Wimbledon - Novak Djokovic et les "moments clefs" de sa carrière : "C'est là que je suis devenu un joueur différent"
Par Glenn Ceillier
Publié 12/07/2024 à 00:08 GMT+2
Qualifié pour les demi-finales après le forfait d'Alex De Minaur, Novak Djokovic est revenu sur les moments clefs de sa carrière "qui ont servi de déclencheur positif". S'il évoque évidemment son premier sacre en Grand Chelem face à Jo-Wilfried Tsonga, Djoko rappelle aussi l'importance de sa traversée du désert après ce titre et de sa victoire avec la Serbie face à la France en Coupe Davis.
Novak Djokovic, Wimbledon 2024
Crédit: Getty Images
Quand il joue, on l'admire et on en profite. Et quand il parle, on l'écoute et on s'en délecte aussi. C'est le privilège d'avoir des légendes vivantes qui rythment encore les compétitions. A 37 ans et alors qu'il espère porter à 25 son propre record de titres du Grand Chelem à Wimbledon cette semaine, Novak Djokovic rentre évidemment dans cette catégorie. Et après son succès en huitièmes de finale, le Serbe, qui a profité du forfait d'Alex de Minaur pour passer dans le dernier carré, a offert une petite rétrospection de sa carrière avec un focus qui pourrait aider certains à passer un cap sur le circuit : les déclics et les moments qui ont fait de lui ce champion d'exception.
Il y en a eu évidemment plusieurs. On n'écrit pas l'histoire de son sport du jour au lendemain. Et c'est ce qui ressort de la longue réponse de Djoko quand un journaliste lui a demandé ce qui avait changé quand il a remporté son premier Grand Chelem. "Le premier titre du Grand Chelem est toujours le plus spécial. Ça a brisé la glace pour moi", a reconnu le Serbe, qui a débloqué son compteur à l'Open d'Australie 2008. Mais s'il a peut-être réalisé l'étendue de son potentiel en venant à bout de Jo-Wilfried Tsonga ce 27 janvier 2008, ce n'est pas ce premier sacre à Melbourne qui a tout bouleversé. C'est ce qui est arrivé ensuite. Avec un événement clef.
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Novak Djokovic à Wimbledon en 2024
Crédit: Getty Images
Après ce premier titre en Majeur, le natif de Belgrade a connu une "petite" disette. Certes, il a gagné le Masters cette année-là. Mais en Grand Chelem, il a vécu une traversée du désert. Pendant trois ans, il a à nouveau rongé son frein. Le temps de digérer. Le temps surtout de murir et de s'endurcir. "J'ai eu du mal pendant ces trois années à voir ce qu'il fallait faire pour gagner contre Nadal et Federer, qui dominaient notre sport, raconte celui qui est devenu l'un des meilleurs joueurs de tous les temps si ce n'est LE meilleur. Mais j'ai appris à mes dépens, grâce aux rivalités avec ces deux joueurs. J'ai alors amélioré mon jeu. Je me suis également amélioré mentalement, j'ai mûri et évolué en tant que personne, en tant que joueur. Finalement, je suis devenu plus fort au fil du temps."
Dans le dur alors qu'il accumulait les désillusions, il a pu compter sur un moment clef – "un déclencheur positif" comme il le décrit. Et c'est face à la France qu'il a vécu cela : lors de la finale de la Coupe Davis 2010. A Belgrade quelques semaines après son nouvel échec en finale de l'US Open contre Rafael Nadal, il a offert à la Serbie son premier Saladier d'Argent en dominant notamment Gilles Simon puis Gaël Monfils. "Ce titre en Coupe Davis devant notre public à Belgrade m'a donné un énorme élan. J'ai eu l'impression d'avoir des ailes après cela", raconte le Serbe.
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Novak Djokovic lors du succès de la Serbie en Coupe Davis
Crédit: Eurosport
En faisant le bonheur de son pays, Djoko a cassé les dernières barrières qu'il trouvait sur son chemin. Au point d'être presque intouchable pendant de longs mois. "Après ce succès en Coupe Davis, j'ai connu l'une des meilleures saisons de ma vie, si ce n'est la meilleure. J'ai gagné plus de 40 matches d'affilée, trois tournois du Grand Chelem sur quatre. C'est à partir de là que je suis devenu un joueur différent. C'est là que j'ai commencé à croire que je méritais d'être au sommet, que je pouvais être meilleur que Federer et Nadal".
Soulagé par son sacre avec la Serbie, Novak Djokovic s'est donc envolé vers l'histoire. Mais c'est bien dans l'adversité que le Serbe s'est construit avec ces trois années frustrantes à la suite de son titre à Melbourne. Loin de se croire arrivé et désireux surtout de regoûter à ce sacre en Grand Chelem, il a mis les bouchées doubles pour remettre ça et gommer ses manques, histoire de cocher les nombreux défis qui rythment le circuit ATP et l'ont tant motivé au cours de sa carrière.
"Le plus important est de gagner un tournoi du Grand Chelem. Ensuite, un défi encore plus grand est d'être numéro 1 mondial. Et après, le défi est de gagner plusieurs tournois du Grand Chelem. Et encore plus important, comment faire cela pendant des années et être le numéro un mondial pendant plusieurs années. La plupart des joueurs n'y parviennent pas. J'ai eu la chance de le faire et je suis très fier de tout ce que j'ai accompli, mais je sais à quel point il est difficile de se hisser au sommet", résume-t-il en fin connaisseur du sujet. Un message que certains membres du circuit feraient bien d'écouter pour poursuivre leur quête.
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