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Nouvelle donne à Wimbledon
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Publié 09/07/2002 à 09:45 GMT+2
Si la finale de Wimbledon ne nous a offert aucun suspense, l'édition 2002 du plus prestigieux tournoi sur gazon a confirmé les bouleversements de la hiérarchie apparus dès l'année dernière. Dans le sillage de Lleyton Hewitt, c'est une nouvelle génération qui se met en place.
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Si la finale de Wimbledon ne nous a offert aucun suspense, l'édition 2002 du plus prestigieux tournoi sur gazon a confirmé les bouleversements de la hiérarchie apparus dès l'année dernière. Dans le sillage de Lleyton Hewitt, c'est une nouvelle génération qui se met en place.
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HEWITT L'AUSTRALIEN
On ne gagne pas trois fois consécutivement (2000, 2001, 2002) le Queen's par hasard. Il fallait bien que la consécration arrive un jour ou l'autre. Les statistiques de Lleyton Hewitt sur herbe sont impressionnantes. Après une demi-finale perdue contre Sampras en 1999, et une élimination face à Boris Becker à Wimbledon la même année, le jeune "roquet" aussie a mûri. Vainqueur en 2001 à s'Hertogenbosh et au Queen's, il tombe à Wimbledon sur un exceptionnel Escudé qui le prive de 1/8e. Cette année, forfait aux Pays-Bas contre Clément, il évite le "Scud" éliminé et blessé, et bat le seul adversaire désigné Tim Henman.
Dans la lignée de ses légendaires prédécesseurs, Lleyton Hewitt poursuit la grande tradition australienne sur gazon, celle qui date des années 50 au début des années 70. De 1952, date de la victoire de F.A. Sedgman à 1971 date dela victoire de J.D. Newcombe, les Australiens ont raflé 14 titres et dix finalistes différents. Roy Emerson, K.R. Rosewall, R.G. Laver, N.A. Fraser et J.D. Newcombe sont les noms que tout amateur de tennis australien a dans son panthéon. Mais à la différence de ces derniers, Hewitt a forgé son succès sur la ligne de fond de court se rapprochant plus des parangons modernes Borg, Connors et Agassi.
LES HERBIVORES
Lleyton Hewitt l'a dit : "Tim Henman aura plus de chances à l'avenir de remporter Wimbledon car il ya aura de moins en moins d'attaquant service-volée et que les autres joueurs seront moins habitués à défendre contre ce type de tennis." On savait que la cause de cette espèce en voie de disparition est désespérée sur terre battue mais on ne s'attendait pas à ce Wimbledon s'aligne sur les quotas de volleyeurs des autres tournois. En 1/8es de finale, sur les 16 participants, seuls cinq véritables adeptes du service-volée restaient en lice ( Arthurs, Krajicek, Philippoussis, Henman, Schalken, pas vraiment des jeunes). Boris Becker pense que c'est la faute au gazon, d'autres que ce n'est tout simplement plus la mode. Aller au filet, c'est prendre des risques. Et prendre des risques, c'est ringard car aujourd'hui, il faut être efficace. Un point, c'est un point, il faut gagner, un point c'est tout.
Ceci dit, le vainqueur de Wimbledon est assez polyvalent pour ne pas s'enfoncer dans son fauteuil de fond de court. L'Australien connaît les secrets de la volée mais reste prudent derrière ses fabuleux passings. Une tactique qui a par le passé réussit à merveille à un suédois chevelu qui répondait timidement au nom mythique de Björn Borg. Il faudrait y revenir mais la gloire sans pareille de ce manieur hors pair de la raquette en bois aurait-il eu l'aura qui le nimbe encore si John McEnroe n'avait pas été là ? Ce qu'il faudrait à Hewitt aujourd'hui, ce n'est pas un Nalbandian déboussolé, mais un nouveau feu follet pour nous offrir des finales d'anthologies. Un jeune joueur talentueux et spectaculaire du genre Mario Antic ou mieux encore si l'on regarde la question sous un angle tout hexagonal, Nicolas Escudé, le seul à avoir battu - deux fois - Lleyton Hewitt sur herbe cette année.
HIERARCHIE
Deux constats font que ce Wimbledon annonce une nouvelle ère. Dans la continuité des surprises des finales de l'Open d'Australie et de Roland Garros, il y eut encore une finaliste inédite. Après Johansson-Safin, Costa-Ferrero, voici Nalbandian contre Hewitt. La victoire d'Hewitt a inversé la terndance qui voulait que l'outsider l'emporte mais plus profondément, on a sentoi dans les défaites de Pete Sampras et Andre Agassi, qu'un relais entre générations était en train de s'opérer. Les jeunes loups dont on hulule les qualités depuis deux ou trois ans n'ont pas encore figé une hiérarchie claire mais on notera que dans les 20 premiers à l'ATP , plus de la moitié appartiennent à la génération Hewitt et Grosjean. Si Safin, Roddick, Ferrero ou Federer tardent à s'affirmer, cela risque de se resserrer sérieusement au classement avec des gaillards tels Malisse ou Lapentti, sans parler de Clément qui vont prendre confiance.
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