Caroline Garcia revit. Alors qu'elle n'avait plus franchi le 2e tour d'un tournoi du Grand Chelem depuis l'édition 2020 de Roland-Garros (soit six Majeurs consécutifs), revoilà la Française en position de se qualifier pour une seconde semaine au All England Club. Au-delà de ce résultat brut, la manière et le tennis produits ont de quoi enthousiasmer, rappelant même par séquences sa meilleure période, lors de l'automne 2017, quand elle avait gagné successivement les tournois de Wuhan et Pékin et était dans le Top 10.
Ce n'est d'ailleurs pas Emma Raducanu qui dira le contraire. Certes, la Britannique était loin, mercredi au 2e tour de ce Wimbledon, du niveau qui lui avait permis de conquérir l'US Open l'été dernier. Mais elle était soutenue par tout un peuple et ne manquait ni de rage de vaincre ni d'intensité. D'ailleurs, à chaque fois que Caroline Garcia baissait légèrement la garde, la 11e joueuse mondiale revenait au score. La Française était juste globalement trop agressive, trop puissante et trop rapide pour elle. Les chiffres le montrent parfaitement : 25 coups gagnants à 12 et 16 montées au filet victorieuses sur 20 (80 % de réussite).
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"On peut tout espérer" : Caroline Garcia retrouve (enfin) de sa superbe
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Une plénitude physique enfin retrouvée

Après avoir longtemps traîné sa peine sur le circuit, Garcia est transformée. Que s'est-il donc passé ? "Physiquement, ça va mieux donc je peux aller plus vite au filet. Avant, je n'avançais plus trop, donc quand je me retrouvais avec une balle dans les pieds, la volée n'était pas facile ! Là, j'enchaîne bien pour aller claquer des volées au-dessus du filet. Ça n'a pas été facile depuis un an et demi, le physique ne suivait plus trop. En novembre-décembre, on a vraiment pris le temps de faire les choses bien, de bien s'entourer, de mettre l'accent sur le physique. Ça me permet vraiment d'imposer mon jeu dès que je suis plus dynamique", a-t-elle confié en conférence de presse.

Caroline Garcia face à Emma Raducanu, mercredi 29 juin 2022. / Wimbledon

Crédit: Getty Images

Garcia peut surtout désormais pleinement solliciter ce pied gauche qui lui causait tant de soucis (aponévrose plantaire). Si elle l'a éloignée deux mois des courts après le tournoi de Miami, l'intervention chirurgicale qu'elle a subie a porté ses fruits. Éliminée au 2e tour de Roland-Garros en simple pour son retour, elle a commencé à vraiment reprendre confiance en triomphant en double avec Kristina Mladenovic. Puis, le déclic a eu lieu sur le gazon allemand de Bad Homburg la semaine dernière où elle a conquis son 8e titre en carrière, trois ans après le précédent, déjà sur herbe, à Nottingham.

Un complexe évacué et le gazon magnifie (enfin) son tennis agressif

La voir se relancer sur cette surface n'avait pourtant rien d'évident. Avant cette édition 2022, elle n'avait plus gagné un match à Wimbledon depuis 2017, seule année où elle avait d'ailleurs poussé l'aventure jusqu'en 8e de finale. Garcia restait donc sur trois éliminations d'entrée au All England Club, pas franchement de quoi la rassurer. Mais à y regarder de plus près, il n'y avait aucune raison tennistique pour que le gazon la paralyse, vu son style de jeu.
La principale intéressée est la première à en convenir. "J'ai toujours été une joueuse agressive, j'ai toujours été vers l'avant. Après, c'est vrai que sur gazon, de temps en temps, plutôt que de laisser 'mourir' la balle et te retrouver avec un rebond un peu moisi, qui n'avance plus, tu essaies de prendre vers l'avant. Je volleye plutôt bien. J'ai pris confiance ces derniers temps dans mon jeu au filet."
Après ces deux premiers tours franchis, Garcia compte désormais 7 victoires consécutives. Avec cette confiance retrouvée, elle semble être la Bleue la mieux armée des quatre présentes au 3e tour (avec Alizé Cornet, Diane Parry et Harmony Tan) - une première à Wimbledon depuis 2004 pour le tennis féminin tricolore - pour aller plus loin. Il ne serait ainsi pas incongru de l'imaginer en quart de finale pour la deuxième fois de sa carrière en Grand Chelem face à Ons Jabeur. Mais expérimentée, Garcia refuse de se projeter.

Méfiance, Zhang lui a déjà fait des misères

"Je restais sur un titre en Allemagne et j'ai gagné 7-6 au 3e au premier tour contre une invitée britannique. Peu importe que vous ayez gagné ou perdu 10 matches de suite, il faut tout recommencer à chaque tournoi et rester très humble. C'est la beauté du tennis", avait-elle prévenu dès son interview d'après-match contre Raducanu.
Une ligne de conduite réaffirmée au micro de la Fédération française de tennis (FFT) : "Évidemment, les choses vont vite. Le charme du Grand Chelem, c'est aussi qu'on a un jour pour récupérer et préparer le prochain match. Ça ne sert à rien de se mettre trop vite dedans. Chaque victoire permet de gravir un échelon important pour la confiance à moyen et long terme. Cette victoire me permet de voir que c'est dans ce chemin que je dois persister."
Pas question de s'enflammer, donc. D'autant que si le nom de son adversaire au 3e tour fait moins rêver que celui de Raducanu, le danger n'est pas moins grand. La Chinoise Shuaï Zhang, 33e mondiale (mieux classée que Garcia, 55e), mène 2-1 dans ses confrontations avec la Française. Elle a même remporté les deux derniers duels : l'un il y a quelques mois en demi-finale du tournoi de Garcia à Lyon (6-2, 7-5) et l'autre à… Wimbledon au 1er tour en 2019, sur le score sec de 6-4, 6-0.
La Lyonnaise est donc plus que prévenue. Pour sa première sur le Centre Court face à Raducanu, elle avait su se mettre dans sa bulle pour profiter de l'occasion unique et marcher sur son adversaire. Dans un écrin plus anonyme, saura-t-elle rééditer sa performance ? C'est tout son défi. Mais la confiance a cela de prodigieux en tennis qu'elle permet de franchir bien des obstacles. A Garcia de surfer dessus en gardant sa ligne de conduite et sans se poser trop de questions.
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