La Sibérienne

Demi-finaliste de Wimbledon a 17 ans, Sharapova a refroidi les ardeurs des favorites. Cette joueuse qui venait du froid fait sensation. Née en Sibérie, formée en Floride, elle fait souffler un vent nouveau sur le tennis féminin tout en pratiquant un tenni

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Crédit: Eurosport

INCOMPARABLE
On avait pas vu une joueuse aussi déterminée depuis Steffi Graf, un talent aussi précoce depuis Seles ni un caractère aussi bien trempé depuis l'avènement de... Serena Williams, sa prochaine adversaire en finale de Wimbledon. Expressive sur le court, avec de faux-airs de ballerine et de vrais airs de bûcheron au moment de la frappe, il faut tout de suite éviter de la comparer avec Anna Kournikova. Rien à voir. "On est toutes les deux blondes et Russes, ça s'arrête là !", affirme-t-elle en rappelant que, pour sa part, elle a déjà gagné trois tournois.
Contrairement à la poupée russe milliardaire, Maria vit pour jouer au tennis :"Bien sûr que j'aime être belle sur le court. Mais je suis ici pour jouer au tennis, pas pour avoir l'air sexy. "
BIOGRAPHIE
Née en Sibérie à l'ombre des raffineries de pétrole de Naygan, elle suivit ses parents fuyant à Sotchi par crainte des retombées du nuage de Tchernobyl. Elle était alors âgé de deux ans. Deux ans plus tard, elle tenait en main sa première raquette. Puis, rassemblant ses quelque 1000 euros d'économie, son père Youri l'emmena en Floride dans le camp d'entraînement de Nick Bollettieri.
"J'avais neuf ans et nous avons logé dans un petit hôtel à notre arrivée avant de prendre le car pour aller chez Bollettieri. Parce qu'elle n'avait pas de visa, ma mère n'a pas pu nous suivre et mon père a dû repartir. Pendant deux ans je suis restée toute seule. C'était d'autant plus difficile que je partageais un dortoir avec des grandes filles qui me persécutaient", raconte-t-elle.
Déjà pas mal endurcie chez l'ancien "marine" qui fait profession de forger des champions, la petite Maria a depuis fait son chemin. Sans se préoccuper autrement de sa ligne, c'est elle qui, notamment, a décidé l'hiver dernier de faire de la musculation pour rendre ses coups plus efficaces.
LE DEFI PERMANENT
"Quand j'étais petite, je défiais tout le monde. Je voulais jouer contre des filles ou des garçons, plus ou moins âgés que moi, peu importait. Et surtout je voulais donner tout ce que j'avais et gagner", se souvient Maria. Le vieil entraîneur Robert Lansdorf, qui suit aujourd'hui sa carrière en compagnie de son père, soutient qu'il n'a jamais rien vu de pareil et qu'elle deviendra une superstar. Parmi les champions qu'il a modelés figurent Tracy Austin et un certain Pete Sampras.
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