Wimbledon - "C'est pour ça que je continue" : Lucas Pouille, un goût de renouveau
Par Glenn Ceillier
Publié 06/07/2024 à 00:34 GMT+2
Lucas Pouille va défier Alex de Minaur ce samedi au troisième tour de Wimbledon. Et si le Nordiste va avoir un sacré défi à relever face à l'Australien et alors que son corps siffle, le Nordiste de 30 ans, sorti des qualifications, peut déjà se réjouir de son parcours sur les gazons londoniens, où il a revu la lumière.
Lucas Pouille à Wimbledon en 2023
Crédit: Getty Images
Il faudra encore attendre pour savoir s’il est arrivé au bout du tunnel. Mais c'est un souffle qui est appréciable à ressentir. Il apporte une douceur agréable. Et redonne le sourire. C'est celui du renouveau. Et Lucas Pouille sait bien de quoi on parle. Depuis quelques mois maintenant, le Nordiste retrouve des sensations. Et cette semaine, il remonte même le temps. Le voilà au troisième tour de Wimbledon et d'un Grand Chelem par la même occasion pour la première fois depuis 2019, soit cinq longues années ! Une vraie renaissance. "Je suis très heureux", confiait-il simplement sur le site de la FFT.
Alors bien sûr, son succès face à Thanasi Kokkinakis au tour précédent a été un peu "gâché" par l'abandon de l'Australien (2-6, 7-5, 5-2, ab.). "On n'a jamais envie de gagner de cette manière", a reconnu le Français. Mais il ne faut pas oublier qu'avant de voir Kokkinakis se blesser au genou sur une glissade, Lucas Pouille avait montré de belles choses malgré un début de match aussi frustrant que préoccupant. "Au premier set, c'était un peu compliqué. J'ai ressenti une grosse douleur aux abdos. Donc je n'osais pas servir. Je ne pensais qu'à ça. Je me disais : 'est ce que tu te retires ? Est-ce que ça va s'aggraver ? Ça va planter ton été'", a raconté le demi-finaliste de l'Open d'Australie 2019.
Mais après avoir fait appel au kiné, il s'est adapté pour prendre le dessus. "J'ai alors essayé de passer un maximum de premières balles, sans les claquer mais à 170 km/h sans forcer. (…) Et j'ai commencé à gagner mes jeux de service, à le mettre un peu plus sous pression dès qu'il ne passait pas sa première. Et j'ai su saisir les occasions. A partir de là, je trouve que j'ai été le meilleur dans le jeu", remarque-t-il. De quoi se dire qu'il n'a clairement pas volé sa qualification au troisième tour après son succès renversant pour son entrée en lice contre Laslo Djere (51e), 3-6, 7-6, 3-6, 6-3, 6-1.
Cet opus de Wimbledon ressemble ainsi à une vraie délivrance pour Lucas Pouille, qui a arraché son billet après un beau parcours en qualifications. Avant de fouler les gazons londoniens, celui qui pointe à une modeste 212e place mondiale actuellement n'avait plus signé la moindre victoire en Grand Chelem depuis Roland-Garros 2013, sa seule depuis l'US Open 2019. Son succès face à Laslo Djere était même le premier dans le tableau principal d'un tournoi ATP depuis Indian Wells en mars dernier.
Forcément, Lucas Pouille s'offre alors un petit shoot d'adrénaline avec cet enchaînement en mode retour vers le futur. "Ça reflète le niveau que j'ai depuis des mois, a-t-il savouré après son succès du premier tour. C'est pour ça que je continue à m'entraîner et à faire beaucoup d'effort, pour jouer ces tournois et aller le plus loin possible. Là ça fait déjà quatre matches, je suis ici depuis quinze jours, normalement le tournoi est fini. J'attaque la troisième semaine". Et il espère en vivre une quatrième. Mais pour cela et alors qu'il a un sacré défi à relever contre Alex de Minaur, il va devoir se surpasser et espérer que son corps ne le lâche pas.
C'est là où le bât blesse depuis quelques saisons maintenant. S'il dispose toujours des qualités qui lui ont permis de faire partie des dix meilleurs joueurs du monde, il a été limité par des soucis physiques qui l'ont empêché d'exprimer son talent, lui qui a besoin d'être au top pour faire parler sa puissance et son explosivité. Et alors qu'il a la cuisse gauche bandée depuis les qualifications et qu'il s'est blessé aux abdominaux au dernier match, l'épée de Damoclès n'est jamais très loin…
"Je vais tout faire pour donner une chance d'être sur le terrain samedi. Même si j'avoue que j'espère qu'il va pleuvoir le plus possible et que je ne joue même pas samedi. Ce serait génial", a-t-il confessé à deux jours son choc face à l'Australien de 25 ans (9e). "Il va falloir être prêt physiquement car ça va être un gros duel. C'est un joueur bien installé dans les 10 meilleurs mondiaux. Il fait partie de ces joueurs très durs à battre. A moi de créer l'exploit et d'aller en deuxième semaine, ce qui serait génial." Et le signe définitif d'un renouveau réjouissant.
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