Jusqu'au bout, elle a assumé. Elle faisait partie des grandes favorites de cet US Open et Naomi Osaka a tenu son rang en s’offrant samedi son 3e titre du Grand Chelem, le 2e à Flushing Meadows, deux ans après son éclosion sur la même scène. La Japonaise a fait preuve d’une grande force mentale pour inverser une tendance bien mal engagée et s’imposer en trois sets (1-6, 6-3, 6-3) et 1h53 de jeu face à une pourtant excellente Victoria Azarenka lors de cette finale. Ce titre lui permettra de remonter sur la 3e place du podium au classement mondial, tandis que la Biélorusse, elle, fera un retour fulgurant dans le top 20 (14e) lundi.

Allongée sur le dos sur le court Arthur-Ashe, elle a pris son temps pour savourer. Et peut-être aussi pour relâcher la pression. Car depuis près de trois semaines, Naomi Osaka était sous le feu des projecteurs. Non seulement grâce à ses performances raquette en main, mais aussi par son engagement contre le racisme aux Etats-Unis. Au soir de son 1er tour, elle avait ainsi affiché son objectif de dévoiler 7 masques différents, en ces temps de coronavirus, avec les noms de victimes afro-américaines des violences policières. Elle est donc allée au bout de sa mission.

Roland-Garros
Azarenka n'y était pas
30/09/2020 À 11:51

Menée 6-1, 2-0, Osaka a trouvé de sacrées ressources : Le résumé de la finale

Submergée d'entrée, Osaka s'est rebellée

Et pourtant, cette finale a bien failli lui échapper et tourner très court. Menée 6-1, 2-0, la Japonaise n'y était pas. Totalement dominée en fond de court par une Victoria Azarenka sur la lancée de sa quinzaine et de sa victoire renversante sur Serena Williams. La Biélorusse a exceptionnellement bien servi d'entrée : avec 94 % de premières, elle n'a eu qu'une seconde balle à jouer dans le 1er set. Imposant sa cadence, changeant fréquemment de direction, elle a fait voyager Osaka d'un bout à l'autre du court et a longtemps été en total contrôle.

Mais comme elle l'avait déjà montré face à Petra Kvitova en finale de l'Open d'Australie 2019, Osaka a parfois une capacité bluffante à faire le vide mentalement pour se relancer totalement. Peu à peu, elle s'est détendue et a retrouvé toute ce qui fait sa force : son exceptionnel punch, mais aussi et surtout, sa capacité à coller à la balle et à la prendre le plus tôt possible. Son explosivité a alors commencé à faire la différence. Revenue à hauteur, elle a profité de quelques cadeaux d'Azarenka à 3-3 dans ce deuxième acte (une double faute et deux fautes en revers) pour se détacher et revenir à hauteur (1-6, 6-3).

Le beau baroud d'honneur d'Azarenka

Plus puissante, Osaka a poursuivi sur sa lancée en début de troisième set. Sa longueur de balle a étouffé son adversaire, lui permettant de rapidement se détacher. A 4-1, elle a même obtenu des balles de double break, synonyme de K.-O. Mais Azarenka n'est pas une championne pour rien. Elle les a sauvées, et dans un baroud d'honneur, a semblé trouver un second souffle, débreakant grâce à quelques demi-volées de coup droit sublimes dans le replacement adverse. Son usage (peut-être trop rare) du slice en revers, pour casser le rythme infernal à l'échange, a aussi quelque peu perturbé Osaka.

Mais ce n'était qu'une péripétie dans une fin de match qui a confirmé l'emprise physique et tennistique de la Japonaise, toujours parfaite en finale de Grand Chelem. En trois essais, elle a décroché trois fois la timbale. Mieux, quand elle atteint les quarts de finale, Osaka va systématiquement au bout, comme elle l'a encore confirmé. Ironie du sort, Azarenka, elle, a perdu sa 3e finale en 3 tentatives à New York. Peut-être a-t-elle vu sa dernière occasion de gagner l'US Open lui filer sous le nez. Mais face à une telle adversaire, difficile d'avoir des regrets. Les seuls que l'on peut formuler concernent le huis clos : une telle finale aurait mérité une ambiance électrique comme sait en offrir Flushing.

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