Tennis - Wimbledon : Novak Djokovic, l'homme des remontées tranquilles

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WIMBLEDON - Pour la 7e fois de sa carrière, la troisième en à peine un an après les deux réussies lors de son sacre à Roland-Garros en 2021, Novak Djokovic a mené à bien une remontée de deux sets à rien, ce mardi, face à Jannik Sinner en quarts de finale. Le "pire" (pour les autres), c'est qu'à chaque fois, on le sent venir dès le début du 3e set…

"Kyrgios, un talent pur mais une attitude détestable"

Video credit: Eurosport

A force, on finirait presque par croire qu'il le fait exprès pour jouer avec ses adversaires – spécialement les plus jeunes -, à l'image d'un gros félin aimant laisser un peu d'espoir à ses proies les plus naïves. Comme il l'avait fait l'an dernier à Roland-Garros face à Lorenzo Musetti en huitièmes (6-7, 6-7, 6-1, 6-0, 4-0 ab.), puis face à Stefanos Tsitsipas en finale (6-7, 2-6, 6-3, 6-2, 6-4), Novak Djokovic a remonté victorieusement deux sets de retard. Cette fois, face à Jannik Sinner, ce mardi en quart de finale de Wimbledon (5-7, 2-6, 6-3, 6-2, 6-2). Avec un scénario à chaque fois ultra-similaire : deux premiers sets inquiétants, et trois suivants à sens unique.
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Implacable, puis ébranlé, Djokovic a fini par enterrer les espoirs de "remontada" de Tsitsipas

Video credit: WSC

Mais surtout, avec à chaque fois cette même impression : que ce scénario de la "remontada" a quelque chose d'implacable, limite évident. Avouez que vous vous êtes tous plus ou moins dit la même chose dès les premiers échanges du 3e set : "Novak Djokovic va revenir…" Et il est revenu. Si l'on ose dire, ça se sentait dès les vestiaires, cette pause fraîcheur que le Serbe, comme à chaque fois désormais quand il est dos au mur, s'est accordée à la fin du 2e set.
Mais qu'a-t-il donc pu bien faire pendant ces quelques secondes de solitude dans l'intimité d'une pièce du All England Club, pour en ressortir ainsi gonflé à bloc et totalement transformé ? "Eh bien, sachez que j'ai eu une petite discussion avec moi-même devant le miroir", a révélé en souriant – mais sans plaisanter - le n°1 mondial. Quelques fois, dans ce genre de match, il faut en passer par là : un petit break, le temps de récupérer, regrouper ses pensées et reconstruire le puzzle".
En l'occurrence, il a tout reconstruit en quelques minutes. Et cela s'est vu dès son retour sur le Centre Court. A son body-langage, à son attitude générale. La posture classique d'un joueur mené deux sets à rien est celle d'un joueur qui regarde ses chaussures, fronce les sourcils ou se plaint aux quatre vents. Novak Djokovic, lui, est revenu les pectoraux gonflés, l'air serein et le regard à l'affût. On avait l'impression que le match débutait. En fait, plus exactement, qu'un autre match débutait. Et celui-ci, on comprit assez vite que le sextuple vainqueur de Wimbledon allait rapidement le dominer.
"J'ai eu la chance de bien débuter le 3e set et ça m'a donné un coup de boost, expliquait encore le joueur lors d'une intéressante interview d'après match. Dans le même temps, j'ai vu que le doute commençait à s'instaurer dans son jeu, dans son rythme." De fait, Djokovic a appliqué face à Sinner la même "technique" que face à Musetti et Tsitsipas l'an dernier à Roland-Garros : la technique de la mise sous pression dès le début du 3e set, récompensée par un break rapide (dès le deuxième jeu de service de Sinner ce mardi).
C'est d'ailleurs ce qui caractérise ces "remontada" à la sauce Djokovic par rapport aux scénarios habituels de ces remontées de l'enfer, souvent marquées par un point de bascule en fin de 3e set avant la mise en œuvre progressive des vases communicants. Là, point de vase communicant. On a deux matches en un, à chaque fois. Et c'est ce qui rend la chose assez fascinante.
Au total, c'est donc la 7e fois de sa carrière que Novak Djokovic réussit un come-back après avoir été mené deux sets à rien. La liste, que voici, montre d'ailleurs que ses premiers faits d'armes en la matière mettaient en scène un scénario plus "classique", celle d'un joueur passé tout près de la défaite à un moment ou à un autre :
Pas mal, pour un joueur dont les qualités physiques et mêmes mentales n'étaient pas forcément celles qui étaient les plus mises en avant au début de sa carrière. Ceci dit, Novak Djokovic n'est pas encore au niveau des meilleurs "remontadeurs" que sont, dans l'histoire moderne du tennis, des joueurs comme Aaron Krickstein, Boris Becker ainsi que ses rivaux du Big Four, Roger Federer et Andy Murray (10 chacun).
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"Djokovic joue toute sa saison sur ce Wimbledon, un poids non négligeable pour lui"

Video credit: Eurosport

Pour autant, aucun n'en a fait sa signature comme Novak Djokovic semble en train de le faire, par sa capacité unique de passer en un instant du joueur en perdition au rouleau compresseur en mission. "Depuis 20 ans que je joue au tennis au plus haut niveau, je sais que dans ce genre de situation, le combat intérieur est le plus difficile à gagner. Le moment charnière, ça a peut-être été en effet la pause toilettes. Mais quoi qu'il en soit, j'ai toujours cru que j'arriverai à renverser ce match en ma faveur." Ça a l'air tellement facile, dit comme ça…
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