'est une vraie satisfaction d'être en demi-finale de Grand Chelem, après mon quart en 2015, c'était l'étape suivante."

Même les Springboks le soutiennent

Mais pas une fin en soi. La satisfaction, oui, l'aboutissement, non. Anderson perçoit bien que c'est peut-être la chance de sa vie, et c'est encore plus vrai que pour son adversaire de vendredi, de cinq ans son cadet. "C'est un sentiment fantastique, j'en profite, mais en même temps, je suis encore dans ce tournoi et je pense que j'ai mieux et plus à accomplir encore", explique-t-il.

Reste que depuis son accession aux demi-finales, il a un peu de mal à ne pas être ramené à ce qu'il a déjà réussi dans cette quinzaine. Les messages affluent de partout. "Je n'ai jamais ressenti ça avant, mais là, je perçois que j'ai tout le pays derrière moi", dit Kevin Anderson, soutenu par de grandes figures du sport sud-africain. "J'ai vu des messages de soutien d'Ernie Els et Louis Oosthuizen, deux grands golfeurs que j'avais rencontrés en Floride (DNLR : où il réside)", sourit le demi-finaliste. Consécration ultime, le compte Twitter officiel des Springboks y est allé aussi de ses encouragements officiels.

Kevin Anderson est maintenant à un pas d'une finale de Grand Chelem. Du jamais vu pour le tennis sud-africain depuis un autre Kevin, Curren, en 1985 à Wimbledon. Vertigineuse perspective. Et sensationnel rebondissement d'une carrière qui a décollé de façon très progressive et pourrait paradoxalement culminer en cette fin de semaine, alors qu'elle était à l'arrêt il y a encore huit mois.

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