Wimbledon 2024 | Novak Djokovic, autoroute pour une finale ?
Par Laurent Vergne
Publié 10/07/2024 à 00:36 GMT+2
La question a d'abord été Novak Djokovic sera-t-il là après son opération du genou ? Puis l'interrogation s'est fixée sur son rythme et son niveau de jeu. Sa première semaine a parfois été complexe. Mais en laminant Holger Rune lundi, le Serbe a brusquement monté le volume. Et sa partie de tableau paraît plus dégagé que l'autre. Alors, sa première finale en 2024 est-elle pour dimanche ?
Djokovic celebra su victoria ante Popyrin.
Crédit: Getty Images
C'était l'enjeu majeur du tirage au sort. Dans quelle partie de tableau allait atterrir Carlos Alcaraz ? En haut avec Jannik Sinner, ou en bas avec Novak Djokovic. C'est finalement l'Italien qui, comme à Roland-Garros, avait hérité du tenant du titre. C'est tout sauf anodin. En perdant de façon précoce au Queen's, Alcaraz a reculé d'une place au classement ATP et permis à Djokovic de se caler en position de tête de série numéro 2, loin des deux jeunes loups qui ont remporté les deux premiers tournois du Grand Chelem en 2024.
Aujourd'hui, le Djoker pourrait bien en recueillir les fruits. L'autre tête majuscule de sa moitié de tableau, Alexander Zverev, est tombée lundi. Hubert Hurkacz, qu'il aurait dû en théorie retrouver sur sa route en quarts de finale, a chuté, à tous les sens du terme, dès le deuxième tour contre Arthur Fils. Pendant que Alcaraz, Sinner et Daniil Medvedev, soit trois des quatre demi-finalistes de l'édition précédente, étaient réunis dans le même tableau, Djokovic apparaît, au moins sur le papier, dans une situation a priori plus confortable.
Alex de Minaur. Taylor Fritz. Lorenzo Musetti. Voilà les trois derniers joueurs qui peuvent encore empêcher le Serbe de disputer une sixième finale consécutive à Wimbledon (1). Trois joueurs respectables, jeunes (Fritz a 26 ans, De Minaur 25) ou très jeune (Musetti, 22 ans), mais qui, à ce jour, n'ont encore jamais dépassé le stade des quarts de finale en Grand Chelem. A eux trois, ils comptent cinq quarts majeurs. Pour Musetti, c'est même une première.
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Djokovic mourra avec sa folie
Video credit: Eurosport
Montée en puissance
En quart, Djokovic affrontera mercredi Alex de Minaur, qu'il avait charcuté au même stade de la compétition il y a un an et demi à Melbourne. Puis, s'il passe, ce sera donc Fritz ou Musetti en demie, où l'un des deux mettra les pieds pour la première fois de sa vie. Djoko, lui, est comme chez lui dans le grand huit final de Wimbledon. C'est la 60e (!) fois qu'il atteint ce stade d'un tournoi du Grand Chelem. Le vécu ne fait pas tout, mais il est raisonnable de dire que le sien est un peu supérieur à celui des trois autres pensionnaires du bas de tableau. Rappelons que le haut, lui, comptait trois vainqueurs en Grand Chelem (Alcaraz, Sinner, Medvedev) et que même le quatrième larron, Tommy Paul, pouvait se targuer d'avoir déjà figuré dans un dernier carré majuscule.
Il n'y a donc en apparence pas photo entre les deux parties du tournoi masculin. D'autant que Djokovic arrive dans la fameuse seconde semaine, celle où il cesse souvent d'être vulnérable. Lui qui vient de vivre un premier semestre inhabituellement aride en termes de résultats, et qui relève en prime tout juste d'une opération au genou droit moins d'un mois avant Wimbledon, avait besoin de temps. On l'a vu friable et bousculé au deuxième puis au troisième tour, contre Jacob Fearnley, la wild-card anglaise, et Alexey Popyrin. Mais contre Holger Rune, lundi, il est monté en puissance. Comme souvent quand les choses sérieuses arrivent.
Si son coup de gueule plein d'ironie sur le Centre Court a fait davantage parler que son match lui-même, le septuple vainqueur du tournoi a de loin rendu sa copie la plus convaincante depuis le début de la quinzaine (victoire 6-3, 6-4, 6-2). "Holger peut sans aucun doute jouer beaucoup mieux mais, de le battre en trois sets c'est un vrai défi et, de mon côté, je suis vraiment très content, c'était un gros match de ma part et je me sens vraiment bien par rapport à mon niveau de jeu", a-t-il expliqué après sa victoire.
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Novak Djokovic après sa victoire contre Holger Rune à Wimbledon
Crédit: Getty Images
Le genou va bien
L'autre voile nuageux, bien sombre, qui naviguait au-dessus de sa tête semble s'éloigner, lui aussi. Souvenez-vous qu'il y a seulement deux semaines, sa participation n'était pas garantie. Mais son genou le tracasse de moins en moins. "Ça va bien, assure-t-il. Le genou, je touche du bois, répond parfaitement bien. Je suis content. Dans les premiers tours, j'étais sans doute plus précautionneux sur certains mouvements, certaines glissades, mais lors des derniers matches, j'ai commencé à le faire. Aujourd'hui (lundi), j'ai essayé d'appuyer un peu plus et je n'ai eu aucune douleur."
Alors, y a-t-il encore quelqu'un ou quelque chose qui puisse l'empêcher d'avancer jusqu'à la finale, dimanche ? A ce stade, cela relèverait désormais de la surprise. Parce que Djokovic a retrouvé du rythme, de la confiance, et que physiquement, il semble tranquillisé. Mais il est trop malin pour ne pas rester sur ses gardes. Y compris face à De Minaur, qu'il estime très différent du joueur qu'il avait laminé à Melbourne en 2023.
"Aujourd'hui, c'est un membre du Top 10-15 bien établi, juge-t-il. Il a de plus en plus d'expérience des grands matches dans les grands tournois. Je suis sûr qu'il va arriver pour tout donner et surtout avec la conviction qu'il peut gagner. Il m'a déjà battu cette année en Australie (lors de la United Cup, NDLR) dont il n'y a pas de raison qu'il pense qu'il peut gagner ce match."
On en voit une, quand même. Ici, c'est Wimbledon. C'est le Grand Chelem. Non que la chose soit nécessairement impossible, mais pour De Minaur, la tâche sera tout de même beaucoup plus complexe. "Le Grand Chelem, c'est autre chose, sourit Djokovic. J'ai bon espoir. J'aime la façon dont je joue. J'attends la suite avec impatience." Plus ça va, plus le tournoi de Djokovic prend un air de déjà-vu.
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